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La Chine pourrait-elle éventuellement obtenir le 1er rang
 des puissances économiques dans le monde ?

 C'est déjà en passe
 de devenir réalité

... chose certaine, le gouvernement Chinois travaille très fort pour aller dans ce sens  sans qu'il soit évident que ce seront les travailleurs et les travailleuses en Chine qui en profiteront vraiment; on s'éloigne en même temps de plus en plus de ce que serait "un autre monde à bâtir"


Par André Parizeau

(note: ce texte fut écrit en 2007 mais demeure toujours d'actualité avec les récentes prises de contrôles, par des intérêts chinois, de compagnies majeures, comme Volvo, ou encore des pétrolières, comme celles oeuvrant dans l'exploitation des sables bitumineux).
 

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L'image de la Chine, faisant toujours partie des pays en voie de développement, cadre de moins en moins avec la réalité d'aujourd'hui. Il en va de même avec son image de pays socialiste, où existerait la justice sociale, etc.  Au rythme où vont les choses, et selon la plupart des pronostics, la Chine deviendra, dans un peu moins de 15 ans, la plus importante puissance économique au monde, se plaçant même en avant des États-Unis.  D'ores et déjà, elle commencerait à talonner les principales puissances d'Europe, ce qui n'est pas peu dire.

Des centaines de millions de Chinois ont pu, au cours des dernières années, améliorer leur sort, marquant ainsi l'apparition en Chine d'une nouvelle classe moyenne, avides de se procurer toutes sorte de nouveaux biens et services, et qui sont bien évidemment de plus en plus courtisés par toutes sortes de multinationales, toujours à l'afflux de nouveaux marchés.  C'est vrai et c'est bien sûr sans compter le développement de toute cette couche de nouveaux bourgeois, multimillionnaires, et qui -- comme n'importe quel bourgeois à travers le monde -- affectionnent en surplus tous ces objets de luxe qu'aucun travailleur ou travailleuse ne pourra jamais se payer parce que vraiment hors de prix.

Mais tout cela n'est en même tant qu'un côté de la médaille quand on parle du "miracle chinois".  Pour la majorité des Chinois en effet, toutes les plus récentes réformes économiques, survenues dans leurs pays, ont plutôt signifié une détérioration de leurs niveau de vie et de leurs conditions de travail : perte d'accès aux anciens programmes sociaux, aujourd'hui disparus ou inaccessibles, perte de la sécurité d'emploi, difficulté à se trouver un nouveau travail.  Le phénomène des travailleurs migrants, qui quittent les campagnes pour aller vers les villes, dans l'espoir d'améliorer leur sort, sans jamais vraiment pouvoir avoir accès à cette nouvelle vie, avec la stabilité et la sécurité qui va avec, est devenu un problème social majeur.  Et ces gens se comptent en nombre de plus en plus importants.
 

Des écarts qui grandissent de plus en plus entre les plus riches et les plus pauvres

Globalement, l'état des inégalités sociales dans ce pays ne cessent de grandir entre les plus riches et les plus pauvres.  Le boom économique chinois existe.  C'est indéniable; mais il masque en même temps une réalité pas mal moins belle.  Tout compte fait, c'est le même "pattern" auquel la plupart des pays capitalistes nous ont habitué.  Ce qui est plutôt triste quand on songe qu'il aurait pu y avoir, en Chine, une toute autre approche, plus proche de ce que le mouvement altermondialiste prône déjà, à la grandeur de la planète, et qui, compte tenu de l'importance de ce pays aurait justement pu servir de  levier pour pousser une telle orientation.  C'est vraiment dommage ...

Un des critères particulièrement utiles pour comparer l'état de la situation de la Chine avec celle des autres pays, et qui peut en même temps nous aider à mieux saisir ce qui s'y passe, réside au niveau du degré d'investissements étrangers effectués par ce pays jusqu'ici ... C'est bien sûr un critère très "capitaliste" mais puisque c'est de cela qu'on parle justement, cela devient d'autant plus pertinent.
 

Une fois encore des considérations bêtement mercantiles

Ce qui est particulièrement frappant avec cette fameuse question des investissements étrangers consiste à voir comment, en Chine comme ailleurs, l'accumulation de capital, découlant du développement économique, est finalement de plus en plus détournée vers des considérations bêtement mercantiles, plutôt que de servir à l'amélioration du niveau de vie de l'ensemble de la population, dans le pays, notamment chez les couches les plus pauvres.

