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Par André Parizeau
Porte Parole du PCQ

C'était prévisible depuis déjà un certain temps.  On savait que le nouveau chef des libéraux fédéraux, Michael Ignatieff, n'était pas vraiment chaud à l'idée d'en venir à un gouvernement de coalition avec le NPD, en appui avec le Bloc; il avait notamment peur de l'impact que cela aurait pu avoir sur les intentions de vote d'une partie importante de l'électorat dans l'ouest canadien; les coffres des libéraux fédéraux sont d'autre part à sec, alors Ignatieff n'avait pas non plus tellement envie d'aller en élections.  Toujours est-il que les libéraux fédéraux se sont donc écrasés une fois de plus, permettant ainsi aux Conservateurs de Stephen Harper de s'en sortir une fois encore.  Quelle honte !


Ignatieff peut bien prétendre qu'il gardera un oeil sur la manière dont Harper appliquera ou non son nouveau budget.  So what ! on pourrait dire en anglais.  Ce budget représente un véritable affront au Québec.  Même d'un point de vue canadien anglais, il demeure de très loin en dessous de ce à quoi les travailleurs et les travailleuses dans cet autre partie du Canada avait besoin.  Et pendant ce temps, il maintient de manière outrageuse les cadeaux à la grande entreprise.

Questionné lors d'un point de presse à l'intérieur du Parlement fédéral pour savoir pourquoi les libéraux ne pourraient pas au strict minimum exiger une bonification du régime d'assurance-chômage, notamment au niveau des règles d'admissibilité, le chef libéral n'avait rien de mieux à dire sinon le fait qu'il serait "irresponsable" de sa part de vouloir chercher à augmenter plus encore les dépenses du gouvernement, ce qui augmenterait du même coup le déficit.  Quel manque total de respect pour les travailleurs et les travailleuses qui doivent déjà composer avec la dure réalité du quotidien, surtout quand ils ont déjà perdu leur emploi !...  En lieu et place de dire autant de stupidités, il aurait pu tout simplement reprendre l'idée au vol tout en s'engageant à réduire les cadeaux aux grosses entreprises.  Mais non !  D'abord, cela aurait certainement signifier la tombée du gouvernement conservateur (car jamais Harper aurait accédé à une telle suggestion).  Et puis, le chef libéral aurait eu bien trop peur de se faire taxer de ... communiste.

Michael Ignatieff reconnaît que les changements au système de péréquation ont été fait de manière unilatérale, qu'ils violent l'esprit des accords passés avec les provinces, y compris avec le Québec et les provinces maritimes, de même que les fondements sur lesquels la fédération canadienne est "supposée" reposer, mais -- et c'est ce qu'on retiendra le plus -- qu'il ne peut rien faire.  Tout au moins pour le moment.

Ce tout dernier développement, dans la saga ottawienne, fait une fois de plus ressortir le véritable cul de sac dans lequel la politique fédérale est en train de s'enfermer.  Avec comme résultat que tout le monde, d'un bout à l'autre du pays, en subit les contre coups.  Tout le monde, sauf bien sûr la grande entreprise, les amis de Stephen Harper, ainsi que l'élite politique oeuvrant, sur la scène provinciale, en Ontario et dans l'Ouest.  Sauf que cela ne donnera pas plus de pain et de beurre à mettre sur la table et cela n'aidera pas non plus monsieur et madame tout le monde à payer les factures à la fin du mois.

 

Cette affaire d'amendement des libéraux pour garder un oeil sur le gouvernement fédéral n'est finalement que la poudre aux yeux.  Dans les faits, cela ne devrait pas changer grand chose.  Harper devrait d'autre part pouvoir s'en accommoder assez facilement . On verra d'ici le début de la semaine prochaine.  Ignatieff peut bien prétendre également qu'il n'hésitera pas non plus à faire tomber plus tard ce gouvernement, si cela devait devenir nécessaire.  Mais qui le croira ? ...  Plus cela change à Ottawa, et plus cela ressemble en fait à du déjà vu.

 

 



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