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Par André Parizeau ,
Porte parole du PCQ

Les récentes révélations à propos de certaines des décisions du PDG de l'Hydro-Québec, Thierry Vandale, font bien plus que de remettre en cause le bon jugement ainsi que l'avenir de ce haut fonctionnaire, à la tête de cette société d'État..

Ces révélations, de même que tout ce qu'on sait aussi par rapport au rôle joué par plusieurs des hauts dirigeants de la Caisse de dépôt et de placement du Québec dans les pertes de 40 milliards de dollars encourues l'an dernier par cette autre société d'État, de même que de nombreux autres scandales, tels celui entourant les dépenses extravagantes de l'ex PDG de la SODEC, Jean-Guy Chaput, ou encore le gaspillage de fonds publics au niveau des différentes sociétés municipales à Montréal, et j'en passe, tout cela ne peut faire autrement que de mettre à l'avant plan toute l'urgence qu'il y aurait à faire un grand remue ménage dans toutes ces entreprises.

Il faudrait du même coup changer aussi, de fonds en comble, la manière dont nos sociétés d'État sont gérées.

Le PQ a officiellement demandé la tête de Thierry Vandale.  Il nous semble, selon nous, qu'il  faudrait en même temps aller beaucoup plus loin.  Non pas qu'on ne devrait pas demander la tête de de ce haut fonctionnaire.  Oh que non !  Contrairement à ce que peuvent prétendre le reste des membres du Conseil d'Administration de l'Hydro-Québec, le bilan de Thierry Vandale n'est qu'une succession de gâchis, de scandales et de décisions stupides.  Oui, celui-ci devrait partir et il devrait partir tout de suite.  Sauf que cela ne devrait pas s'arrêter là.  Bien au contraire.

Si demain matin, nous devions nous retrouver à la tête d'un nouveau gouvernement, en alliance avec le reste des forces de gauche, sous le parapluie de Québec solidaire, c'est carrément une mini révolution qu'il faudrait, selon nous, faire au niveau de ces fameuses sociétés d'État.

Cela s'impose d'autant plus que nous sommes nous mêmes de ceux et de celles qui insistons pour dire que nos sociétés d'État devront forcément jouer un rôle important dans le Québec de demain, de manière à ce qu'on devienne véritablement "maîtres chez nous".  D'où l'importance qu'il y a à s'assurer que la société québécoise ait en même temps vraiment le contrôle sur ce qui se passe au sein de ces entreprises.
 

Premier constat :  mais que font donc  les Conseil d'administration, au sein de nos sociétés d'État  ? ...

Revenons, si vous le voulez bien, au cas de Thierry Vandale.  Puisqu'on sait aujourd'hui, que ses "erreurs de jugement" ne datent pas d'hier, on pourrait se demander comment il se fait que personne, au niveau du Conseil d'administration (CA) de l'Hydro-Québec, n'ait même jamais sonné l'alarme par rapport à ce qui pouvait se passer au niveau de ces centaines de milliers de dollars, octroyés dans des conditions qui, pour ne pas dire plus, auraient dû être remis en cause ...  Pourtant personne ne l'a fait.  Pire, puisque tous ces gens, au sein du CA de l'Hydro-Québec, continuent encore à protéger Thierry Vandale, envers et contre toute logique.  Faudrait-il en conclure que tout le CA d'Hydro-Québec avait endossé ces décisions ?  La question mérite d'être posée.

Selon une dépêche en provenance du journal Les Affaires, datée du 21 août, le CA d'Hydro-Québec continuerait à considérer le bilan de Thierry Vandale comme étant "remarquable" et réitérait également "sa confiance totale" envers ce PDG.  Wow !

Quand on songe que c'est sous la gouverne de ce "remarquable" PDG que le projet de voitures électriques (avec le fameux moteur-roue) fut définitivement enterré et que c'est également sous sa gouverne qu'on apprenait en janvier dernier -- c'était bien avant que toutes ces histoires d'octroi ne fassent même surface -- que 10 cadres supérieurs s'étaient fait rembourser par Hydro-Québec plus de 400 000$ de frais de représentations divers en seulement deux ans, avec très peu de justifications ou pas du tout.  C'est aussi ce même personnage qui refusait aussi, il n'y a pas si longtemps encore, au vérificateur général du Québec le droit de fouiller dans les dossiers de la Société, suite à la publications de possibles fraudes pour lesquelles Hydro-Québec aurait pu être impliquées, via une de ses filiales internationales, dans une affaire de ventes à l'étranger ...  De là à concevoir que cet homme pouvait considérer Hydro-Québec comme sa propre "propriété", il n'y a qu'un pas.

