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Par André Parizeau
Chef du PCQ

Avec son slogan "Reconstruisons notre Québec", le PQ est peut-être en train de se tirer dans le pied.  Avant l'arrivée au pouvoir de Charest, c'était le PQ qui était au pouvoir et ils avaient déjà commencé à déconstruire le Québec.  Certes, les libéraux ont mis les bouchées doubles, une fois au pouvoir. Mais cela n'enlève rien à la propre responsabilité du PQ dans les problèmes d'aujourd'hui.

 

Rappelons nous toute l'époque du déficit zéro.  Ce n'était pas une idée des libéraux mais bien du PQ.  Rappelons-nous également les nombreuses prises de positions en faveur du libre-échange et d'un rapprochement avec les États-Unis.  Il n'y avait pas que les libéraux qui appuyaient en 2001 le projet, aujourd'hui défunt, de la ZLÉA; il y avait également Bernard Landry, celui-là même qui aida André Boisclair à prendre la relève à la tête du PQ; aujourd'hui Bernard Landry regrette peut-être son geste mais cela ne change pas la réalité des faits.

Est-ce que ce n'était pas justement François Legault, un ancien ministre péquiste, aujourd'hui fervent supporteur d'André Boisclair, qui affirmait encore récemment sur les ondes de Radio-Canada que nous n'avions plus les moyens de nous payer tous les programmes sociaux bâtis au fil des années ? 

Avec ce slogan pour "reconstruire le Québec", le PQ essaie peut-être un peu trop grossièrement de mettre en sourdine son option souverainiste.  Il s'imagine sans doute en même temps que nous aurons la mémoire courte.  Qui plus est, il n'offre pas non plus grand chose de nouveau pour faire face aux problèmes d'aujourd'hui.  Le fait qu'il est en même temps changer une partie de ses couleurs sur son logo, pour faire plus écologique, laisse songeur.  Cette tendance semble de plus en plus à la mode par les temps qui courent ...

Si seulement le PQ avait accepté d'aller de l'avant avec le projet de nationalisation de l'éolien, comme son propre Conseil national en avait décidé plus tôt, l'automne dernier.  Même pas...

 

Dans le fonds, le PQ essaie encore une fois d'endormir tout le monde avec quelques mots ronflants et quelques tours de "marketing".  Sans plus.

Il est vraiment malheureux de voir comment ce parti, de plus en plus à la remorque des événements, peut continuer à monopoliser autant de place, en partie à cause de l'attachement des Québécois et des Québécoises pour le projet de souveraineté -- ce qui en soi est tout à fait louable --, mais aussi à cause des effets pervers de notre loi électorale.  Un reliquat du système britannique qui s'appuie sur le fait qu'il ne devrait y avoir que deux partis (bipartisme).



D'où l'importance de ces élections pour permettre à une nouvelle alternative plus à gauche d'émerger : Québec solidaire.  À nous tous et toutes d'aider à ce que cela se réalise.

25 février 2007

 

 



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