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Dans un entretien au journal communiste français "l’Humanité", réalisé le 11 avril 1968, le leader du Printemps de Prague, Alexandre Dubcek, indiquait notamment que "l’idée initiale du processus de démocratisation commencée après le Comité central de janvier est que le développement du socialisme est impensable sans la participation active de toutes les couches de la société, sans le sentiment personnel du droit inaliénable de chaque citoyen à s’exprimer sans empêchements d’aucune sorte et sans restrictions d’aucune sorte sur toutes les questions importantes de la direction et de l’administration du pays". Notant qu’"il n’y avait pas, au sein du Parti, d’atmosphère propice à une confrontation d’opinions", il soulignait : "Nous partons du principe que le socialisme est et doit être pleinement indissociable de la démocratie. Le liberté de parole, le droit pour chacun d’avoir sa propre opinion rendent le socialisme plus fort."
Alexandre Dubcek précisait à ce propos : "Les aspects multiples de la société socialiste doivent trouver leur expression dans la diversité des institutions et des organisations. Pour cette raison, l’existence de divers partis et organisations a place chez nous. A côté du Parti communiste, il y a quatre autres partis politiques associés au Front national (…). Il ne s’agit pas d’une opposition politique comparable aux rivalités des partis politiques dans les conditions du régime bourgeois. Il s’agit pour nous de mettre pleinement en valeur toutes les suggestions, opinions, alternatives, revendications, leur confrontation démocratique visant à trouver une solution commune (…). Je ne vois pas pourquoi le socialisme résultant d’une application normale de tous les principes démocratiques, fondé sur le droit des citoyens à exprimer librement leurs opinions, devrait être moins solide".