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Note: Adapté d'un article paru ce matin même dans le journal communiste français l'Humanité.

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Comme des millions d'autres d'enfants, un peu partout à travers le monde, leurs parents n'avaient pas les moyens de les amener en vacances cet été.  Mais heureusement, il y avait le Secours Populaire, un organisme formé à l'origine par des communistes en France, dans les années 20 et dont l'objectif, encore aujourd'hui, consiste toujours à alléger le quotidien du monde ordinaire.  Ceux et celles qui n'ont justement pas les moyens de partir en vacances avec leurs enfants.  Un bel exemple d'humanisme, mais aussi de solidarité de classe.

Les "grands oubliés des vacances" mis à l'honneur

Une fois encore, cette année, le Secours populaire avait décidé de faire les choses en grands.  Au total, 5000 enfants, de la grande région parisienne, étaient invités à venir au bord de la mer pour toute une journée.

Tout à fait gratuitement.

Et pour cela, on avait aussi décidé d'y aller à grands renforts de moyens.  Pas moins d’une centaine de bus ont dû être affrété pour l'occasion, au départ de différents endroits, à travers toute la grande région de la captale.  Ils convergeaient tous vers les plages de Cabourg, au Calvados. Les policiers en motos les escorteront en même temps sur les derniers kilomètres du parcours.  Question de faire en même temps plus solennel.

Sur place, tout était aussi impressionnant, selon un reportage paru aujour'hui même dans les pages du journal communiste français l'Humanité.  Des milliers de petites têtes portant tous et toutes une casquette à l'effigie du Secours populaire.  Même l'armée avait finalement accepté de prêter 8 grandes tentes installées sur les plages.

On y gèrait les repas. Ali était venu avec Aurélien, son copain du club de soccer local. Pour eux, c’était une première, leur première « Journée des oubliés des vacances ».

Impressionnés par la foule, ils mettront quelques minutes à se sentir à l’aise. Plus de 5 000 enfants et 1 500 accompagnateurs pour un triste record d’inscriptions cette année. « Exceptionnellement, elles sont restées ouvertes jusqu’au dernier moment cette année. On a senti la détresse de certaines familles grandir et nous avons choisi de ne refuser aucun enfant. On a juste adapté la logistique », explique Antoine, un ancien de la Mairie de Paris, et un des bénévoles pour cette journée; il oeuvre aussi, depuis des années, au niveau des restos du coeur depuis des années. C’est sa troisième Journée des oubliés et il constate le changement par rapport aux années précédentes, lui qui aide au quotidien les personnes les plus fragiles.  Crise économique oblige.

Rachida, elle, était venue en tant que maman et accompagnatrice. Elle avoue à demi-mots que cette journée lui fait du bien autant qu’à ses petits. « Les temps sont de plus en plus difficiles, c’est la première fois que je viens et je suis heureuse d’être là. »

Jeu de l’oie géant sur la plage

Au programme des réjouissances, baignade, bien sûr. Sous l’oeil vigilant des équipes de CRS-NS (nageurs sauveteurs) qui ont, pour l’occasion, doublé leurs effectifs sur la plage de Cabourg, des centaines de petits enfants se mettent les pieds dans l’eau. Pour certains, c’est la première fois qu’ils voient la mer. « On dirait une grande mare », dira l’un d’eux en descendant du bus. Pas pour Gerby. Lui, il est allé « plein de fois à la mer ». À la Journée des oubliés, il sait qu’il va retrouver ses copains de classe, ils se connaissent, ils viennent du même quartier, et passent les vacances dans les mêmes parcs. Le pique-nique vite englouti, tout le monde se presse vers les stands d’activités proposées par les bénévoles. Construction de châteaux de sable, découverte de la science, activités manuelles, chacun peut y trouver son compte. Le jeu de l’oie géant sur les droits des enfants remporte un franc succès.

