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Par André Parizeau (*)
Les
plus récentes révélations sur l'état du français à Montréal, notamment cette
enquête qui vient d'être rendue publique par le Journal de Montréal, met en
évidence la nécessité de resserrer les règles du jeu, au niveau de
l'application de la loi 101 dans les lieux de travail. Le milieu de
travail est un endroit privilégié pour assurer l'intégration des nouveaux
arrivants, mais la situation du français, dans les lieux de travail,
régresse au lieu d'avancer. Non seulement devrions-nous faire pression
collectivement pour que nos décideurs politiques à Québec se décident enfin
à élargir l'application de la loi 101 aux plus petites entreprises, mais les
règles devraient également être resserrées pour les plus grosses entreprises
aussi.
Depuis déjà un bon bout de temps, nombreux sont les organismes, y compris le PCQ, qui réclament que les plus petites entreprises soient désormais assujetties à la réglementation concernant l'usage du français au travail, telle que le stipule la loi 101. Cela pourrait toujours se faire par étape. L'important réside dans le fait d'avancer dans ce sens.
Comme nous le disions dans un communiqué émis à la suite de la publication du rapport Bouchard-Taylor sur les accommodements dits raisonnables :
"La commission Bouchard-Taylor suggère, à propos de la question de la défense du français, que le seuil d’applicabilité de la Loi 101 soit révisé pour désormais inclure les entreprises de 20 employés ou plus. Comme tous ceux et celles qui estiment déjà que la Loi 101 devrait, de fait, être renforcée, nous sommes bien sûr d’accord avec une telle recommandation. Qu’une telle mesure soit éventuellement prise, aiderait très certainement à la défense et à la promotion du français, ainsi qu’à la préservation de l’identité québécoise en Amérique du Nord."
"À propos d’une telle recommandation, on peut d’ailleurs s’attendre à ce que les lobbys anti-loi 101 finissent, une fois encore, par s’objecter à celle-ci."
"Une fois cela dit, on pourrait en même temps se poser la question suivante : les 19 autres employés restants, ceux et celles qui oeuvrent dans de plus petites entreprises de moins de 20 employés, ne devraient-ils pas, eux aussi, avoir un jour le droit de parler le français et/ou avoir également le droit aux mêmes services de l’État, de manière à mieux maîtriser cette langue ? Le français, ce devrait être la langue de travail POUR TOUS et TOUTES, et non pas juste en milieu de travail, dans les entreprises ayant 20 ou plus employés. C’est d’autant plus vrai qu’une langue de travail commune est très certainement un très puissant stimulant pour faciliter une intégration plus harmonieuse."
"Pour nous, la question du français comme langue commune dans les lieux de travail relève de la même logique que pour l’équité salariale : cela doit éventuellement s’appliquer à toutes les entreprises. Sans restriction. Autrement, cela voudrait dire qu’il y aurait, une fois encore, différentes classes de citoyens et de citoyennes, lesquels n’auraient pas forcément les mêmes droits. N’ayons donc pas peur d’avoir non seulement des revendications pour le court terme mais aussi une vision de l’avenir, par rapport à toute cette question … et n’ayons pas peur non plus d’en parler dès maintenant !"
"Il demeure en même temps évident qu’un Québec complètement indépendant aurait du même coup tous les outils pour véritablement défendre sa langue commune."
Comme le souligne également les syndicats depuis nombre d'années, les règles touchant à la plus grosse entreprises devraient également être resserrées parce même là, il y a aussi des reculs. Les syndicats insistent entre autres choses sur la nécessité d'obliger les entreprises à mettre sur pieds des comités paritaires de francisation, ainsi que sur la nécessité de leur donner plus de pouvoirs.
(*) André Parizeau était jusqu'à récemment le chef du PCQ. Lors du
XVIe congrès du PCQ, qui se tenait du 17 au 19 octobre 2008, un nouveau chef
du parti fut élu en remplacement de ce dernier; André Parizeau avait déjà
annoncé plusieurs mois avant qu'il ne demanderait pas un renouvellement de
son mandat lors de ce congrès, préférant laisser la place à la relève.
Celui-ci demeure cependant porte-parole principal du Parti. Le nouveau chef
est maintenant Francis Gagnon Bergmann.
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