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Par Guy Roy,
Membre du Comité Central du PCQ

 

Quelle différence fera-t-elle cette chanson dans un pays en guerre depuis 7 ans ?

Le pacte de Varsovie, qui n’était pas une institution spécialement pacifiste, s’est démantelé. Une puissance hostile est donc tombée, mais ce n’était pas la principale. L’OTAN, qui n’est pas non plus une institution spécialement pacifique, reprend du galon en Europe et dans le monde. La IVième flotte US est remise sur pied pour surveiller l’Amérique du Sud.

À ce qu’on entend, 30 % du PIB étasunien serait consacré à la guerre. De l’Irak, on parle de se retirer pour mieux entrer en Afghanistan. Sans parler de tous ces autres qui affirment vouloir riposter à toutes les menaces vraie ou imaginaires.

On est décidément loin du souhait en faveur des reconversions des années 80 dans les vastes mouvements pour le désarmement nucléaire.

Alors, ces nationalistes québécois qu’ont-ils à dire à Sir Paul ? Leur petit clin d’œil est-il si scandaleux ? Bien sûr que non. Mais oublient-ils quelque chose ? Il me semble à moi qu’il serait aussi à propos de rappeler à Sir Paul dans quel esprit s’est déployé l’engouement pour les chansons des Beatles. Du moins pour ce que je me souviens.

La question restera du poids des chansons qu’elles soient britanniques ou toutes québécoises.

Demandez-vous bien quel sens prend une chanson à une certaine époque, et pas à une autre, et vous verrez bien que si elle reste, si elle s’installe dans la durée, c’est qu’elle a rejoint un sentiment populaire profond. Il n’y a finalement que nous, le peuple souverain dans les urnes ou dans la rue, qui puisse donner du poids aux chansons, qui finira par donner une « chance à la paix ».

On ne peut définitivement plus avoir confiance dans le discours militariste officiel dont ont fait la promotion au nom même de la paix et d’une démocratie fantoche enfoncée violemment dans la gorge du peuple afghan. On nous dit comme pour la Première qu’on y défend la liberté contre la dictature, qu’elle sera la dernière, qu’elle servira la cause des femmes et des enfants, … mais la paix s’en trouve ainsi remise à plus tard indéfiniment en attendant les autres mensonges qui serviront peut-être à attaquer l’Iran.

« Give peace a chance » peut tout aussi bien être chantée par l’armée rouge, les fanfares déambulant dans Québec, des groupes rock étasuniens ou chinois, … Et par tout ce qui grouille et grenouille au nom de la paix universelle et abstraite.

Demandez-vous bien, et demandez-le aussi à votre député : « Quand est-ce qu’on commence le retrait des armées aux frontières ?  Qui va vraiment « donner une chance à la paix ? » Les prières du Pape semblent fumée et les chansons de bien peu de poids.

Si les votes ne comptent pas, parce que les scrutins sont déjà dévoyés en faveur de la guerre, tous les partis, y compris le NPD, étant coalisés en faveur d’un éventuel recours aux armes à l’extérieur du Canada (les casques bleus sont oubliés depuis longtemps), si donc votre vote ne compte plus, il nous reste à tous la rue.

Je rêve de 250,000 personnes, résolues et conscientes de leur pouvoir, dans la rue pour donner du poids aux chansons. C’est un vieux rêve de l’humanité maintenant possible. Et il a la vie plus dure que les appels à la haine entre les peuples pour quelque motif que ce soit. Ces solides convictions populaires sont bien ancrées aux cœurs des peuples. Au Québec, en tout cas, tout aussi bien qu’ailleurs dans le monde, indépendamment des religions.

Les armes parlent trop fort, beaucoup trop fort, pour les puissants, ceux-là même qui refusent, en choisissant ces moyens, de donner accès à l’eau, au travail, à la santé, à l’éducation, au développement, aux droits humains, … alors que tous ces possibles sont déjà en place dans le monde. Il ne manque en fait qu’une franche volonté politique.

Qui vraiment d’autres que nous-mêmes « donnerons une chance à la paix ? »



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