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La décision du Fonds de solidarité de la FTQ
d'intervenir dans le bras de fer entre les frères
Molson et Quebecor pour savoir qui, des deux,
mettra la main sur le Club de hockey des
Canadiens, a soulevé un véritable tollé de
protestations, y compris au sein des milieux
syndicaux.
Cela
ramène en même temps, à l'avant plan, un débat
encore plus important, plus large et de fonds,
quant à l'avenir du Québec, ainsi qu'à la vision
de comment le Québec devrait se prendre en main.
Le hockey a toujours été un sujet autour duquel il
est facile de s'enflammer, ici au Québec.
L'avenir du club des Canadiens prend ainsi valeur
de symbole.
Le fait que tout cela se produise alors même où le conflit au Journal de Montréal, propriété du groupe Quebecor entrera bientôt dans son 6e mois, sans réelle lueur d'un règlement rapide, et que Quebecor soit en plus, et à nouveau, sur la sellette pour ses pratiques anti-syndicales, ne peut que teinter d'autant le débat.
Au Saguenay, il y a aussi un autre journal, soit le Réveil, qui est aussi en lockout.
Chose certaine, et quoiqu'il arrive avec la vente du club des Canadiens, la décision plus que discutable du Fonds de solidarité de la FTQ de finalement s'associer avec Quebecor dans cette affaire ne pourra à terme que porter encore plus d'ombrage à la crédibilité du président de cette centrale syndicale, d'autant que ce n'est pas la première que son jugement et ses actes sont ainsi questionnés sur la scène publique. Le président de la FTQ, faut-il le rappeler, est aussi le président du Fonds de solidarité.
Selon une dépêche publié sur le site de ruefrontenac.com le 12 juin, le président de la FTQ, Michel Arsenault, aurait notamment cherché à justifier le geste du Fonds de solidarité par le fait qu'il reçoit actuellement beaucoup de pressions de la part des membres de la FTQ pour que le Fonds de solidarité et la FTQ deviennent copropriétaires du Canadien, mais aussi par le fait que Pierre Karl Péladeau aurait aussi commencer à "changer".
Des arguments pas vraiment convaincants ...
Moins d'un an après avoir traité Pierre Karl Péladeau d'antisyndicaliste de la pire espèce dans le conflit du Journal de Québec, le président de la FTQ, Michel Arsenault, estimerait en effet, et toujours selon ruefrontenac.com, que le patron de Quebecor a «changé d'attitude» et ne voit plus de raison de ne pas s'associer avec lui pour acheter le Canadien. «Nous avons décidé d'embarquer avec eux car c'est une excellente occasion de faire du rendement pour nos membres (du Fonds de solidarité).»
C'est vrai, aurait-il également ajouté, que le patron de Quebecor donne «du fil à retordre» aux syndicats, mais j'ai senti un changement important dans son attitude depuis un an». Il aurait ainsi donné l'exemple de Vidéotron, où une nouvelle convention collective a été signée un an avant la fin du contrat de travail. «Ce n'est pas le bonheur total» avec Quebecor, ajoute-t-il, mais on peut s'en accommoder.»
Pourtant, en juillet 2007, pendant que le lock-out s'éternisait au Journal de Québec, Michel Arsenault jugeait important « de faire face au nivellement par le bas qu'essaie d'imposer Pierre Karl Péladeau ». À un autre moment, il indiquait que négocier avec Quebecor, c'était comme « un bâton de marde qu'on ne sait pas comment prendre pour ne pas se beurrer ».
Des voix discordantes
Toujours selon ruefrontenac.com, cette association du Fonds de solidarité avec Quebecor aurait été reçue très froidement par les syndiqués du Journal de Québec, eux-mêmes membres de la FTQ. Denis Bolduc, qui est président du syndicat des journalistes, associé au SCFP (FTQ), au Journal de Québec, aurait lui-même indiqué être «très mal à l'aise» avec un tel partenariat.
« Lundi, je suis en cour pour défendre le jugement qui établissait en 2008 que Le Journal de Québec avait utilisé des scabs durant le conflit et que Quebecor conteste ", aurait dit Denis Bolduc. « En plus, la direction du journal veut rouvrir la convention collective pour baisser le plancher d'emplois. On parle ici de plusieurs mises à pied imminentes. Alors, c'est sûr que je me pose des questions sur cette décision de s'associer à Quebecor.»
L'ancienne dirigeante syndicale Monique Richard, maintenant députée du Parti québécois et membre du SPQ Libre, trouve de son côté plutôt «incroyable» une telle association . « Lorsque je siégeais au conseil d'administration du Fonds avec Louis Laberge, il n'y avait pas un projet qui était approuvé sans qu'on examine rigoureusement le bilan syndical des entreprises dans lesquelles nous investissions, dit-elle. C'est sûr que ce partenariat avec Quebecor soulève des questions éthiques très importantes. J'ai un peu de difficulté à comprendre.»
