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Par André Parizeau
Chef du PCQ

Le fait que les affaires de l'Église catholique aient longtemps été liées aux activités de l'État québécois, permettant ainsi à celle-ci de dominer très largement nos institutions publiques, était une aberration.

Il y a quelques années, un des derniers vestiges de cette domination sautait avec la disparition des commissions scolaires confessionnelles et leur regroupement, en lieu et place, par des commissions non confessionnelles.  Sous la pression de l'Église catholique, le gouvernement péquiste de l'époque avait cependant accepté de maintenir dans les écoles du Québec les cours de religion catholique.  Il avait pour cela dû recourir à la clause non-obstant puisque ce maintien des cours de religion catholique entrait alors  en contradiction avec la Charte des droits et libertés.  Les libéraux avaient par la suite reconduit l'utilisation dans ce dossier de la clause non-obstant.

Sauf que l'utilisation de cette clause non-obstant arrive bientôt à échéance et ne pourra plus être réutilisée.  Cela fait partie des règles en vigueur.  La date butoir : 2008.  En conséquence, ces fameux cours de religion catholique devront à leur tour disparaître.  Il est à peu près temps.  La religion est en effet affaires de choix personnel et l'État ne devrait jamais s'immiscer dans cela.  Si l'Église catholique veut offrir de tels cours à ses adhérents, c'est son choix et ceux et celles qui voudraient envoyer leurs enfants suivre de tels cours donnés par l'Église catholique, devraient également pouvoir le faire.  Mais ce n'est pas à l'État ni au réseau public et laïc d'éducation à le faire !

Évidemment, et il fallait s'y attendre, l'Église catholique crie au scandale.  Le cardinal Ouellet de Québec, qui était récemment interviewé sur les ondes de la télévision de Radio-Canada, exige maintenant au nom de l'Église catholique que le gouvernement brise ses propres règles et maintienne ses fameux cours au sein de son programme d'éducation au de là de 2008, redonnant ainsi à l'Église catholique un privilège qui n'existe pas pour les autres religions.  Tout cela relance conséquemment tout le dossier des fameux accommodements "raisonnables".  En fait, cela risque d'ouvrir toute grande les portes à toutes sortes d'autres problèmes.

Mais l'État québécois n'a pas à plier sur cette question et il faut espérer que la population le dira haut et fort.

Et tant qu'à y être, le gouvernement devrait également éliminer une fois pour toutes tous les crucifix de l'Assemblée nationale...

Dans un autre dossier ... mais pas si différent

Dans un autre dossier, mais pas si différent au fond, on ne peut que se réjouir devant la décision de la compagnie Esso d'abandonner finalement son projet d'utiliser des bannières ... en anglais.  Le projet d'Esso contrevenait ouvertement avec le très large consensus existant déjà au Québec comme quoi la langue d'affichage est le français.

La réaction très rapide, dans l'opinion publique, a finalement eu gain de cause.  Heureusement.  Quand un groupe de lobby ou une compagnie essaie, par la porte d'en arrière, de briser un acquis social important, quand cela contrevient de surcroît avec les lois et les règles en vigueur, il n'est que normal qu'il y ait levée de boucliers.  Cela vaut autant pour l'Église catholique que pour une grosse multinationale comme Esso. Ce n'est pas parce que vous avez beaucoup d'argent que vous pouvez pour autant vous penser au dessus des lois et vous imaginer que cela va passer inaperçu.

Certains commentateurs ont profité de l'occasion pour crier à l'intolérance et au manque d'ouverture des Québécois et des Québécoises.  Mais depuis quand l'ouverture d'esprit signifie-t-elle qu'il faille renier notre propre langue, qui nous sommes et, de manière générale, nos propres acquis sociaux ? ...

Autre mauvaise nouvelle pour les pétrolières mais une très bonne pour l'ensemble des consommateurs québécois, toujours sur une question connexe : ces compagnies seront bientôt traînées en justice et accusées de collusion pour hausser les prix de l'essence; l'annonce du recours collectif vient d'être faite.  Tant mieux. C'est à suivre.

Le 11 janvier 2007



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