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C'est comme si on roulait à 200 à l'heure, droit vers un mur ...D'un côté, et envers et contre toute logique, le gouvernent Charest s'entête à prétendre que la formule retenue pour la construction et l'entretien du futur CHUM, consistant à donner cela au privé, finira par coûter moins cher aux contribuables.

De l'autre, ce même gouvernement reconnaît que les deux consortiums qui sont en liste pour obtenir le contrat, pourraient ne pas avoir les reins assez solides pour faire face à toutes leurs obligations financières face à un tel projet dont les coûts sont maintenant évalués à la rondelette somme de 2 milliards de dollars (soit le double de ce qui était originellement prévu; imaginez !  Et le pire c'est que les travaux n'ont même pas encore commencé...).

Et pour cela, le gouvernement Charest, via sa ministre des Finances, madame Monique Jérôme Forget, vient de reconnaître au sein de l'Assemblée nationale qu'il sera peut-être nécessaire de venir en aide, plus tard, au consortium qui sera éventuellement retenu (car ces deux consortiums auraient en plus certaines difficultés financières actuellement).

Mais où est la logique dans tout cela ?  Comment le gouvernement peut-il tout à la fois dire que la formule PPP sera meilleure pour le trésor public car c'est le privé qui continuerait selon eux à assumer l'essentiel des risques, et en même temps laisser entendre qu'ils sont déjà prêts à envisager que ce soit finalement le gouvernement qui garantisse les prêts que ces mêmes entreprises (qui sont supposées une fois encore d'assumer tous les risques) devront prendre ?

Au pire, de dire madame Forget, on utilisera la Caisse de dépôt !!!  Bien sûr...  C'est comme si on roulait à 200 à l'heure droit dans un mur et qu'on disait en même temps : tout est sous contrôle.

Une fois encore, on semble vouloir nous prendre pour des imbéciles...

« C'est une décision que nous dénonçons vivement », lançait plus tôt cette semaine la porte-parole de Québec solidaire Françoise David.   « Quel est l'intérêt pour le gouvernement de lancer cet appel d'offres alors qu'il semble se dégager un consensus allant des propres ingénieurs du gouvernement, en passant par des médecins et des éditorialistes, à l'effet que la construction du CHUM en PPP coûtera plus cher et sera inefficace ? »

« On se demande bien comment, en temps de crise, les consortiums retenus feront pour aller chercher du financement, à moins de cogner à la porte du gouvernement pour qu'il leur offre une garantie de prêt. » 

Une chose est sûre : les projets de PPP, comme celui du CHUM ne profiteront certainement pas aux contribuables qui devront vraisemblablement porter le fardeau du risque sur leurs   épaules.

« L'obstination du gouvernement à poursuivre sur la voie des partenariats public-privé tient de l'aveuglement idéologique.  Comment décrire autrement le comportement de ce gouvernement qui plutôt que d'abandonner les PPP devant les exemples de fiascos qui s'accumulent », s'est pour sa part interrogé le député de Mercier Amir Khadir. 

Pour Québec solidaire, il faut absolument obtenir du gouvernement qu'il mette immédiatement un moratoire sur tous les projets réalisés en partenariat public-privé, en commençant par celui du CHUM.  « Au lieu de gaspiller les deniers publics en contrats avantageux pour les promoteurs privés, le système de santé a plutôt un urgent besoin de fonds pour faire rouler ses salles d'opération et pour former des infirmières et des pharmaciens cliniques », de conclure Amir Khadir.

Le PQ s'objecte également au maintien de la formule PPP.  Cette formule est également dénoncée par le mouvement syndical dans son ensemble.



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