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Par Joël Vallières
 

La Fondation du Centre de recherche Lionel-Groulx (CRLG) vient de décider de fermer les portes de son centre d’archives situé à Outremont.

Seul centre d’archives consacré au nationalisme québécois, un des aspects les plus importants de notre existence nationale, celui-ci sera dorénavant démantelé et ses fonds iront à la Bibliothèque et aux Archives nationales du Québec. Ainsi, ces fonds seront dilués à travers tous ceux appartenant à cette institution. N’est-ce pas là le vœu de ceux qui s’opposent à la cause du Québec, noyer le nationalisme dans le grand tout de l’histoire, ne le considérer que comme un aspect ordinaire d’une vie ordinaire d’un peuple ordinaire ?

Précisément parce que les Québécois n’ont pas atteint l’indépendance, avec tout ce que cela comporte, le nationalisme de résistance à l’assimilation, dans le contexte nord-américain, ne constitue-t-il pas, en fait, le cœur même de notre identité collective ? À défaut de vouloir vivre dans notre pays, le refus de mourir dans le pays des autres, cette résistance obstinée à survivre, ne mérite-t-elle pas, au premier chef, d’être étudiée et que l’on s’en souvienne ?

Pourquoi la Fondation du CRLG n’a-t-elle pas lancé une campagne de souscription nationale pour sauver ce pan de mémoire à travers duquel se reconnaît presque tous les Québécois ? Y aurait-il eu ordre secret d’un gouvernement à la solde de nos oppresseurs à un dirigeant fédéraliste planqué dans la Fondation ? Cette question se pose, voici pourquoi.

Le gouvernement du Parti libéral du Québec, depuis sa venue au pouvoir en 2003, a imposé une réforme de l’enseignement de l’histoire du Québec, extirpant de celle-ci tout nationalisme, allant même faire du révisionnisme concernant la période des Patriotes par exemple. Attaque contre la mémoire histoire.

Le même gouvernement a vendu à des intérêts étrangers, s’assurant au passage de la destruction du paysage par l’élaboration d’un projet ignoble, Rabaska, l’assise et le cœur de notre nation, l’Île-d’Orléans, berceau des nôtres. Il voulut faire de même pour un autre lieu symbolique, le Mont Orford, mais échoua grâce à l’opposition populaire nationale contre ce projet.

Ce gouvernement-là, destructeur de tout caractère émancipateur que notre nation a établi depuis 1960, a saboté la Caisse de dépôt et de placements (du Québec), en liquidant notre plus puissant actif financier national. Étape de la réingénérie de l’État, l’État du Québec lui-même, seul rempart national d’envergure, est peu à peu démantibulé, laissant le peuple québécois sans outils pour résister au pillage de nos richesses, de nos terres et de nos lacs.

Les Libéraux, enfin, ont opposé aucune résistance nationale, ont même encouragé et applaudi l’invasion canadian qui s’est approprié le 400e anniversaire de la fondation de l’Habitation de Québec, lieu hautement symbolique parce que premier établissement français permanent d’Amérique, pour en célébrer la fondation de l’État canadian, c’est-à-dire l’État qui nous opprime !

Les Libéraux se sont-il outragé lorsqu’on annonça joyeusement la reconstitution de la bataille des Plaines d’Abraham, funeste bataille s’il en fut une, pour commémorer haut et fort le début du règne de l’oppresseur sur notre nation ? Non. Au mieux, ils n’y assisteraient pas.  Et voilà maintenant que le CRLG ferme ses portes.

Après toutes ces offensives, que nous restera-t-il ? Comment pourrons-nous organiser la résistance nationale si l’on nous dérobe toute histoire et toute mémoire nationale ?

Il est inacceptable qu’il en soit ainsi. Je refuse qu’on me dépouille de mes biens. Je refuse qu’on me dépouille de mon histoire. Je refuse qu’on me dépouille de ma mémoire. Et par-dessus tout, je refuse de perdre mon âme. Le CDIQ est là pour ça.

22 juin 2009   

Ps : le Centre de documentation indépendantiste du Québec (CDIQ) est un organisme fondé par cinq indépendantistes de Québec, notre Capitale nationale. Son but : résister aux attaques contre notre nation par l’éducation et la formation de notre mémoire nationale, insistant sur le seul moyen qui existe pour sortir de cette impasse, l’indépendance du Québec.

 

 



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