Non seulement le pays devient-il de plus en plus dépendant des investissements étrangers qui se font chez eux, notamment en ce qui a trait aux nouvelles technologies, mais les sociétés chinoises sont elles-mêmes en train  d'exporter de plus en plus leur propre capital vers l'extérieur ... alors que les besoins sont toujours aussi criants sur le plan domestique.

Cela devient d'autant plus choquant qu'on ne peut même pas prétexter, dans ces cas-ci, du fait que ces investissements vers l'étranger seraient dans la majorité des cas le fait d'entreprises privées.  Dans la plupart des cas, ces investissements proviennent en effet de sociétés d'État, ou au minimum, de sociétés mixtes où l'État chinois a encore énormément d'influence.  Tout cela s'insère bien sûr dans le virage "pro capitaliste" entrepris par la société chinoise depuis bien des années.

Les investissements chinois à l'étranger ne datent pas d'hier, sauf que, jusqu'à il y a quelques années, cela se faisait de manière beaucoup plus discrète.  Plus maintenant.  Cela découle surtout du fait que la Chine est d'ores et déjà un joueur majeur à ce niveau et continuera, sous toute réserve, à l'être et que ses prises de contrôle, ou tentatives de rachats d'entreprise, commencent à défrayer de plus en plus les manchettes .
 

Une stratégie de plus en plus agressive

Hier encore, la Chine, via une de ses sociétés, rachetait la division des ordinateurs personnels d'IBM.  Ici même, au Canada, elle faisait aussi une tentative pour essayer d'acheter à un moment donné Noranda (sans cependant réussir).  Par la suite, il y eut aussi un essai pour essayer de s'implanter au niveau de la production canadienne d'acier, en profitant notamment du fait que ce secteur de l'économie canadienne était plutôt mal en point et que l'État canadien, lui, se refusait alors à intervenir.

Aux États-Unis, la Chine essayait aussi d'acheter, à un moment donné, Unocal, qui est un des poids lourds de l'industrie pétrolière américaine. Par contre, et tout récemment, elle réussissait à prendre le contrôle d'une très importante société de gestion de portefeuilles financiers, toujours aux États-Unis : la Blackstone.  Là encore, et toujours au niveau des investissements étrangers, la Chine n'a sûrement pas finie de nous étonner.
 

Déjà au 13e rang au niveau des investissements étrangers et la Chine continue toujours de progresser, année après année

Voici quelques chiffres et constatations qui parlent d'eux-mêmes : selon les plus récentes données disponibles, soit celles de 2006, la Chine serait déjà au 13e rang des pays possédant le plus d'investissements étrangers à travers le monde et, à chaque année, la Chine améliore encore plus sa position.

En 2005, la Chine était au 17e rang des pays possédant le plus d'investissements à l'étranger.  Il reste à voir quel rang la Chine sera d'ici un an ou deux... Au moment où l'on se parle, le total des investissements directs (prises de contrôle) dépasseraient les 73 milliards de dollars US.

Le chiffre d'affaires combiné de toutes ces entreprises, maintenant sous contrôle chinois, avoisinent les 200 milliards de dollars US par année. C'est donc déjà plusieurs fois l'équivalent de l'ensemble du budget du gouvernement québécois.  Considérant le fait que la plupart de ces investissements se sont fait dans les seules cinq ou six dernières années, c'est énorme !

Toutes proportions gardés, une telle emprise de la part de la Chine reste encore faible (par rapport à ce que d'autres pays peuvent faire, notamment les USA) mais l'important réside ici dans la progression ainsi que la vitesse à laquelle ces investissements se multiplient, année après année.

Ces investissements se répartissent d'ores et déjà dans toutes les régions du monde, avec une concentration particulière en Asie, en Afrique, mais aussi, et de plus en plus en Amérique Latine, en Europe et en Amérique du Nord.  Pour le moment, et de manière peut-être un peu étonnante, c'est l'Amérique Latine (soit l'ancienne chasse gardée des États-Unis) qui attire actuellement le plus d'investissements chinois.

