Par André
Parizeau,
Porte parole du PCQ
Le capitalisme, c'est aussi
cela : chaque jour qui passe, il y a encore 25 000 personnes qui
meurt à cause de la famine qui sévit toujours dans le monde. 25 000
personnes par jour !!! Hommes, femmes et enfants.
Du côté des enfants, c'est
plus de la moitié de ce nombre. Un enfant meurt en effet de la faim ou
de ses conséquences, quelque part dans le monde, à toutes les six secondes.
En bout de ligne, cela fait près de 14 000 enfants qui meurent ainsi à
chaque jour !
Tous ces chiffres viennent,
en passant, de l'ONU.
Entre
temps, le nombre de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour
devrait d'autre part atteindre, d'ici la fin de cette année, un total de
1,184 milliard. C'est moins que l’estimation de 1,375 milliard
pour 2005, mais cela reste malgré un chiffre qui devrait tous et toutes nous
amener à nous questionner par rapport à ce fameux "plus meilleur système"
que serait le système capitaliste, ainsi que sur toutes ces supposées
avancées de ce système, en matière de progrès social et de protection des
droits des citoyens.
Pour sûr, ici même, la
pauvreté n'est pas du même niveau que ce qu'on peut trouver ailleurs.
Encore que la pauvreté et la faim, qui existe aussi, chez nous, est
peut-être plus insidieuse, car plus cachée. C'est comme si elle
n'existait pas vraiment. Pourtant, elle existe bel et bien et elle a
plutôt tendance à s'étendre par les temps qui courent. D'une manière
ou d'une autre, cela ne saurait servir d'excuse pour ce qui est une
véritable hécatombe, sans réelle comparaison d'aucune sorte, d'autant que
cela se produit à tous les jours. Sans exception....
On aura beau nous rabâcher
les oreilles avec tous les problèmes vécus dans les pays socialistes jusqu'à
présent -- et problèmes il y a eu, c'est sûr (quels systèmes n'a pas eu de
toutes manière des ratés et nombres de difficultés et d'erreurs souvent
tragiques quand est venu le temps d'essayer de bâtir de quoi de nouveau à
partir de l'ancien ?) -- cela ne pourra jamais nous faire oublier le fait
que le capitalisme ne représente finalement le progrès que pour une minorité
d'individus et que cela se fait en même temps au prix d'une tendance
constante à toujours vouloir rabaisser sur les plans social, économique,
culturel et environnemental la très grande majorité des autres. Et il
n'y a aussi que la résistance au quotidien des peuples pour empêcher que la
situation ne devienne encore pire...
Un système qui est capable
d'accoucher des plus grandes trouvailles technologiques, qui est aussi
capable de débloquer en quelque semaines des centaines de milliards de
dollars, juste pour sauver l'avenir du système bancaire, et qui n'est pas
capable de trouver une fois pour toute une solution au problème de la faim
dans le monde, y compris ici même, chez nous, n'est pas un système qui
mérite de survivre. D'autant que les solutions au problème de la
faim dans le monde existent. À nous d'oeuvrer finalement pour
apporter, chacun à notre manière, chacun dans nos pays respectifs, une
contribution pour qu'un nouveau système vienne effectivement au jour pour
faire table rase de tout cela. C'est dans tous les cas l'objectif que
nous nous donnons au PCQ.
À ce titre, j'inviterais
nos lecteurs et lectrices à consulter ou à reconsulter, selon le cas, ce que
Evo Morales déclarait il n'y a pas si longtemps encore, par rapport à toute
la question de l'avenir de l'agriculture dans le monde. Un raccourci
dans la colonne de gauche de cette page a d'ailleurs été mis pour cela.
Tout dernièrement
également, le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à
l'alimentation sonnait l'alarme. Nos confrères du journal communiste
l'Humanité en profitait alors pour faire avec lui une entrevue
également très intéressante et pour laquelle nous avons également ajouté sur
cette page un raccourci.
Un dernier point : si
aucune mesure n’est prise maintenant, cela pourrait signifier 1,4 à 2,8
millions de décès infantiles de plus d’ici à 2015, souligne en même
temps les autorités de l'ONU. Par ailleurs, le PAM (programme alimentaire
mondial) montre que la vaste majorité des sous-alimentés dans le monde, un
total de 907 millions, vivent dans les pays en développement : 583 millions
en Asie, 236 millions en Afrique subsaharienne, 51 millions en Amérique
latine et dans les Caraïbes et 15 millions au Moyen-Orient et en Afrique du
Nord.