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Par André Parizeau,
Porte parole du PCQ
Un
groupe anglophone devrait-il ou non avoir le droit de venir chanter lors
d'une des célébrations organisées dans le cadre de la Fête nationale ?
En posant la question de cette manière, c'est comme si on vous mettait un pistolet sur la tempe et qu'on vous demandait ensuite : voulez-vous que je tire ? Il serait surprenant de voir quiconque répondre par à une telle question en disant : bien sûr ! Allez-y et tirez !
La vraie question soulevée par la controverse, autour de la pertinence ou non de la participation des groupes Bloodshot Bill et Lake of Stew, aux célébrations prévues dans le quartier de Rosemont, dans l'Est de Montréal, ne consiste pas vraiment à savoir si de tels groupes devraient être invités ou non. En fait, la question n'aurait jamais dû être posée de la sorte. La question est bien plutôt ailleurs.
Pourquoi des artistes anglophones, qui veulent participer à la Fête nationale, devraient nécessairement chanter en anglais, me semblerait être une question pas mal plus pertinente à poser. Pourquoi ne pas justement leur avoir plutôt demander de chanter en français ? Est-ce que cela n'aurait pas tout simplement été mieux ? En même temps que plus simple ? On aurait pu leur demander d'interpréter, à leur manière, une des nombreuses pièces de notre héritage culturel.
Si cela avait été fait de cette manière, il n'y aurait même pas eu de controverse. Mais ce n'est pas ce qui est arrivé. Le débat s'est mis à déraper; cela a du même coup mis une bonne partie du mouvement souverainiste sur la défensive et ceux et celles qui trouve que la loi 101 va encore trop loin, malgré toutes ses imperfections, et qui continuent toujours à être hanté par le spectre toujours possible d'un Québec qui devient enfin souverain, s'en sont donnés à coeur joie.
Pourtant, et dans l'histoire récente, nombreux sont les artistes d'origine anglophones qui non seulement ont participé au fil des années aux différentes célébrations de la Fête nationale et ils l'ont fait en français. C'était en même temps une manière pour eux de rendre hommage à la culture québécoise et au fait français ainsi qu'aux nombreuses luttes menées pour en défendre les acquis.
À chaque année également, bon nombre de postes de radios oeuvrant en français décident par eux-mêmes de diffuser uniquement de la musique québécoise, en français, mettant du même coup de côté le reste de leurs choix musicaux normaux. Est-ce à dire qu'il faudrait pour autant prétendre que ces postes de radios seraient tous eux aussi dirigés par de méchants "séparatistes" à l'esprit complètement "fermés" ? Bien sûr que non et il ne viendrait à personne l'idée de même penser de la sorte. D'autant que les propriétaires de ces mêmes postes de radio sont peut-être mêmes des fédéralistes. Alors pourquoi tout ce soudain brouhaha et toute cette tempête médiatique ? ...
La
réaction de nombreuses personnalités politiques et monde du spectacles,
consistant à dire que la meilleure chose à faire vis à vis de groupes
anglophones, voulant participer à la Fête nationale, serait de "leur
ouvrir grand les bras", est parfaitement compréhensible. Dans
le contexte, cela était prévisible. Nous appuyons cela. Comme, nous le
disions plus haut, cela tombe sous le sens. Tel est également la
position émise par les deux principaux porte parole de Québec solidaire.
C'est aussi celle du PQ. Ne pas le faire reviendrait à faire la
promotion d'une forme de nationalisme complètement refermée sur elle même et
qui n'a plus sa place dans les combats d'aujourd'hui.
La réaction de ceux et de celles qui insistent pour dire, tels les organisateurs de la grande Fête, prévue à Montréal le soir du 24, que cela devrait en même temps se faire autant que possible en français, l'est tout autant. Car, et après tout, on ne célèbre pas le 24 juin le bilinguisme, le multiculturalisme, ou je ne sais quelle autre théorie du genre, mais bien plutôt la fierté d'un peuple, soit le peuple québécois, dont la langue est le français.
Cela m'amène finalement à un faire un dernier commentaire à propos de toute cette affaire un peu bizarre. Le 24 juin, c'est notre Fête nationale à tous et à toutes; la fête elle-même devrait faire la promotion de l'inclusivité. Mais n'oublions pas non plus le sens des mots. Dans "Fête nationale", il y a le mot "nationale" qui fait directement référence à celui de "nation". Sur le territoire du Québec, il existe d'abord la nation québécoise, mais il existe aussi d'autres groupes nationaux, au premier chef desquels il y a les peuples autochtones qui forment eux-mêmes d'autres nations (il ne faudrait pas l'oublier); il y a aussi la minorité anglophone, non encore assimilée à la nation québécoise, et à laquelle la législation québécoise reconnaît toujours de nombreux droits en tant que minorité (faut-il également le rappeler); et puis, il y a aussi le cas de tous ces immigrants, arrivés à un moment ou un autre au Québec, et qui tentent ou non, avec plus ou moins de facilité, de s'intégrer à cette réalité pas toujours facile de la société québécoise.
La vision pour un Québec souverain, celle qui est dans tous les cas la notre et qui devrait aussi l'être pour la plupart de ceux et de celles qui croient vraiment à l'indépendance du Québec, devrait être inclusive. Il n'y a pas de doute. Cette question d'inclusivité ne doit pas en même temps devenir une sorte de faux fuyant qui nous ferait en même temps oublier la nature même de ce combat, pour nous faire plutôt retomber en définitive dans cet autre piège que serait le multiculturalisme, à la Pierre Elliot Trudeau.
J'ajouterais qu'il ne devrait y avoir aucune contradiction entre le fait de vouloir être inclusif dans nos projets de société et d'avenir pour le Québec, et le fait d'être fier d'être Québécois. C'est bien plutôt le contraire. Cela devrait aller ensemble.
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... Près de 500
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du Québec. La manifestation avait été appelée et appuyée par un
large éventail de personnalités et d'organismes, déjà connus pour leur
soutien à cette cause. Le PCQ y était aussi, avec sa bannière
... et la question nationale
dans tout
cela ?
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concernant nos positions sur la question nationale
(dernier ajout: 11 juin 2009)