Ici même au Canada, la Chine possède déjà autant d'investissements que le Canada en possède lui-même en Chine.  Soit pour une valeur d'un peu plus de 500 millions de dollars.  C'est quif-quif.  Entre temps, et sur le plan des échanges commerciaux, la Chine est déjà, pour le Canada, le 2e partenaire le plus important, toute de suite après les États-Unis.

 

Plus de 10 600 entreprises chinoises impliquées dans ces investissements

Plus de 10 600 entreprises chinoises, privées ou publiques, ont maintenant des investissements à l'étranger, sur l'un ou l'autre des cinq grands continents.  Et cela augmente là encore, à chaque année.

La valeur totale des nouveaux investissements directs effectués par la Chine, que ce soient via des sociétés d'État, des entreprises mixtes, ou carrément des entreprises privées, a augmenté de 32% en 2006 par rapport à ce qui se faisait en 2005, et cela correspond, grosso modo, à un pourcentage d'augmentation assez standard quand on examine ce qui se passe de ce côté des investissements chinois depuis le tout début des années 2000. On peut donc parler d'une tendance lourde et pas seulement d'un phénomène passager.

Ce sont souvent les sociétés d'État où les société mixtes qui sont les plus agressives pour s'implanter sur les marchés internationaux, via le rachat d'entreprises existantes; cela découle du fait qu'elles ont en général accès à beaucoup plus de capitaux que les entreprises privées, fondées plus récemment.

Le plus ironique dans tout cela réside dans le fait que ces mêmes compagnies, qui investissent à l'étranger, peuvent ainsi se retrouver propriétaires d'entreprises beaucoup plus modernes, plus productives et offrant en même temps une qualité accrue et supérieures à ce que leurs propres entreprises peuvent faire chez eux, c'est à dire ces mêmes entreprises qui étaient pourtant à l'origine de leur propre succès.  Mais on n'est déjà plus à un anachronisme prêt.
 

Les contrecoups d'une stratégie bien établie depuis des années et qui continue toujours

Les origines d'une telle situation remontent à bien des années en arrière alors que le gouvernement chinois décidait, de manière consciente et délibérée, de mettre de côté la mission sociale des entreprises pour plutôt favoriser l'aspect de recherche d'un profit toujours plus grand, quitte à remettre en question bien des acquis sociaux, telle que la sécurité d'emploi jusqu'à lors garantie.  Bien des dirigeants de l'État chinois avaient alors justifié leur décision en prétextant les trop faibles niveaux de productivité.  Pour eux, il fallait changer cela si on voulait véritablement améliorer le niveau de vie des gens et cela urgeait.  Sans doute voulaient-ils ainsi éviter d'avoir à vivre un jour ce qui s'était passé en URSS.

Toujours est-il que  cela se fit en même temps qu'on privatisait une partie importante de l'économie chinoise.  En encourageant la privatisation d'une partie importante des activités contrôlées jusqu'à là par l'État, ces mêmes dirigeants espéraient ainsi créer une nouvelle compétition qui favoriserait au fond leur nouveau but.  On ouvrait en même temps la porte aux investisseurs individuels via la création de nouveaux marchés boursiers, où l'on pouvait désormais acheter et vendre des actions.  À cela s'ajoutait évidemment une nouvelle ouverture aux investissements étrangers.  Au delà du discours utilisé pour faire la promotion de leur approche, laquelle s'appuyait alors sur cette idée de développer un "nouveau type de socialisme à la chinoise", il s'agissait en fait de redonner aux lois du marché capitaliste beaucoup plus de liberté, dans l'espoir que le marché allait éventuellement s'autoréguler de lui-même.  C'est au fond un discours assez semblable à celui qu'on entend souvent, ici même.

Assez rapidement, bien des sociétés d'État se sont retrouvés avec d'énormes liquidités, découlant entre autres choses de la vente de leurs propres actifs d'antan.  Ils pouvaient en même temps compter sur ce nouvel influx de fonds provenant de l'émission d'actions.  Ils auraient alors pu réinvestir toutes ces sommes de manière à améliorer encore plus leurs propres processus de production, moderniser leurs équipements et améliorer encore plus les conditions de travail de leurs propres employés mais tout cela ne cadrait finalement plus avec la nouvelle tendance promue par l'État.
 

