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Par André
Parizeau,
Porte-parole du PCQ
Mi-août.
Michael
Ignatieff affirmait alors que son parti,
les Libéraux fédéraux, serait prêt pour des
élections à l'automne et qu'il n'étaitt plus question
de continuer à appuyer les Conservateurs de
Stephen Harper. Mais faut-il le croire ?
Celui qui a renié en janvier dernier l'engagement
de son prédécesseur , Stéphane Dion, par rapport à
une large coalition pour justement défaire Stephen
Harper, n'a plus vraiment de crédibilité.
Et puis, de nouveaux sondages furent rendus publics. Des sondages qui ne sont pas vraiment à l'avantage des libéraux fédéraux et qui font qu'on ne sait plus vraiment. C'est le retour à la case départ, pourrait-on dire. On pourrait aussi ajouter que plus cela change, et plus c'est pareil,
Michael Ignatieff n'arrive pas à soulever les foules, c'est clair. Pas plus ici, qu'ailleurs au Canada. C'est aussi le même homme qui, il y a à peine quelques années, n'hésitait pas à appuyer l'utilisation par l'ex-gouvernement de George W. Bush de la torture, soit disant parce que cela était nécessaire pour mieux défendre ... la liberté et les droits de la personne dans le monde. Il faut quand même le faire ! On en n'est déjà plus à une contradiction près.
Réglons d'entrée de jeu une question. Nous serions nous mêmes très contents de voir les libéraux fédéraux arrêter d'appuyer les Conservateurs. "Vivement la fin de leur règne", disions-nous nous-même le mois dernier, sur notre propre site Internet, alors que le gouvernement de Stephen Harper y allait une fois encore d'une de ses merveilleuses trouvailles, soit l'idée d'imposer un visa à tous les ressortissants mexicains en visite au Canada, pour mieux lutter qu'on nous dit contre le trop grand nombre de réfugiés politiques qui aboutissent ici. Advenant que les Libéraux décident finalement de changer leur position face aux Conservateurs, cela ferait automatiquement tomber ce gouvernement.
Aussi bien le Bloc québécois que le NPD ont peine à croire que les Libéraux fédéraux iront dans ce sens, et c'est bien normal quand on regarde de plus près comment ces mêmes Libéraux ont agi au cours des dernières années. Il reste que cela serait néanmoins, même avec tous les bémols à mettre vis-à-vis des Libéraux fédéraux -- et il sont nombreux -- une bonne nouvelle.
Selon le journal La Presse, déjà bien connu pour ses accointances avec les Libéraux, tant sur le plan fédéral que provincial, le gouvernement de Stephen Harper pourrait tomber dès la fin septembre, lors d'un vote sur une motion de censure. Ce qui voudrait dire que nous irions alors voter le lundi 9 novembre.
"Pas encore une autre élection", diront certains. D'autant que cela se fera au niveau fédéral, là où l'intérêt est souvent moins grand. De fait, personne ne peut encore dire ce qui se passera à travers le Canada, si nous devions une fois encore aller en élections. Les Conservateurs pourraient une fois encore réussir par s'en sortir. On ne peut l'exclure, même si cela serait plutôt décourageant. Surtout d'un point de vue du Canada anglais, car -- et il faut le dire -- ce sera une fois encore au Canada anglais, que cela se décidera d'abord et avant tout.
Advenant que les libéraux fédéraux finissent par l'emporter, avec un autre gouvernement minoritaire (ce qui serait la seule autre option plausible dans les circonstances), il ne faudrait pas pour autant croire que cela changerait forcément et pour autant grand chose à Ottawa car les différences entre les Conservateurs et les Libéraux fédéraux ne sont pas si importantes. Sous toutes réserves, l'espèce de "deadlock" qui caractérise depuis longtemps la scène fédérale, ne risque pas de disparaître. Cela fait partie des raisons qui rendent l'accession du QUébec à l'indépendance d'autant plus urgente.
De l'autre côté, et au moins, cela enverrait cependant un signal comme quoi la population, y compris au Canada anglais, n'endosse plus le genre de politiques auquel nous avons eu droit depuis l'arrivée au pouvoir de Stephen Harper. Ce serait au moins cela de gagné. Au Québec, cela fait déjà longtemps qu'on le sait et les plus récents sondages sont là pour le prouver.