La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, se serait refusé de son côté à qualifier ce partenariat. Sans doute, s'agit-il ici d'éviter de nuire à de multiples efforts entrepris au sein du mouvement syndical pour favoriser le maximum d'unité, notamment en ce qui a trait aux négociations à venir dans le secteur public. Madame Carbonneau ne se serait toutefois pas gênée pour dire des mots très tranchés envers Quebecor, lui attribuant l'un des pires bilans au chapitre des relations de travail au Québec.
Outrés par la décision du
Fonds de solidarité de la FTQ, de s'allier à leur employeur pour tenter
d'acheter le Canadien, les employés en lock-out du Journal de Montréal
ont pour leur part réagi à la nouvelle en envahissant le siège social du
Fonds vendredi et l'ont occupé bruyamment pendant près de deux heures.
"Dégueulasse"
Raynald Leblanc, qui est le président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM), dont les 253 membres sont en lock-out depuis le 24 janvier, a qualifé cette association entre Quebecor et la FTQ de « contre nature », estimant que la défense des droits des travailleurs aurait dû primer sur une occasion d'investissement. «Le premier rôle d'un syndicat est de défendre les travailleurs et là, la FTQ ne joue pas son rôle. Je trouve cela proprement dégueulasse.»
Celui-ci a tenu à rappeler que, dans le Fonds de solidarité de la FTQ, il y a le mot «solidarité» et que cela aurait dû guider la décision des dirigeants syndicaux.
« La FTQ est dans une
situation de conflit d'intérêts inacceptable. Que va faire la FTQ lorsque
les travailleurs de TVA devront faire face à Quebecor dans les prochains
mois pour renouveler leur convention collective ? Quel chapeau mettra la FTQ
?», s'est finalement demandé à voix haute Raynald Leblanc.
Des découvertes plutôt troublantes ...
L'action
des lockoutéEs du Journal de Montréal dans le lobby de l'édifice du Fonds de
solidarité de la FTQ aura au moins permis de découvrir un certain nombre de
choses plutôt troublantes.
Premièrement, durant tout le temps que dura l'intervention des lockoutés, un des dirigeants de la sécurité chez Quebecor se promenait librement à travers l'édifice du Fonds de solidarité. Il faut en même temps savoir que la direction de la sécurité de Quebecor a eu maille à partir avec plusieurs syndicats FTQ, lors des lockouts imposés au Journal de Québec, à Vidéotron ou aux pressiers du Journal de Montréal.
Deuxièmement, la version scab du Journal de Montréal était aussi en vente au casse-croûte du 1er étage de l'édifice du Fonds de solidarité. Interrogé par rueFrontenac.com, un des gérants du comptoir, exploité par la compagnie Van Houtte, a affirmé que ni les permanents syndicaux, ni les élus de la FTQ n'avaient fait jusqu'ici la moindre demande de pour que Le Journal de Montréal soit retiré des tablettes du comptoir, ce qui est plutôt bizarre compte tenu que la FTQ est supposé appuyer le boycott de ce journal, tant que durera le conflit de travail.
Pendant les deux heures que dura la présence des lockoutés dans ce hall d'entrée, jamais le président de la FTQ ne daigna se présenter pour ne serait-ce que dialoguer avec eux.
Comme le soulignait
lui-même le leader syndical, Denis Bolduc, tout cela survient alors
que Quebecor devra à nouveau comparaître en cour lundi prochain, par rapport
à l'utilisation de scabs lors du conflit de travail au Journal de Québec,
lequel s'est finalement terminé il y a seulement quelques mois.
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qui rachèterait le Club des Canadiens ?
La Fédération nationale des communications (FNC - CSN) s'inquiète
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une
responsabilité monsieur le premier ministre ...
Cliquez ici pour lire une lettre
du président du syndicat des travailleurs et des travailleuses du Journal de Montréal
Cinq mois plus tard : cliquez
ici pour écouter divers entrevues des lockoutéEs effectuées par la radio
de Radio-Canada
"Je demande à être remboursé",
déclare outré un des journalistes au Journal de Montréal à propos de
l'association entre le Fonds de solidarité de la FTQ et Quebecor
Le conflit de travail en 13 questions et
13 réponses - document très
bien fait et préparé par le syndicat.
Dès le début du lockout, le syndicat lançait un appel à la solidarité; cliquez ici pour consulter le reste de notre dossier sur ce conflit de travail