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Par André Parizeau
Porte parole du PCQ

C'est comme sans fin.  Voilà maintenant Alcan qui menace de fermer une de ses usines au Saguenay.  Sept cent emplois seraient menacés.  Alcan prétend ne pas vouloir remettre en cause ses obligations vis à vis du gouvernement du Québec.  Si c'est le cas et si Alcan devait quand même fermer, cela voudrait alors dire que ces fameuses ententes ne valaient finalement pas grand chose.  Le pire dans tout cela, c'est qu'Alcan, tout en menaçant de fermer, peut continuer à profiter de nos cours d'eau pour vendre à bon prix de l'électricité avec notre eau.  Et que fait donc Jean Charest ? Que fera-t-il si jamais Alcan devait mettre à exécution cette rumeur de fermeture ?

La menace de fermeture n'est pas encore confirmée, mais elle n'en est pas moins assez sérieuse pour qu'on ose poser toutes ces questions à nos politiciens à Québec.

C'est d'autant plus insultant qu'Alcan a reçu maintes subventions des deux paliers de gouvernements que sont Ottawa et Québec.  Supposément qu'une entente signée avec le premier ministre Jean Charest devait garantir le maintien des emplois au Québec.  Faudra voir.

C'est aussi insultant parce qu'Alcan profite toujours d'un privilège qu'à peu près personne d'autre n'a, à savoir le fait qu'Alcan possède toujours ses propres barrages, produisant sa propre électricité.  Ces barrages produisent d'ailleurs plus d'électricité qu'Alcan en a elle-même besoin, ce qui lui permet d'ailleurs de prendre notre ressource et de se faire de l'argent avec, puisqu'Alcan agit aussi en tant que revendeur d'électricité.

Un gouvernement qui se tient debout ne laisserait pas faire de telles choses.  Il prendrait, si besoin est les moyens de faire entendre raison à ces multinationales.  Et à défaut de les "convaincre" d'agir autrement, il sortirait alors le bâton, un peu comme vient d'ailleurs de le faire le premier ministre Dany Williams, à Terre Neuve.  Si Terre-Neuve peut le faire, alors nous pouvons aussi le faire.

Récapitulons les faits. À peine quatre jours après l’envoi d’un courriel enjoignant à la compagnie de « rendre sur le champ leurs droits sur toutes leurs ressources dans la province », et réagissant à l'annonce par cette compagnie qu'elle allait fermer dans la province une de ses usines, le premier ministre Williams déposait sans plus attendre un projet de loi expropriant d'un seul coup tous les droits de coupe de bois et d’utilisation des ressources hydro-électriques de l’usine de papier de Grand-Falls-Windsor.

L’Assemblée législative de la province, l’opposition inclus, parait-il, se serait alors levée comme d’un bloc pour ovationner le premier ministre et appuyer le projet de loi...

 

 



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