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Par André Parizeau
Chef du PCQ

Certaines organisations, se réclamant du communisme, rejettent ouvertement toute voie pacifique au socialisme et ridiculise la participation aux élections.  C'est aussi le cas de bien des organisations anarchistes.  Pour eux, les élections seraient une pure perte de temps.  Telle n'est pas notre opinion.

Nous sommes bien conscients des limites actuelles imposées par nos gouvernements sur le plan électoral; malgré certaines ouvertures, ces lois favorisent outrageusement les grands partis bourgeois, ceux-là mêmes qui dominent actuellement le parlement, que se soit à Québec ou à Ottawa.  Nous sommes également très conscients du fait que la bourgeoisie n'a jamais accepté facilement jusqu'ici, aussi bien au Québec, qu'ailleurs dans le monde, de céder tous ses pouvoirs et ses privilèges, au grand détriment du reste des gens.

Une fois cela dit, nous considérons l'idée, comme quoi la lutte électorale serait une pure  perte de temps, comme étant une déviation ultra gauchiste et une erreur importante.  On peut remonter aussi loin qu'on veut dans l'histoire, une telle attitude n'a jamais été, en général, le propre du mouvement communiste.  On peut même relire Lénine à ce propos, dans son fameux livre sur le gauchisme, une maladie infantile du communisme, pour s'en convaincre.

Parce que la violence est aussi, et le plus souvent synonyme de sacrifices et de misère et que c'est plus souvent qu'autrement le peuple (et non les bourgeois) qui en subissent les contrecoups, et parce que personne ne devrait souhaiter à première vue une telle situation, une transition pacifique vers le socialisme serait très certainement la voie la plus souhaitable.  C'est ce que nous souhaitons pour notre part.

Est-ce que cela sera nécessairement le cas ?  À cela, nous ne pouvons vraiment répondre parce que cela dépendra d'abord et avant de la manière dont la bourgeoisie réagira lorsque le peuple se décidera à prendre effectivement le pouvoir pour lui-même.  Cela dépendra également, et dans une certaine mesure, de la capacité des gens à se mobiliser et à développer le maximum de rapports de force face à la bourgeoisie.

Il y a quelques années, les États-Unis essayaient de renverser par un coup d'État le gouvernement démocratiquement élu d'Hugo Chavez.  Cela aurait pu virer comme au Chili, mais la conclusion fut finalement différente; le peuple descendit dans la rue pour exiger la libération de leur président, Hugo Chavez, et eut finalement gain de cause.  Encore, aujourd'hui, le gouvernement vénézuélien s'attend toujours à ce que les États-Unis tentent de répéter le même genre d'opération; il n'exclut pas non plus la possibilité d'une agression armée et mettent conséquemment l'accent sur la mobilisation populaire pour stopper toute nouvelle tentative de coup d'État ou d'agression contre leur pays.

En même temps, on ne peut faire abstraction de ce qui a pu se passer ailleurs.  Je fais référence ici, non seulement aux événements au Chili, mais aussi à des dizaines d'autres cas similaires, ailleurs dans le monde.

En d'autres mots, il ne s'agit pas d'une question simple.  Pour plus d'informations, vous pouvez également consulter notre programme politique, téléchargeable à partir de ce site.