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Les libéraux de Jean Charest reportent finalement aux calendres grecques leur promesse de réformer le mode de scrutin en introduisant un élément de proportionnelles.  Tel est ce que vient en effet d'annoncer, en substance, le ministre Pelletier, responsable de la réforme.

Officiellement, le gouvernement prolonge pour une période indéterminée le processus de consultation et souligne en particulier qu'il veut obtenir le point de vue du Directeur général des Élections du Québec (DGEQ).  Dans les faits, il s'arrange surtout pour que toute cette réforme finisse par ne jamais voir le jour.  Dans une déclaration émise par le ministre, celui-ci insiste pour prolonger encore plus les consultations alors qu'on était déjà en attente d'un quelconque développement depuis six mois.  Dans sa déclaration, le ministre s'arrange en même temps pour ne jamais prendre position sur aucune des multiples questions toujours en suspens, telle que la nécessité ou non d'une représentation proportionnelle basée sur les résultats nationaux (ce que les milieux de gauche appuient en général), versus une représentation basée sur les résultats régionaux.

Tout cela fait dire à Paul Cliche, un des grands spécialistes de cette question et un membre bien connu de Québec solidaire, que tout cela permet maintenant aux libéraux de pouvoir envisager la prochaine ronde électorale sans avoir à courir le risque de se faire interpeller sur cette question de la proportionnelle.  Ils pourront toujours dire qu'ils attendent encore la finalisation de tout le processus de consultation.  Il est aussi possible que les libéraux soient éventuellement relégués sur les bancs de l'opposition, avec les élections qui s'en viennent.  Quand on sait que le PQ a déjà affirmé (via son vice-président Francois Rebello) que toute cette question n'est pas dans ses priorités -- la position officielle du PQ consiste à dire que tout cela devrait être reporté après l'accession du Québec à l'indépendance --, on peut en conclure que le tout a donc bien des chances d'accumuler encore plus de poussière pour, au moins, quelques années de plus.

"Il n'y a aucun délai de fixé pour que le tout revienne devant l'Assemblée nationale sous forme de projet de loi," affirme Paul Cliche. "Est-ce qu'on "brettera" encore bien des années comme on l'a fait depuis trois ans et demi ?", comme conclut Paul Cliche. Tout semble l'indiquer.