L'attrait du court terme

Mais comme c'est souvent le cas dans de telles situations, les stratégies à court terme, basées sur la recherche du profit maximum, réalisé le plus vite possible, ne pouvaient faire autrement que de l'emporter.  Et quoi de mieux, dans un tel contexte, que de tout simplement chercher à augmenter sa production, en achetant d'autres compagnies.  C'est la fuite en avant.  C'est plus facile et cela permet en même temps de donner une bien meilleure image de la compagnie, soit disant basée sur un nouveau dynamisme et une nouvelle vitalité se reflétant par toutes ces acquisitions.  On connaît la musique; à plus d'un égard c'est aussi ce qui se passe ici.  Évidemment, il ne pouvait être question de racheter les mêmes entreprises qui venaient juste d'être revendus au privé.  D'où l'idée de se tourner de plus en plus vers l'étranger.

Cela adonnait bien puisque le gouvernement chinois avait alors besoin (et a d'ailleurs toujours besoin) de se garantir un accès toujours plus grand à toutes ces matières premières si nécessaire au boom économique chinois (pétrole, cuivre, acier, etc).  Le rachat de compagnies oeuvrant justement dans le domaine des ressources naturelles était donc doublement rentable.

Comme de fait, et assez rapidement après les premières réformes économiques introduites par le gouvernement chinois, les règles concernant le réinvestissement à l'étranger furent également assouplies.
 

... et ce n'est encore que le début selon plusieurs

Ce qui fait la force de la Chine et pourrait lui permettre d'aller encore beaucoup plus loin en matière d'investissements et de prises de contrôle à l'étranger -- c'est en même temps ce qui commence à en inquiéter plus d'un sur les marchés financiers étrangers --, c'est le fait que le gouvernement chinois possède actuellement, en surplus de tout ce qui vient d'être dit, la plus importante réserve de change au monde.  On parle ici de plus de 1 200 milliards de dollars US et cela monte année après année !

Jusqu'à récemment, le gouvernement chinois se limitait essentiellement à acheter des bons américains du trésor avec ces argents (l'équivalent de nos bons d'épargne ici).  Au fil des années, le gouvernement chinois en aurait accumulé pour une valeur de plus de 600 milliards de dollars US,  faisant certainement de la Chine un des principaux créanciers du gouvernement américain !

Jugeant qu'une telle stratégie n'était plus aussi rentable ou souhaitable, le gouvernement chinois vient  d'autoriser la liquidation au moins partielle de tous ces bons du trésor et l'utilisation éventuelle d'une partie de ces argents pour le rachat d'un beaucoup plus grand nombre d'entreprises disséminées à travers le monde.

On parle non seulement d'acheter des entreprises directement impliqués dans différents secteurs de la production de matières premières et ou de produits manufacturiers, mais également et y compris d'acheter des sociétés carrément concentrées dans les opérations de spéculation, telles les sociétés de portefeuilles d'actions.  L'achat de la Blackstone, aux États-Unis, s'insère dans cette nouvelle stratégie plus agressive de la part du gouvernement chinois en même temps qu'éminemment questionnable.

Il est parfois difficile de se faire une idée de ce qu'une telle somme (1 200 milliards de dollars US) peut représenter.  Disons simplement que cela pourrait éventuellement permettre au gouvernement chinois (si l'ensemble de ces sommes étaient effectivement utilisées) de se payer jusqu'à  300 sociétés comparables à Bell Canada ou Alcan !!!  C'est tout dire.

La mise sur pied d'une nouvelle société d'État, chargée d'encadrer et de superviser ces éventuelles prises de contrôle, ainsi que de mettre un peu plus d'ordre dans toutes cette frénésie d'acquisitions à l'étranger, vient d'être annoncée.  Cette nouvelle société d'État pourrait rapidement devenir un des plus importants et sinon le plus influent joueur sur toutes les différentes et principales bourses du monde.  On vise en particulier les sociétés spécialisées dans les ressources naturelles ainsi que les hautes technologies. Tout cela reflète sans doute également le fait que ces investissements seraient actuellement à la veille de franchir une nouvelle étape.

À tout cela, il ne faut évidemment pas oublier, comme on le disait plus haut, toutes ces liquidités que les sociétés chinoises domestiques possèdent également, que celles-ci soient des sociétés d'État ou non.  On ne peut écarter non plus la possibilités de "joint-ventures" entre l'État et des sociétés privées pour éventuellement prendre le contrôle de ces autres sociétés oeuvrant ailleurs, sur les cinq continents.

