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Première question : que pensez-vous de ceux et celles qui disent que la technologie autour de la voiture électrique ne serait pas encore vraiment au point ?  Est-ce que cela ne contredit pas ce que vous dites vous-mêmes ?

Un tel point de vue est contredit par de nombreux faits, ainsi que de nombreux témoignages en provenance de gens déjà largement impliqués dans le dossier.

On parle beaucoup du fait que les batteries actuelles ne donneraient au mieux qu'une centaine de km d'autonomie et que cela ne serait pas suffisamment.  D'entrée de jeu, on pourrait répondre qu'une centaine de kilomètres représente plus que ce que font une bonne partie des conducteurs actuels, à chaque jour.  On se demande bien, dans un tel contexte en quoi un tel degré d'autonomie serait en soi, et pour ces gens, un problème.  D'autant que les nouvelles technologies, d'ores et déjà en place pour les voitures électriques, prévoient que celles-ci puissent se recharger à partir d'une simple connexion électrique de 110 volts.

Si vous prenez la peine de regarder le documentaire "Who killed the electric car ?" (disponible sur YouTube), alors vous verrez qu'il existe également, depuis déjà plusieurs années, des batteries possédant une autonomie encore plus grande.

La Cleanova, qui est fabriquée sous license française, avec une technologie québécoise, a une autonomie encore plus grande, pouvant aller jusqu'à 150 km entre deux recharges.  La compagnie Zenn, qui oeuvre à St-Jérome, prévoit sous peu être capable d'équiper ses voitures avec des batteries qui pourraient atteindre une autonomie de 300 km entre deux recharges.  Elle aurait signé à cet égard une entente avec un fabricant de batteries du Texas, lequel utiliserait une nouvelle technologie plus performante et utilisant des ultra condenseurs.

Il faut de plus souligner qu'aucun de ces modèles n'utilise le moteur roue, qui est considéré comme étant encore plus économe, en matière d'utilisation d'énergie.  Hydro Québec possède toujours les droits sur cette technologie et possède même une voiture -- un modèle Intrepid --, qui roule avec un moteur roue, sur chacune de ses quatre roues et cela marche très bien.  Donc...

Finalement l'argument voulant qu'il faudrait mettre en place toute une infrastructure, le long des autoroutes, pour permettre les recharges de batteries, sur les longues distances -- ce qui pourrait s'avérer coûteux -- ne tient juste pas la route comme argument, puisque la plupart des véhicules (comme nous le disions plus haut) utilisent déjà une technologie "plug in" et se chargent donc avec une prise de 110.

***

Deuxième question : serait-il possible que le Québec n'ait pas vraiment les reins assez solides pour se lancer dans une telle aventure ?

L'argument n'est pas nouveau.  Quand le Québec décida de nationaliser l'électricité, bien des gens pensait qu'on allait alors se casser les dents sur le projet. Comme si on n'était pas assez bons pour être maître chez soi.

Si la Suède, la France, l'Allemagne, ainsi que bien d'autres pays d'Europe, ont leur propre industrie automobile,  Si Volvo, toujours en Suède, est déjà en train de développer son propre projet pour une voiture électrique, et si, au Pakistan, en Thaïlande, ainsi qu'en Chine, il existe également de nombreuses entreprises qui oeuvrent déjà au niveau du développement d'un tel véhicule, alors pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose, chez nous, en profitant de l'expertise qui existe déjà ici ?  Là encore, l'argument ne tient pas.

Troisième question : que pensez-vous de l'argument voulant que la voiture électrique ne soit qu'une partie de la solution à nos problèmes environnementaux et qu'il faudrait en fait aller encore beaucoup plus loin ?

Nous sommes d'accord avec un tel point de vue.  S'il fallait s'en tenir à simplement remplacer tout le parc de véhicules fonctionnant à l'essence par des véhicules électriques, ce serait certes un grand pas en avant.  Les émissions de CO2, en provenance de ces véhicules, comptent pour une bonne part pour l'augmentation des gaz à effets de serre.

Mais, si on est vraiment préoccupé par l'avenir de notre planète, alors on devrait chercher à aller encore plus loin.  On devrait également chercher à changer nos habitudes de consommation, ainsi que notre modèle de développement économique.  Dans les régions urbaines, on devrait, ainsi, et très certainement, favoriser beaucoup plus le transport en commun en lieu et place des véhicules individuels.  On pourrait assez facilement étendre les projets pilote (déjà en place dans certains endroits du Québec), et qui donnent accès aux transports en commun gratuitement, à l'ensemble des autres territoires urbains.  Ce serait un autre pas important dans la bonne direction.

Le développement de la voiture électrique doit faire partie d'un plan plus global au niveau du développement économique d'un Québec indépendant et socialiste dans le futur.



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