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Par Joël Vallières

Note: Cet ex-membre du PCQ, qui est cependant resté proche de nous, nous a récemment fait parvenir ce texte où il se questionne par rapport à plusieurs événements récents mettant à chaque fois en cause la FTQ, première centrale syndicale au Québec.

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La FTQ est à la dérive. Plus grande centrale syndicale au Québec par le nombre de ses membres, la Fédération des travailleurs du Québec ne semble plus savoir où donner de la tête. 

Le Président de la centrale, Michel Arsenault, a frayé avec un grand patron, bandit et voleur qui plus est, comme le sont les grands patrons pour la plupart. Erreur impardonnable. Travaille-t-on pour les travailleurs ou pour la finance ? 

Quand j’entends Jacques Parizeau, dont on ne souligne pas assez tout le dévouement que cet homme a démontré toute sa vie pour le Québec, qu’il a honte parce qu’il n’avait pas inséré une clause, lors de la formation de la Caisse de dépôts et placements du Québec, pour protéger les travailleurs de la construction, victimes qu’ils sont d’une perte nette de la valeur de leur fonds de retraite, de par les déboires de la Caisse de dépôt sous la gouverne de John J. Charest, chef libéral à la solde de nos oppresseurs, provenant d’une famille politique conservatrice antiétatique (l’État comme simple administration, sans décision et orientation politique). Et que ces mêmes travailleurs de la construction, au sein de la FTQ-Construction, se sont faits fourrés par leur dirigeant qui se payait du luxe lorsque les travailleurs peinaient au travail. Ça me tue ! 

Et là apprenons-nous, après s’être liée à Quebecor (dont un grand nombre de syndiqués sont en lock-out !) pour acheter l’équipe de hockey les Canadiens de Montréal, et suite aux échecs de ce groupe pour se porter acquéreur, se lie avec la famille Molson, symbole historique de notre oppression nationale dont l’empire a été fondé dans le viol de nos arrière-grand-mères, la mort de nos arrières grands-pères et la mise à sac de notre pays pour une bonne part en 1837-1838, ça me répugne au plus haut point. Les Molson et leur brasserie, qui se disent « québécois » quand ça leur chante, ont-ils voté OUI en 1980 et en 1995 ? Se sont-ils opposés avec vigueur au coup fourré de Pierre Elliott Trudeau, Jean Chrétien et les autres en 1981-1982 ?  Ont-ils voulu fêter la fierté du peuple québécois, seul véritable peuple canadien, issu de la construction de l’Habitation de  Québec en 1608 ?

Acheter les Canadiens de Montréal n’est pas une erreur, bien au contraire. Notre équipe nationale de hockey devrait être propriété nationale. Mais se liguer d’abord avec des anti-syndicalistes notoires, puis des antinationalistes tout aussi notoires, n’est-ce pas un signe flagrant de manque de jugement de la part de ses dirigeants ? Et ce sans compter les agissements de ces mêmes dirigeants, bernant ainsi leurs propres membres ?

Je ne suis pas contre les syndicats, bien au contraire. Ce sont les seules institutions démocratiques possédées par le peuple, nécessaire lieu de solidarité, organe de liaison des travailleurs face aux patrons. Mais il est plus que temps que les institutions populaires redeviennent populaires et servent les intérêts populaires et nationaux, non ceux de la finance de la haute bourgeoisie, tant nationale qu’étrangère, qui n’a jamais cessé de nous exploiter ou de nous vendre au plus offrant.

 



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