Gageons dans un tel contexte que les appels au protectionnisme ne manqueront pas de se multiplier, notamment aux États-Unis, et ce même si la mode demeure toujours à la libérations des échanges et à la libre circulation des capitaux.  C'est toujours la même chose : ce qui est bon pour le voisin, ne l'est que rarement pour soi-même !  Surtout quand les intérêts des uns menacent les intérêts des autres.

Il ne faudrait pas se surprendre non plus de voir de plus en plus de gouvernements, ici même, aux États-Unis, ou ailleurs, pourtant loin d'être d'être eux-mêmes des modèles de défense des grands principes de la démocratie, faire des références aux trop nombreuses violations des droits de la personne en Chine.  C'est de bonne guerre et cela permet en même temps de remettre un peu plus sur la défensive un concurrent de plus en plus gênant ...

Plus cela va et moins tout cela a en même temps à voir avec le souci de construire un autre monde, en ce basant sur la défense de l'environnement et la satisfaction des principaux besoins de tous et chacun.
 

Un autre exemple de comment le politique et l'économique ne sont finalement jamais très loin l'un de l'autre

Quand on prend la peine de creuser un peu plus ce qui est en train de se passer avec tous ces brassages d'argent, on peut certes rager de voir que certains autres dossiers ne soient pas plus avancés, pendant ce temps, en Chine.  On pourrait entre autres penser au dossier des travailleurs migrants ainsi que du dossier de l'environnement en Chine.  Cela est d'autant plus choquant que la Chine, avec sa population, représente le pays le plus populeux du monde et que tout ce qui s'y passe ne pourra faire autrement que d'avoir de puissantes conséquences sur le reste de la planète.

Entre temps, l'économie chinoise continue toujours à être très largement cantonnée vers la production, à large échelle, de produits bas de gamme, où la qualité laisse souvent à désirer et où l'utilisation d'une main d'oeuvre, peu formée et mal payée, peut permettre de générer un haut de profits (au moins pour le moment); mais tout cela cache néanmoins de très sérieux problèmes qui ne pourront, à terme, que créer de plus en plus de problèmes pour ceux qui dirigent la Chine.  Cela contribue en à rendre la Chine encore plus dépendante des aléas de la mondialisation capitaliste.

L'exécution d'un haut dirigeant chinois, accusé de corruption en lien avec le fameux scandale entourant ces soi-disant médicaments qui contenaient en fait du poison, a mis en relief le fait que les problèmes de corruption et de contrôle de la qualité de la production chinoise, sont toujours une réalité bien concrète.  Selon les propres statistiques du gouvernement chinois, près de 30% de la production chinoise ne respecterait toujours pas les normes minimales de qualité imposées par ce même gouvernement.  Dans les faits, la situation pourrait même être pire.  Il reste en même temps à voir jusqu'à quel point ces mêmes normes seraient en fait suffisantes ou adéquates et si elles ne devraient pas, au contraire, être réexaminées de manière à être encore plus sévères.  Plus on creuse toutes ces questions, et plus on se rencontre de l'ampleur des problèmes toujours non résolus.

Au delà de ces considérations, cela jette en même temps un éclairage plutôt instructif sur le fait qu'il y ait toujours autant de tensions entre les États-Unis et la Chine.  Comme bien des gens le savent déjà, les questions d'économie ne sont en général jamais très loin des considérations d'ordre plus politique et diplomatiques ... Surtout quand une puissance émergente, comme la Chine, tente effectivement de détrôner les autres, menaçant ainsi le contrôle que les premières pouvaient avoir jusqu'à présent.

Autant il est douteux que les travailleurs et les travailleuses en Chine pourront vraiment bénéficier de cette frénésie de rachats d'entreprises, à l'échelle de la planète -- eux qui ont déjà passablement souffert de toutes les réformes passées -- autant tous ces faits et toutes ces considérations mettent en même temps en relief l'incurie de nos propres gouvernements, toutes tendances confondues, quant à leurs propres propositions et stratégies pour relancer, chez nous, notre économie, tout en s'assurant en même temps que cette relance profite d'abord et avant au peuple québécois.

Cela nous rappelle en même temps l'importance de développer nos liens et notre solidarité entre travailleurs et travailleuses du monde entier, y compris en Chine, de manière à faire valoir une fois pour toute une autre vision du développement économique.

 

 



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