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Note de la rédaction : Il est né à Pékin en 1956. Xu Xing fait partie de cette génération d’écrivains qui manient ironie et provocation. Auteur peu prolixe, il n’en est pas moins une référence, pionnier de la littérature intimiste. Son blog littéraire sur Internet est incontournable. Son second roman, Et tout ce qui reste est pour toi, paru en Europe en 2003, est le fruit d’un travail d’une bonne dizaine d’années. Xu Xing a mis autant de temps à pouvoir le publier en Chine ; il a enfin trouvé en 2004 une maison d’éditions de Wuhan mais il a dû sacrifier quelques passages sur le Tibet ou quelques plaisanteries sur Mao. « Cela dit, cette censure n’est plus ce qu’elle était », plaisante-t-il. « Aujourd’hui, c’est plutôt le marché et les critères économiques qui décident, et ce n’est guère mieux. » Son parcours est en le même que bien d'autres Chinois qui sont tout à la fois critique de ce qui se passe actuellement en Chine mais qui gardent en même temps un espoir ... à gauche.
Interviewé par le journal communiste français L'Humanité, ses propos furent par la suite publié dans le cadre d'un dossier spécial, produit l'an dernier à l'occasion du 30e anniversaire de la mort de Mao tsétoung. Son témoignage est particulièrement intéressant et c'est pourquoi nous l'avons mis en évidence ici. Mais tout les autres textes associés au dossier du journal L'Humanité sont également très révélateurs.
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C’est à onze ans que Xu Xing a pris la route, en pleine Révolution culturelle, lorsque ses parents ont été arrêtés. « Je n’avais pas le choix. L’errance est devenue une seconde nature jusqu’à cet exil de quatre ans en Europe après le mouvement réprimé de 1989.» Errance qui dure encore alors que Xu Xing a maintenant cinquante ans. Xu Xing a quitté son minuscule appartement en sous-sol qu’il montrait fièrement à ses amis chinois et occidentaux, ultime legs de son ancienne « unité de travail » qu’il s’acharnait à conserver contre un modeste loyer de 5 yuans par mois. Il a renoncé à poursuivre le défi et est parti vivre vers les nouvelles banlieues nord de Pékin.
Il tire ce constat amer. « La Chine a beaucoup changé. Mais ce sont des changements superficiels, la nature fondamentale de la société n’a pas bougé. Elle est toujours sous le contrôle du Parti. Je crois que la Chine actuelle a tous les défauts du capitalisme. Je vois de mes propres yeux des paysans acculés à vendre leur sang pour se nourrir, des gens qui crient famine, des ouvriers au chômage. » Il estime les écrivains et l’ensemble des intellectuels peu revendicatifs. « Leur esprit de révolte s’est perdu dans le matérialisme et la chasse aux revenus. Sous Mao, le statut des intellectuels était peu de chose, leurs conditions de vie ne différaient pas de celles des ouvriers. Les réformes économiques ont servi pour eux d’ascenseur social. Paysans et ouvriers sont restés en bas de l’échelle et les intellectuels ont trouvé des opportunités pour s’assurer un bon train de vie. La coupure entre les deux mondes est grande. La plupart des Chinois rêvent de s’enrichir, de consommer. Ils n’ont plus le temps de penser. C’est terrible pour le pays. »
« En moins de trente ans, la Chine est passée de la révolution à la consommation, tout en mangeant toujours le même plat. » Ce qui signifie que le même parti est toujours au pouvoir. Qu’il y ait aujourd’hui une nostalgie de Mao ne l’étonne pas. « Moi-même, j’y pense, même si j’ai souffert à cette période. Les soins à l’hôpital étaient gratuits. Au début des années quatre-vingt, je travaillais dans un restaurant. Et j’avais un logement et une couverture médicale. Je viens de payer 3 000 yuans pour une radio des poumons à l’hôpital, l’équivalent d’un revenu annuel d’un paysan dans les régions pauvres. Dans cette globalisation où nous sommes jetés, les concepts de socialisme ou de capitalisme n’ont plus guère de sens. Ce qui reste, ce sont les riches et les pauvres. Devant cet état de fait, je crois encore au communisme. »
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Cliquez sur l'un ou l'autre des hyperliens
suivants pour lire quelques uns des autres documents associés au dossier
spécial préparé par le journal
L'Humanité à l'occasion du 30e anniversaire de la mort de Mao
tsétoung (sept. 2006):
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Quelques dates repères
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La Chine d’aujourd’hui dans tous ses débats…
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« Le bas coût des salaires peut être assimilé à un
pillage » -- un membre
de l'Académie
chinoise des sciences sociales témoigne
==>
« Ce qui reste, ce sont les riches et les pauvres »
--
Xu Xing a vécu la révolution
culturelle, est plus
que jamais critique par rapport
à ce qui se passe, mais croit toujours au communisme
==>
Le rêve au bout de l'exode -- le
drame des travailleurs et des travailleuses chinois, quittant
la campagne pour la ville, dans l'espoir
d'une vie meilleure
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Mei et Wanquin, ouvrières : " Un jour de repos par
mois, c’est très dur"
==>
Après l’euphorie du marché, de nouvelles
orientations sociales -- un
autre commentaire
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« Nous voulons changer la notion de développement »
==>
« Nous avons besoin d’un Zola chinois »
==>
Mao : de la légende à l'histoire
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