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Par André Parizeau,
Porte parole du PCQ

Gorgés de nouvelles promesses pour mettre encore plus de milliards au sein du système financier, assujetties à toutes sortes d'autres promesses pour mieux réguler le système financier international (on verra bien jusqu'où ces réformes iront cependant), hier tous les principaux leaders du monde pavoisaient au sortir de la rencontre du G20, y compris Stephen Harper, à propos de cette grande unanimité qui aurait soudainement fait place aux différences d'hier .  C'est comme si tout le monde était maintenant devenu beaux et gentils et qu'il n'y avait plus à s'en faire et que le capitalisme avait finalement réussi à se réformer, tout seul et de lui-même

Nulle part n'est-il en même temps fait mention de la nécessité de changer en profondeur le système.  Bien au contraire. L’objectif proclamé par les Vingt dans l’introduction de leur déclaration finale est on ne peut plus clair : « Nous pensons qu’une économie ouverte fondée sur les principes du marché » est le moyen d’assurer « une globalisation soutenable ».

Cette phrase, à elle seule, met en lumière l'impact assez limité que devrait avoir tout le train de mesures et de promesses autour desquelles ces leaders se seraient entendues.  Bien que bien des commentateurs aient multiplié leur certitude -- ne le font-ils pas à chaque fois, en passant -- à propos du fait qu'il s'agissait bien plus que d'un seul exercice de relations publiques, ce n'est pas trop convaincant.

Personne ne peut, en tant que tel, être contre l'idée de chercher à remettre de l'ordre dans le système financier international.  Même chose en ce qui à trait aux paradis fiscaux. Il reste en même temps à vérifier jusqu'où les belles intentions d'hier pourront se concrétiser. Pour notre part, et en parlant toujours des paradis fiscaux, il faudrait plutôt et carrément les interdire.  Face à tous les escrocs qui ont cherché à se faire les poches, tout en sachant que cela mettrait l'ensemble de l'économie mondiale sur le cul, il me semble également qu'on devrait être pas mal plus sévère qu'on l'est présentement.



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Le problème avec ce dernier sommet, qui se tenait à Londres, c'est que la mécanique du système en ressort encore préservée et qu'il n'y a finalement que très peu de choses vraiment concrètes sur lesquelles on puisse vraiment compter.  On a beau chercher, en même temps, à nous réconforter en nous disant que tout cela ne serait qu'un début et qu'il y aura encore un autre ... sommet en septembre prochain, mais on voit mal comment cela pourra aider, entre temps, tous les chômeurs, les travailleurs, les travailleuses et tous les déshérités à travers toute la planète, à passer au travers de toutes les embûches qui sont déjà en train de se dresser devant nous.  Tous les mots et toutes les plus belles promesses d'un monde meilleur, surtout quand cela vient de politiciens dont on sait qu'ils se foutent dans le fonds éperdument de nous, ne pourront jamais remplacer le pain et le beurre  dont tout le monde a toujours besoin.

Bien des gens, à travers la planète commencent à unir leurs voix pour exiger une remise en cause beaucoup plus en profondeur des règles soustendant le système capitaliste.  Cela va en même temps dans le sens d'élargir encore plus les règles de la démocratie, y compris et jusqu'au sein des cercles de la haute finance internationale.  En lieu et place d'une telle perspective, on assiste bien plus à la préservation du vieil ordre économique, tout en nous promettant que plus jamais on ne revivrait ce qu'on vient juste de vivre.  Mais n'était-ce pas justement ce que les gouvernements bourgeois promettaient à nos grands parents, au sortir de la Grande Dépression des années 30 ?

Le soir même de la clôture de ce sommet, souligne le reporter du journal communiste français, l'Humanité, qui était sur place, "les traders britanniques sabraient le champagne" et "la Bourse de Londres bondissait à l’annonce des conclusions du G20". Pourtant la City de Londres est elle-même l’un des plus grands paradis fiscaux du monde. C'est tout dire.

 



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