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La décision largement médiatisée de l'ex ministre péquiste et ex-présidente de l'Assemblée nationale, madame Louise Harel, de finalement se rallier au Parti Vision Montréal en décevra plusieurs; d'autres n'en seront pas surpris outre mesure.  "Malgré ses qualités, son expérience, Louise Harel  n’est pas la candidate qu’il faut  pour sortir Montréal de la mauvaise passe qu’elle traverse actuellement", déclarait déjà, bien avant l'annonce de madame Harel, le militant bien connu -- et lui-même un ancien conseiller municipal --, Paul Cliche.

Ce qui suit est un texte, signé Paul Cliche, que celui-ci nous faisait parvenir dès la fin mai à propos du geste appréhendé de madame Harel, et qui fut également envoyé à de nombreux autres intervenants oeuvrant sur la scène politique.  Nous vous le présentons dans le but d'aider à la réflexion par rapport à ce tout dernier développement sur la scène municipale montréalaise.

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Malgré ses qualités, son expérience, Louise Harel  n’est pas la candidate qu’il faut  pour sortir Montréal de la mauvaise passe qu’elle traverse actuellement. Il ne faut pas oublier en effet qu’elle a été, en 2000 avec l’ex-premier ministre Bouchard et contre l’avis des principaux conseillers gouvernementaux, la principale architecte de la fusion forcée des 29 municipalités de l’île de Montréal en une mégaville qui a été en partie démembrée quatre ans plus tard.

Ce geste a déclenché la saga des chambardements qui a déboussolé et affaibli Montréal depuis. La principale erreur commise par le tandem Bouchard-Harel a été d’appliquer à la région de Montréal la politique de fusions de municipalités destinée à renforcer la plupart des capitales régionales du Québec. Au lieu d’instaurer un système de gouvernance métropolitaine qui aurait permis de pallier la fragmentation institutionnelle de la région, il a découpé cette dernière en trois blocs qui s’opposent depuis au lieu de se concerter (Montréal, Laval et la couronne nord, Longueuil et la couronne sud). Il a aussi créé un organisme de planification, la  Communauté métropolitaine de Montréal regroupant 82 municipalités, une sorte de  «club sélect pour maires» qui prend ses décisions à huis clos. 

Dans les années 90, un large consensus s’était pourtant dégagé pour  que la réorganisation de la vie de la cité et le management des grands réseaux publics soient pensés et réalisés à l’échelon de la région métropolitaine tout en maintenant les municipalités pour la gestion de proximité. C’est d’ailleurs la tendance que l’on observe dans la plupart des  grandes agglomérations urbaines en Amérique du Nord et en Europe depuis les années 1950, notamment à Boston dont la région métropolitaine compte 238 municipalités Des études ont aussi démontré, comme ça se produit à Montréal, que les politiques de fusions forcées étaient contre-productives puisque, loin de diminuer, les coûts des services augmentent et que ces derniers sont de moins bonne qualité, contrairement aux arguments de la ministre Harel en 2000.

On aurait pu alors faire l’économie de plusieurs fusions forcées et de leurs séquelles douloureuses. On aurait aussi pu mettre beaucoup plus d’emphase sur les modalités de la participation démocratique des citoyens. Sur le plan des structures, cette solution aurait pu signifier l’extension de la Communauté urbaine de Montréal à Laval, à la Rive sud ainsi qu’aux municipalités des couronnes nord et sud comprises dans la zone de recensement du Montréal métropolitain.

Certes, Mme Harel a raison quand elle critique la décentralisation qui a été effectuée à Montréal sous le gouvernement Charest. Mais il ne faudrait pas aller jusqu’à jeter le bébé avec l’eau du bain, car il faut se souvenir que cette opération n’a pas été effectuée pour rapprocher les citoyens des centres de décisions comme cela aurait normalement dû se produire. Mais si des pouvoirs trop étendus ont été aux élus des arrondissements potentiels c’était dans le but que ces derniers se servent de leur notoriété pour infléchir le choix de leurs concitoyens en faveur  de la mégaville lors des référendums de 2004; stratagème qui n’a d’ailleurs pas eu de succès puisque 15 ex-villes de banlieue se sont quand même défusionnées.

Les électeurs ne veulent pas, avec raison, appuyer Tremblay ou Labonté, mais plusieurs oublient  qu’il existe une alternative valable : Projet Montréal.

Paul Cliche, ex-conseiller municipal RCM à Montréal  

 

 



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