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Note:

Ce qui suit est une copie d'une lettre envoyée par le président du syndicat des employéEs du Journal de Montréal, en lien avec les allusions faites par le ministre des Finances, Raymond Bachand, comme quoi le gouvernement du Québec pourrait éventuellement appuyer à son tour une offre d'achat par Quebecor du Club des Canadiens.

***

 

Montréal, le 11 juin 2009

Monsieur Jean Charest,
Premier ministre du Québec,
Édifice Honoré-Mercier, 3e étage,
835, boulevard René-Lévesque Est,
Québec (Québec)  G1A 1B4

Objet : La vente du Canadien de Montréal

Monsieur le Premier ministre,

Nous tenons par la présente à vous exprimer notre vive préoccupation devant la possibilité que le gouvernement du Québec, par le biais de l’une ou l’autre de ses sociétés d’État, soutienne financièrement un consortium d’acquéreurs du Canadien de Montréal qui comprendrait la société Quebecor.

Nous savons maintenant que Quebecor, avec d’autres, a déposé une offre au Groupe Gillett. Votre gouvernement, par l’entremise de votre ministre des Finances,    M. Raymond Bachand, a déclaré publiquement qu’il serait disposé, si nécessaire, à offrir une aide financière qui pourrait atteindre 100 M$ de fonds publics à tout groupe d’acquéreurs composé majoritairement d’intérêts québécois.

Nous estimons qu’il serait inopportun que l’État, qui représente le bien commun et l’intérêt public, vienne en aide à une entreprise qui s’est distinguée ces dernières années par ses longs conflits de travail, souvent marqués par des lock-out, comme ce fut le cas chez Vidéotron, au Journal de Québec et maintenant au Journal de Montréal et au Réveil de Saguenay. Nous croyons qu’il serait immoral que l’argent des contribuables québécois soutienne une compagnie qui traite ses employés de manière aussi cavalière.

Si elle a les moyens financiers d’acheter le Canadien, le Centre Bell et le Groupe Gillett, Quebecor a les moyens de mettre fin au lock-out qu’elle a déclenché au Journal de Montréal le 24 janvier dernier et qui a jeté à la rue 253 travailleurs. Malgré les accommodements et les tentatives de rapprochement faites encore tout récemment par notre syndicat, la haute direction de Quebecor refuse de reprendre les négociations.

Enfin, compte tenu de l’ampleur que prend Quebecor au Québec, avec ses activités convergentes dans les médias, la musique, les livres, le commerce de détail, la câblodistribution, bientôt la téléphonie cellulaire et peut-être le hockey, nous estimons qu’il est aussi de la responsabilité du gouvernement de faire en sorte que cette entreprise n’occupe pas un espace public excessif pendant que le plus important quotidien québécois se retrouve sans ses artisans (et leur code de déontologie) pour assurer la diffusion d’une information neutre, de qualité et qui ne soit pas à la remorque d’intérêts commerciaux.

Veuillez accepter, Monsieur le Premier ministre, nos salutations distinguées,

Raynald Leblanc,
Président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal au nom des 253 employé(e)s en lock-out

Cc : M. Raymond Bachand, Ministre des Finances, du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation;
M. David Whissell, Ministre du Travail;
Mme Pauline Marois, chef de l’Opposition officielle;
M. Michael Sabia, président et chef de la direction, Caisse de dépôt et placement du Québec;
M. Pierre Shedleur, président-directeur général, Société générale de financement;
M. Jacques Daoust, président et chef de la direction, Investissement Québec;
Mme Claudette Carbonneau, présidente, Confédération des syndicats nationaux;
M. Michel Arsenault, président, Fédération des travailleurs du Québec;
M. Yvon Bolduc, président-directeur général, Fonds de solidarité FTQ;
M. Amir Khadir, député de Mercier.

 

 



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