Le cas de Thierry Vandale est patent, mais il est en même temps loin d'être le seul à agir de la sorte.  Qu'on pense seulement à la manière désinvolte (son attitude était en même temps carrément insultante et Amir Khadir eut 100% raison de le prendre à partie l'hivers dernier à ce propos) avec laquelle Henri-Paul Rousseau, l'ex-PDG de la Caisse de dépôt et de placement du Québec géra pendant des années notre bas de laine collectif.

La première conclusion à tirer de toutes ces histoires consisterait à revoir la façon dont tous ces dirigeants, incluant le président de chacune de ces sociétés, devrait être désormais choisi.  Chose certaine, il serait très certainement utile d'avoir un peu plus de représentants et de représentants des syndicats ainsi que des autres mouvements communautaires et populaires, et par voie de conséquence, avoir en même temps un peu moins de représentants des milieux des affaires, ainsi que des cercles s'y rattachant.  De manière générale, c'est presque toujours à partir des milieux d'affaires que sont choisies les dirigeants des sociétés d'État, à moins qu'ils n'aient déjà été promus,  à titres de dauphins, à travers tous les échelons de la hiérarchie de ces Sociétés.

Encore aujourd'hui, il n'y a toujours qu'un (1) seul représentant du monde syndical au CA de la Caisse de dépôt et de placement du Québec; il s'agit de Claudette Carbonneau, représentant la CSN.  La FTQ, qui avait l'habitude d'y être représentée, n'y est plus depuis le départ d'Henri Massé à la tête de la centrale, cela fait déjà plusieurs années.  Tant qu'aux autres regroupements ou mouvements populaire ou communautaires, ils ne sont tout simplement pas là.  L'ensemble des 11 autres membres du CA de la Caisse viennent tous et toutes, soient du monde des affaires, et plus spécifiquement du monde de la finance, ou encore d'un autre secteur de la haute fonction publique.  Cela non plus n'a pas d'allure.

Le constat est d'ailleurs le même du côté d'Hydro-Québec, à une différence près.  Il n'y a même pas, dans ce cas-ci, un seul représentant du monde syndical.  Encore moins du côté communautaire.  Par contre, on retrouve, entre autres, et digne représentant du monde patronal, un vice-président de la désormais célèbre ... Power Corporation.  Soit justement là où le désormais tout aussi célèbre Henri-Paul Rousseau est maintenant rendu.  Tiens, tiens...

En passant aussi, le nouveau dirigeant de la Caisse de dépôt, Robert Tessier, était lui aussi lié à Power Corporation, juste avant d'être finalement promus à la direction de la Caisse.
 

Deuxième constat : établir des règles beaucoup plus claires

Le mandat, ainsi que la mission, de chacune de ces sociétés d'État devrait aussi être révisées, et les dirigeants de ces sociétés tenus de respecter ces grands principes, à défaut de quoi ceux-ci pourraient être relevés de leurs fonctions.

Chaque Société d'État devrait également avoir des codes d'éthiques, y compris en ce qui concerne la manière de subventionner des organismes, des événements, etc.  Certaines sociétés en ont déjà, mais d'autres n'en ont toujours pas.  C'est le cas d'Hydro-Québec.

Il devrait en même temps être interdit à une société d'État de garder, au delà d'une certaine période, une situation où une bonne partie des sièges du Conseil d'administration resterait vacants (comme cela fut le cas à la Caisse de dépôt, jusqu'à ce que le scandale des 40 milliards de dollars de pertes, n'éclate).
 

Troisième constat : l'importance de la transparence

Parce que ces dirigeants gèrent en notre nom des milliards de dollars, qui nous appartiennent, à nous, collectivement, et non à eux seuls, il serait tout aussi urgent de s'assurer que ce qui se passe à la direction de ces sociétés soit sujet à un maximum de transparence et qu'il y ait également beaucoup plus de contrôle.

