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Par André Parizeau
Devenir maîtres chez nous. Pendant des
années, cette idée fort simple a marqué l’imaginaire des Québécois et des
Québécoises. Force nous est cependant de reconnaître qu’il reste encore
beaucoup à faire avant d’y arriver et que les véhicules d’hier, pour se
faire, ont bien changé.
Cette idée de devenir maîtres chez nous était
au centre des grands bouleversements de la Révolution tranquille, dans les
années 60. Cela amena entre autres choses la création de l’Hydro Québec, de
la Caisse de Dépôt et de placement du Québec, la mise en place de
l’assurance-maladie, l’apparition des CEGEP ainsi que de l’UQAM, la mise en
place de la loi 101, et tant d’autres choses. Et encore aujourd’hui, cette
idée continue encore à soustendre bien des débats sur la scène politique,
même si elle est de moins en moins utilisée par les politiciens eux-mêmes.
Cela est particulièrement évident dans les élections présentes.
Un constat
Un tel état de fait n’est pas à proprement
parler surprenant. Autant le parti libéral a pu être au cœur de la
Révolution tranquille, tout au moins à ses débuts, autant cela fait belle
lurette que cet objectif de devenir maîtres chez nous ne fait plus partie de
son agenda politique. Quant à l’ADQ, on n’en parlera pas; cela n’en vaut
même pas la peine.
La création du PQ, à la fin des années 60, fut
intimement lié à ce même objectif dans la mesure où le PQ se définissait
justement, dans ces années-là, comme étant un nouveau véhicule qui allait
nous amener vers la réalisation de celui-ci. À plus d’un égard, et quoique
son nouveau leader, André Boisclair, puisse encore prétendre, le PQ n’est
cependant plus ce véhicule et il ne faut donc plus se surprendre du fait que
la campagne du PQ ait tant de misère à lever. Tout comme la campagne des
autres partis traditionnels, soit dit en passant.
Le principal slogan du PQ dans cette campagne
est : reconstruire le Québec. La belle affaire ! Qu’il faille parler de
reconstruction, cela saute aux yeux. Les gouvernements d’aujourd’hui
n’arrêtent pas de défaire ce que tant de générations avaient pourtant
travaillé si fort à construire. Le constats ne s’appliquent cependant pas
qu’aux libéraux. Après tout, et bien avant Jean Charest, c’est quand même
Lucien Bouchard qui parlait de déficit zéro.
Plus cela change, plus c’est pareil ?
Le PQ, tout au moins par la voix de son
nouveau chef, continue encore aujourd’hui à tenir le même genre de discours
que Jean Charest à propos de la réingénérie de l’État. Il est également
contre l’idée de la représentation proportionnelle, soit disant parce que
cela pourrait éventuellement affaiblir un gouvernement … dirigé par
lui-même. La stratégie du PQ pour relancer l’économie du Québec est tout
aussi anémique que peut l’être celle des libéraux; dans les deux cas, ils
continuent toujours à se fier aux grandes multinationales pour développer le
Québec, comme si l’avenir du Québec pouvait véritablement reposer sur ces
grandes entreprises asociales, immorales et apatrides, pour reprendre une
expression si chère à Michel Chartrand.
Même sur la question de la souveraineté, le PQ
semble de plus en plus jouer à cache-cache; alors qu’il s’agit pourtant de
l’article No 1 de son programme, il continue toujours à dire une chose un
jour pour dire le contraire l’autre jour. Est-ce vraiment là le meilleur
moyen pour devenir le plus rapidement possible maîtres chez nous ? Je ne
crois pas.
Québec solidaire : un nouveau véhicule
pour relancer l’espoir
Face à ceux qui pensent qu’il faudrait quand
même voter pour le PQ, je voudrais dire ceci : voter pour le PQ aujourd’hui,
c’est dans le meilleur des cas, accepter l’état des choses actuel. Sans
plus.
Si vous voulez du changement, si vous êtes
vraiment intéressé par la nécessité de reconstruire notre Québec, si vous
êtes frustré de voir et d’entendre toujours les mêmes choses de la part des
mêmes protagonistes, si vous êtes aussi choqué par le refus des télévisions
de permettre à Françoise David (et aux Verts) de participer au très prochain
débat des chefs, si vous rêvez d’un autre genre de politique qui sorte du
champ étroit de la langue de bois (pour reprendre une expression de Paul
Ahmarani), alors pourquoi ne pourriez-vous pas contribuer vous-même à
l’éclosion d’une telle nouvelle voix ? C’est possible.
… et qui sait faire preuve d’audace
Québec solidaire a l’audace et la
volonté d’aller là où les autres ne veulent pas aller :
Québec solidaire propose une stratégie
originale pour relancer le processus d’accession à la souveraineté du
Québec.
Québec solidaire est en même temps la seule
formation politique, présente sur le bulletin de vote, qui demande la
nationalisation du secteur des éoliennes. Même les Verts ne le font pas,
ce qui en dit d’ailleurs assez long sur la valeur du programme de ce
parti.
Seul Québec solidaire parle de la nécessité
de tendre vers l’élimination graduelle de tous les frais de scolarité.
Seul Québec solidaire prend la défense des
petits salariés en incluant, dans ses priorités, la hausse du salaire
minimum et l’augmentation des semaines de vacances (3 semaines après un
an).
Toutes les propositions de Québec solidaire
sont chiffrées et Québec solidaire offre en même temps des moyens concrets
pour financer chacune de ses propositions.
Québec solidaire est en même temps la seule
formation politique sur le bulletin de vote qui s’est engagée à abroger
les lois anti-syndicales votées par les libéraux au cours des quatre
dernières années.
Québec solidaire est également la seule
formation à présenter plus de 50% de femmes lors de ces élections.
Un dernier mot
Contrairement à ce que bien des gens peuvent
penser, il est tout à fait faux de dire qu’un vote pour Québec solidaire
sera, dans la plupart des cas, un vote perdu. Chaque vote qui ira à ce
parti, même dans les circonscriptions où nous ne pourrons nous faire élire,
contribuera néanmoins à bâtir la crédibilité et l’influence future de ce
parti. Ce sera un geste concret pour bâtir notre propre avenir et nous en
avons plus que jamais besoin !
C’est finalement pourquoi je me présente dans
la circonscription de l’Acadie et que j’ai accepté d’y mettre du temps.
C’est également pourquoi j’espère qu’il y aura un maximum de gens qui
voteront le 26 mars pour Québec solidaire à travers le Québec.
Le 13 mars 2007
Chef du PCQ et candidat
de Québec solidaire dans Acadie