Pour fêter les vingt ans de la Convention des droits de l’enfant, une des tentes est en même temps réservée à l’information, la découverte et le jeu autour de ces droits fondamentaux que tous, enfants comme adultes, devraient connaître.

Comme des abeilles sur un pot de miel

Quand vers 15 heures, la batucada de Bahiafro descend sur la plage avec tambours, caisses claires et autre percussions, ils sont des dizaines à se précipiter vers elle comme des petites abeilles sur un pot de miel. Florent, percussionniste de Bahiafro, est impressionné par le monde. Pourtant habitué des sorties d’association, il avoue être particulièrement touché par l’initiative du Secours pôpulaire. Après le goûter et les « clowneries » de l’après-midi, il faut commencer à sortir de l’eau et rassembler ses affaires avant de prendre la route du retour. En chemin, un repas est prévu, comme pour prolonger encore ces quelques heures de bonheur et de rires, vécues sous l’oeil parfois perplexe des habitants du front de mer. L’année prochaine, le Secours populaire sera toujours au rendez-vous des oubliés des vacances. Avec, espère l’association, un peu moins de demandes qu’en cet été de crise.

Une histoire qui remonte à loin

Les origines du Secours populaire de France remonte loin dans le temps. Soit jusqu'en 1926.  À ce moment-là, cela s'appelait le Secours rouge et cela se voulait comme une sorte de Croix rouge, plus orientée à gauche et clairement dévoué aux travailleurs et à leurs familles.  Y participaient alors les communistes, mais aussi toutes sortes d'autres antifascistes, des intellectuels de renom tels Henri Barbusse, Romain Rolland, et bien d'autres.  L'idée : développer entres autres choses des activités sociales destinées aux enfants des plus démunis : colonies de vacances, aides aux enfants des familles de chômeurs, etc.

Dès 1939, au moment du déclenchement de la 2e guerre mondiales, et comme bien d'autres organisations de gauche, le mouvement sera dissout par les autorités françaises et près de la moitié de tous les responsables de ce mouvement finiront soient fusillés ou mourront après avoir été déportés vers l'Allemagne nazie.

Finalement, et en 1945, l'organisation renaît avec un nouveau nom qui lui collera désormais à la peau: soit celui du Secours populaire.

C'est encore aujourd'hui une très large organisation avec 98 fédérations départementales et professionnelles, ainsi qu’un peu plus de 600 comités, réparties à travers toutes la France.

L'idée de sortir le plus grands nombre de jeunes, au moins pour une journée, durant les vacances, est maintenant une tradition, à chaque année, à pareille date, depuis maintenant 30 ans.

Mer, montagne, parcs de loisirs, visites de châteaux et de musées : les idées ne manquent jamais. Depuis 1979, cette initiative s’est quelque peu modifiée, et il arrive parfois que des fédérations prennent l’initiative d’y associer des parents, voyant ainsi l’occasion d’offrir à des familles un temps commun de loisirs. Et puis, de temps en temps, ce sont des journées qui deviennent des week-ends. Partout des actions innovantes sont organisées.

Dernière en date, une journée des oubliés des vacances pour les seniors était aussi organisé. Appelée "Banquet des cheveux blancs", cette journée était destinée à offrir un moment de détente et de loisirs à des personnes âgées, pour qui la période estivale est particulièrement difficile. Avec la journée des oubliés, le Secours populaire défend plus que tout autre le droit aux vacances, au même titre que le droit de se nourrir et de se vêtir. Plus que jamais, ce droit est à défendre, car les familles aidées par l’association n’en font plus une priorité et restent chez elles. "À l’heure où les temps sont de plus en plus difficiles pour les familles, le Secours populaire tient à réaffirmer l’importance du droit aux loisirs", peut-on lire sur son site Internet.

À quand la même chose ici qui pourrait assez  facilement être organisée  par les syndicats ?  Pourquoi pas ?...

 

 



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