Dans le contexte où il y aurait effectivement élections fédérales, et compte tenu justement du peu de différences entre les Libéraux et les Conservateurs, cela pourrait aussi ouvrir une opportunité au NPD pour justement faire la percée dont ils parlent depuis si longtemps, mais n'arrivent jamais à réaliser. Loin de nous l'idée de vouloir mousser plus qu'il ne le faut l'option NPD -- cela n'est pas vraiment dans notre tasse de thé. Il reste que cela nous changerait très certainement de l'actuel portrait politique au Canada anglais. Chose certaine, si le NPD se positionnait un peu plus clairement à gauche sur un certain nombre de dossiers et améliorait aussi sa position face au Québec (laquelle reste encore très déficiente), cela aiderait. Il faudra voir. D'autant que la tendance au sein de cette formation d'obédience social-démocrate est bien plus, depuis plusieurs années, vers la dilution de son programme social que le contraire.
Le tout récent congrès de cette formation politique, tenu à Halifax, fut à l'image de ce que transmet ce parti depuis déjà un bon bout de temps. Rien pour être vraiment motivant. Enfin ...
D'un point de vue plus proprement québécois, cette élection pourrait aussi avoir son utilité, dans la mesure où le Bloc Québécois réussirait bien sûr à tirer une fois de plus son épingle du jeu.
Depuis des années, et bien que les politiques mises de l'avant par ce parti soient le résultat de toutes sortes de compromis entre différents groupes et tendances, reflétant aussi les différences de classes dans notre société, au Québec, force est de reconnaître que le Bloc québécois (bien plus que le PQ, soit dit en passant) a quand même réussi avec le temps à défendre assez bien sur la scène fédérale plusieurs des grandes revendications des syndicats et des mouvements sociaux. Sa présence fait aussi en sorte qu'il y a une voix à Ottawa (la seule) pour défendre nos aspirations à l'indépendance nationale pour le Québec. Finalement, le Bloc Québécois, de par sa seule présence, fait aussi en sorte d'empêcher que les Conservateurs, aussi bien que les Libéraux fédéraux, n'aient trop de pouvoirs. Cela n'est quand même pas rien.
Personne ne peut nier non plus le fait que c'est le Bloc québécois qui empêcha d'abord et avant tout les Conservateurs d'obtenir une majorité au sein des deux derniers parlements à Ottawa.
À défaut de pouvoir compter sur une meilleure alternative (laquelle n'existe pas), cela explique aussi pourquoi, nous-mêmes, lors des dernières élections fédérales, appelions à voter pour le Bloc québécois, sauf exceptions, comme dans le cas d'Outremont, avec la présence de Thomas Mulcair du NPD.
Si élections fédérales il y aura, nombreux sont ceux et celles qui espèrent, y compris au sein du PCQ, qu'un maximum de députés et de députées du Bloc québécois se feront une fois encore élire. Face au pouvoir à Ottawa, et en attendant que le Québec devienne indépendant, toute autre option reviendrait, pensent-ils, à se tirer dans le pied.
Il faut en même temps espérer que des situations comme celles qui se produisirent lors du tout dernier round électoral au niveau fédéral, où la division du vote, entre le NPD et le Bloc, permit finalement de faire élire un Conservateur et/ou un Libéral, ne se reproduiront plus. On aura beau creuser tant qu'on veut au niveau de l'argumentaire, comme cela fut le cas la dernière fois, il n'y a vraiment rien qui pourrait justifier qu'une telle situation se reproduise encore, certainement pas en ce qui concerne le programme de l'une ou de l'autre formation que sont le NPD et le Bloc.
Un exemple : si le NPD et le Bloc avait fait front commun dans la circonscription de Portneuf - Jacques Cartier, à l'extérieur de Québec, la dernière fois, un peu comme les Conservateurs l'avaient fait vis à vis d'André Arthur, en ne présentant pas de candidat pour ne pas nuire à ses chances de se faire réélire, jamais ce populiste d'extrême droite n'aurait passé. Même chose dans Papineau, dans la grande région de Montréal; et Justin Trudeau ne serait pas député.
Si élections il y a, ce sera aussi l'occasion de revenir sur les dangers reliés au mot d'ordre d'abstention, tel que toujours véhiculé dans certains milieux anarchistes ou ultra gauchistes. Le PCQ, de manière générale, n'a jamais été très friand d'un tel mot d'ordre, y compris sur la scène fédérale, considérant plutôt cette tactique comme étant contre-productive et faisant surtout le jeu des forces politiques déjà au pouvoir.
Lors de sa prochaine rencontre, prévue pour le début du mois d'octobre, le Comité Central du PCQ fera le point sur tout cela, y compris par rapport à ce que devrait être, cette fois, notre propre consigne de vote, advenant bien sûr qu'il y ait effectivement élections le mois suivant. Voilà donc un autre dossier à suivre.
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"Vivement la fin du règne malsain des Conservateurs !" Cliquez ici pour lire un commentaire de notre camarade Gabriel Proulx et qui était publié sur ce site, le mois dernier