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Par André Parizeau
Le rapport Grenier, qui avait le mandat de vérifier si
oui ou non il y a eu malversation dans le camp du NON, lors de la
campagne référendaire de 1995, aura finalement accouché d'une souris.
Il ne peut affirmer qu'il y aurait eu plus de de malversation,
ni conclure qu'Il n'y en a pas eu car, dit-il dans son rapport, le "paper
trail" ne serait plus disponible pour ce qui est des activités du groupe
Option Canada ainsi que du Conseil pour l'unité canadienne, deux groupes de
lobby qui furent particulièrement actifs durant cette campagne. Quant
au rôle que le gouvernement fédéral aurait joué dans toute cette affaire, il
affirme également qu'il n'avait tout simplement pas le mandat d'aller dans
cette direction.
Mais peut-on vraiment s'arrêter là ? Tout le monde sait
-- c'est en fait un secret de polichinelle -- que le fameux "love in" survenu
à Montréal juste avant le fameux vote de 1995 coûta une petite fortune.
Des dizaines de milliers de Canadiens et de Canadiennes furent transportées
gratuitement vers Montréal pour participer à l'événement, organisé tout
spécialement pour dire aux Québécois et aux Québécoises combien le Canada les
"aimait"... Tout le monde sait également que toute l'opération fut
décidée et orchestré au plus haut niveau, au sein du gouvernement fédéral, à
Ottawa; la chose est documentée et plusieurs anciens ministres fédéraux l'ont
confirmé y compris devant des caméras de Radio-Canada, pour une émission
spéciale produite par la chaîne de télévision d'État et portant justement sur
les dessous de cette fameuse campagne référendaire. C'est également un
fait reconnu que les dépenses encourues lors de cet événement ne furent
jamais comptabilisées dans le rapport du camp du Non.
Tout le monde sait également, ou se doute bien, que les
dépenses encourues lors de ce fameux "love in" ne furent que la pointe de
l'iceberg dans ce qui pourrait bien être un énorme scandale, aussi important
que celui des commandites. Mais on nous dit qu'on ne peut trouver de
preuves à cet égard ... La belle affaire !
Le rôle exact joué par le fédéral, ainsi que par les
politiciens fédéralistes de l'époque, tel que Jean Charest, continue à rester
nébuleux. D'entrée de jeu, le gouvernement Harper a rejeté l'idée d'une
commission d'enquête.
Le simple fait de refuser ainsi de faire toute la lumière constitue une
véritable gifle à la démocratie.
En fait, le fait qu'on soit toujours incapable de faire toute
la lumière, sur ce qui s'est vraiment passé à ce moment, il y a maintenant 12
ans, est en soi une honte et démontre une fois encore la vision pas mal
"élastique" de la démocratie que peuvent avoir plusieurs de nos politiciens.
Le moins qu'on puisse exiger, dans de telles circonstances,
c'est que toute la lumière soit faite sur cette histoire. Et tant qu'à
y être, le mandat d'une éventuelle commission d'enquête devrait également
fouiller ce qui s'est également passé avec le "paper trail" et toutes
les autres pièces, aujourd'hui disparues, mais portant sur les activités du
camp du NON. Notre dossier sur la question nationale Pour consulter un
dossier monté par Radio-Canada, et préparé à partir des révélations
contenues dans le documentaire "Point de Rupture"
Chef du PCQ
Le
premier ministre Jean Charest, qui était à l'époque vice-président du Comité
du NON, peut souffler. Il n'est pas mis en cause. Selon le juge à
la retraite, Bernard Grenier, il y aurait pour environ 500 000$ de dépenses
encourues par le camp du NON qui étaient illégale mais cela s'arrêterait là.
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