Parlant justement de la nécessité d'avoir plus de contrôles et aussi plus de transparence, on pourrait ainsi obliger ces hauts dirigeants à rendre publics non seulement la rémunération qu'ils s'octroient, mais également tout ce qui touche aussi aux divers avantages non directement monétaires dont ils peuvent bénéficier, ainsi que le total de leurs frais de représentations (comptes de dépenses, etc).  Il faudrait en même temps savoir, à chaque fois, le nombre de personnes impliquées.

Il faudrait également qu'il y ait des comptes rendus régulièrement de l'ensemble des sommes alloués et/ou dépensés, mais non directement associées aux opérations de la société (ex: ces fameuses subventions accordées).

Le bureau du Vérificateur général du Québec devrait aussi être capable d'enquêter sur chacune de ces sociétés d'État, comme il peut déjà le faire avec chacun des différents ministères, au sein du gouvernement.

Ces dirigeants -- surtout quand ils dirigeant de grosses sociétés comme Hydro-Québec ou la Caisse de dépôt qui brassent des milliards -- devraient également être tenus de venir, à intervalles régulier, devant l'Assemblée nationale pour s'expliquer et répondre aux questions.  Avoir à se battre pendant des semaines avec le gouvernement, juste pour avoir le droit de poser des questions à ces dirigeants, comme cela fut le cas l'hivers dernier dans le cas de la Caisse de dépôt et de placement, n'est pas normal.
 

Quatrième constat : imposer aussi les principes de la redevabilité

Chacun de ces dirigeants devrait également devenir redevable devant le reste de la société.  Concrètement, et advenant le cas par exemple, que tel ou tel dirigeant serait impliqué dans un quelconque scandale et n'aurait plus la confiance du gouvernement et/ou de l'Assemblée nationale, ceux-ci devrait être capable de mettre fin à leur contrat.

L'idée voulant que ces dirigeants puissent demeurer à l'abri de toutes formes de pression, sur le plan politique, ne fait juste pas de sens.  Les députés à l'Assemblée nationale, ainsi que le gouvernement, ont été élu pour gérer les affaires du Québec.  Il n'y a donc pas de raison pouvant justifier qu'on ne pourrait conséquemment intervenir plus directement dans les affaires de ces Sociétés qui, faut-il le rappeler, nous appartiennent.  Si ces dirigeants ne font plus l'affaire, on devrait pouvoir leur dire : bye bye.  Sans avoir à attendre inutilement la fin de leur contrat, ou encore avoir à défrayer de grosses sommes pour briser leur contrat.

Ces fameux contrats devraient tous contenir, en même temps, des clauses permettant au gouvernement d'annuler le versements des indemnités de départ dans les cas de malversations, de bris des règles établies, ou encore de très claire mauvaise gestion de leur part.

Lorsqu'un travailleur ou une travailleuse est pris par son employeur, à faire quelque d'illégal, et que cette personne est ensuite congédiée, il est alors plutôt rare qu'on lui donne en surplus un an ou deux de salaire.  La même chose devrait s'appliquer aux dirigeants de nos Sociétés d'État.
 

Cinquième constat :  il faudrait aussi renverser l'ordre de la pyramide, au niveau de la gestion interne, au sein de ces entreprises

On pourra ajouter autant de règles et de mécanismes de contrôle qu'on voudra, mais si on ne s'attarde pas en même temps, à changer la manière dont ces grosses sociétés sont gérés, on risquera fort, à terme, de frapper d'autres murs.

Selon nous, il faudrait, et en surplus de tout ce qui vient d'être dit, carrément renverser l'ordre de la pyramide, au niveau de la gestion interne de toutes ces entreprises et changer tous les modèles de gestion.  Cela devrait s'appliquer non seulement aux sociétés d'État, mais aussi aux entreprises privées.  Mais pourquoi ne pas justement commencer avec ce qu'on contrôle plus directement ? Soient justement les Sociétés d'État.  Ce serait un bon point de départ.

Parmi les nombreuses résolutions qui furent votées, lors de notre dernier congrès, qui se tenait en octobre 2008, il y en a une qui parlent de l'importance de mettre en place, dans chaque milieu de travail, des comités de travailleurs.  Selon cette résolution, il faudrait aussi revendiquer :

 




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