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www.pcq.qc.ca - Parti communiste du Québec (PCQ) Dernière mise à jour : |
Par André Parizeau Hier, par un vote majoritaire très clair, les députéEs à la
Chambre des communes ont finalement refusé de rouvrir le dossier du mariage
entre membres de couples de même sexe, battant ainsi en brèche ce que
Stephen Harper avait lui-même établi comme étant une des grandes priorités
de son mandat. Quoique nous ne nous faisons aucune illusion quant aux idées et objectifs
défendus par la très grande majorité de ces députéEs de la Chambre des
communes, voilà enfin une bonne nouvelle. Ce qui est plutôt rare quand
on parle de la Chambre des communes. Gageons que le nouveau leader des libéraux, Stéphane Dion, ne manquera
pas une occasion à l'avenir de s'accaparer pour lui-même tout le crédit de
l'événement puisque la plupart des députés libéraux ont finalement voté
contre la motion des conservateurs. Lui qui n'a pas hésité à nier plus
d'une fois un droit aussi démocratique que le droit d'un peuple à
l'autodétermination, aime bien de tant en tant se draper de mots sur le
respect des droits démocratiques. Cela va avec le personnage.
Quelques jours seulement après son ascension comme nouveau chef du parti
libéral, cela adonnait bien. L'avenir jugera. Pour Stephen Harper, voilà cependant une rebuffade de plus. Tout
cela semble en même temps indiquer combien son gouvernement contrôle de
moins en moins la situation à Ottawa. Cela sent de plus en plus les
jeux de coulisse et, bien sûr, les élections ... Les rebuffades se multiplient en effet Il y a déjà quelques semaines, les conservateurs avaient également dû
baisser pavillon par rapport à leur projets visant à renforcer l'appareil de
répression de l'État en matière de contrôle de la criminalité. Et à
peu près au même moment, ils s'étaient également fait battre dans le dossier
de la loi anti-scab. Des dispositions pour interdire l'utilisation de scabs
lors de conflits de travail, au niveau des secteurs sous compétence
fédérale, font maintenant partie intégrante du code du travail fédéral.
Tout comme cela existe depuis déjà 30 ans au Québec. On s'attend d'autre part à ce que les conservateurs de Stephen Harper se
fasse éventuellement battre sur le dossier de Kyoto quant celui-ci reviendra
au feuilleton. Harper a pu gagner un peu de temps à la suite d'un
accord avec le NPD sur cette question mais ce n'est que partie remise selon
la plupart des spécialistes. Finalement, le gouvernement pourrait
tomber au moment de l'adoption du prochain budget, cet hivers. Toujours pareil à eux-mêmes Prenant acte de cette toute dernière défaite, le premier ministre Stephen
Harper a alors promis de ne plus jamais tenir de vote sur le sujet, même
s'il devait un jour former un gouvernement majoritaire. Il est plutôt
ironique de voir ainsi le premier ministre à la fois concéder sa défaite,
tout en ajoutant tout de go, comme pour amoindrir en même temps la portée de
sa déclaration, qu'il ne reviendra pas sur ce dossier, même s'il devait un
jour former ... un gouvernement majoritaire. Comme si son parti
pouvait vraiment considérer la possibilité de former un tel gouvernement,
compte tenu de l'état actuel des aspirations des électeurs et des
électrices. Comme bel exemple de pelletage de nuages, on pourrait
difficilement faire mieux ... Tout comme Stéphane Dion, Stephen Harper essaie à son tour de récupérer à
son compte une situation qui lui était, au départ, défavorable. Voilà
bien le propre de politiciens bourgeois. Le vote d'hier faisait suite à un autre vote, tenu en 2005 qui avait
légaliser les mariages entre conjoints de même sexe. Ce premier vote
pour reconnaître aux couples de même sexe des droits similaires à ceux des
couples hétérosexuels ne s'étaient pas fait sans heurts. Cela avait en
effet pris au moins quatre ans de tergiversations politiques, de commissions
parlementaires, de renvois juridiques et de réécriture, avant que le Canada
devienne finalement, le 20 juillet 2005, le quatrième pays à légaliser les
mariages entre conjoints de même sexe. On notera au passage que si le Canada fait actuellement figure de
précurseur en matière de reconnaissance des droits pour les couples de même
sexe, c'est entre autres et pour beaucoup à cause des pressions qui
commencèrent au Québec. Tel est surtout ce que nous devrions retenir.
La victoire d'hier revient d'abord et avant tout à tous ceux et celles qui,
notamment au Québec, n'avaient jamais cessé de mener le combat sur cette
question.
Chef du PCQ
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