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Par André Parizeau
Chef du PCQ

 

Tout le monde a encore, frais à sa mémoire, le cas de la GM qui, après avoir empoché des centaines de millions de dollars du fédéral et du provincial, a fini par fermer ses portes à Boisbriand, pour ensuite ... tout raser.

Au moment même où la hausse du huard menace à nouveau d'entraîner toute une série de nouvelles fermetures d'usine, à travers le Québec, les pressions se font nombreuses, y compris du côté syndical, pour demander que les différents paliers de gouvernement accordent plus d'aide aux entreprises, notamment au niveau du secteur manufacturier.

Mais personne ne songe en même temps à lier de telles propositions d'aide à ce que les bénéficiaires de cette aide soient tenus, par la suite, de maintenir les emplois, grâce à des engagements fermes de leur part.  C'est comme si on n'apprenait pas de nos erreurs...  C'est dommage.

La chose ne serait pourtant pas si difficile à instaurer.  En fait, cela reviendrait à appliquer aux entreprises les mêmes règles auxquelles monsieur et madame tout le monde doivent déjà faire face quand ils vont à la banque pour faire un emprunt.  Tous les propriétaires de maison le savent. Si après avoir contracté une hypothèque, vous n'êtes soudainement plus capable de faire face à vos obligations, quelques soient les raisons, alors, et à défaut d'une entente, vous avez toutes les chances de vous faire saisir ultimement votre maison.

C'est comme cela que cela marche ... sauf si vous êtes une entreprise et que vous avez le bras long.  D'autant que vous pourrez également, le cas échéant, reporter la paiement de vos impôts, à supposer que vous ayez effectivement des impôts à payer.  Ce que monsieur et madame tout le monde ne peuvent, encore une, fois faire eux-mêmes.

Tout cela ne fait juste pas de sens.  C'est pourquoi, nous disons que toute offre d'aide à l'entreprise privée devrait nécessairement être assujettie à des très règles beaucoup plus strictes, à propos du maintien future des opérations, ainsi que de la protection des emplois.  Autrement, cela reviendrait tout simplement à fournir, une fois encore, encore plus de cadeaux à ces gens ...

Idéalement, et si toutes ces entreprises étaient sous propriété publique et collective, il n'y aurait pas vraiment de problème.  Nous aurions également pas mal plus de possibilités pour s'assurer d'un contrôle plus grand aux niveau des opérations de ces entreprises.  Nous n'en sommes pas là.  Pas encore !  Mais au strict minimum, et puisqu'il s'agit -- ne l'oublions pas -- de fonds publics en même temps que de notre propre avenir, en tant que société, mais que nous ne contrôlons justement pas encore toute notre propre destinée à cet égard, nous aurions certainement avantage qu'il y ait un peu plus de règles.

Cela est d'autant plus vrai que l'entreprise privée, y compris dans le secteur manufacturier, a toujours été choyé jusqu'ici par les divers programmes d'aide des différents gouvernements.  Pendant des années, elle a aussi abondamment profité du fait que le huard était alors beaucoup plus bas.  Et qu'a-t-elle alors fait ?  En a-t-elle profité pour plus investir ?  Non.  Pas Vraiment.  La priorité consistait alors à garantir le maximum de dividendes à ceux et à celles qui possédaient justement ces entreprises, sans autre égard à ce qui pourrait éventuellement arriver.

Pourraient-elles encore être tentées d'agir de la même façon dans le futur, y compris comme GM a pu le faire  ?  Rien ne laisse présager que ces entreprises seraient soudainement devenus des "citoyens" plus responsables.  De toutes façons, ce ne sont pas des citoyens.  Simplement des machines à faire des profits pour leurs propriétaires.  Sans plus.  À nous donc d'être plus intelligents !  En attendant qu'on devienne un jour véritablement maîtres chez nous ...

 



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