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Par Guy Roy L’appel au
désarmement nucléaire lancé par les grandes mobilisations des années 80 (la
plus grosse manifestation de l’histoire des États-Unis avec un million de
personnes à New York) n’a pas été entendu pareillement selon les façons
d’exercer son pouvoir sur la planète. Il semble que pour y avoir répondu de
manière conséquente, mais pour le moins encore rêveuse, l’URSS ait payé le
prix fort de sa compétition avec les États-Unis pour l’hégémonie mondiale.
Elle est devenue une puissance de second ordre. Restent les
États-Unis qui n’ont cédé que sur leur équipement vieilli tout en restant
les maîtres de la «dissuasion» par l’ampleur de leur arsenal. L’exigence
récente des puissances développées pour un désarmement de la Corée du Nord
est fort douteuse. Une grande
partie du vaste mouvement populaire revendiquait le désarmement des plus
armées des pays, à savoir l’URSS et les États-Unis. La demande n’a pas été
entendue et le complexe militaro-industriel étasunien est demeuré la menace
majeure. À moins que le cumul des missiles, des bases militaires et des
conflits réellement engagés ne soit considéré comme inoffensif quand il
s’agit d’une superpuissance et qu’un danger soit tout à coup extrêmement
pressant, et exigeant une riposte de la diplomatie internationale, si on a
affaire à un État « voyou » dans la mire de Washington. Quelle disproportion
! Pour la plus
grande puissance de la terre, les États-Unis, le désir messianique de mettre
tout le monde devant ses contradictions peut finir par conduire ceux qui
sont pris pour cible, et leur allié-e-s, à une meilleure perspective sur
celles-là même qu’ils veulent camoufler chez eux. Qui croira
aux bonnes intentions de l’Empire quand celui-ci reconnaît avec complaisance
« le droit de se défendre » à Israël tout en niant ce droit à un pays qui, à
l’évidence, fait encore partie du Tiers-Monde et dont l’armement demande des
sacrifices énormes à une population de paysan-ne-s pauvres ? Désormais,
et conformément au désir exprimé par une large partie de l’humanité, pour un
avenir pacifique crédible, la course aux armements doit s’arrêter là où elle
a commencé et chez le seul État qui ait utilisé la bombe en toute impunité,
i.e. aux États-Unis. La soi-disant provocation de la Corée du Nord fait
figure de révélateur d’une lourde et effrayante tendance à accuser certains
pays de crimes qu’ils n’ont pas encore commis pour justifier les guerres
préventives. Les plus dangereuses des armes de destructions massives sont
entre les mains d’agresseurs qui veulent dissimuler des préparatifs
d’offensives entre eux ou contre un Tiers-Monde menaçant les rapports de
pouvoir sur la scène internationale et accusé, pour cette nouvelle
initiative, de tous les problèmes que l’évolution du monde contemporain
expose aux yeux de tou-te-s. Mais il sera difficilement admissible que ceux
qui pointent des ennemis un peu partout dans l’enceinte de l’ONU résolvent
ainsi leurs problèmes ou ceux du monde.
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