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(pour ceux et celles qui suivent ce qui peut se passer en France)

 

 La tenue récente, par le Nouveau Parti Anti-capitaliste (NPA), en France, d'une université d'été  -- c'est une sorte de grand camp de formation et cela a commencé cette semaine -- laisse présager que d'importants débats et luttes pourraient encore avoir lieu au sein de cette formation politique d'extrême gauche, quant à l'attitude à avoir par rapport au reste de la gauche française, ainsi que sur la manière de bâtir justement l'unité de la gauche.  Un débat très important.  Aussi bien là-bas qu'ici même.

La NPA fut abondamment critiquée, par le reste de la gauche française, dans le cadre des dernières élections européennes de juin, pour son refus de s'unir, pour l'occasion, avec le PCF et le Parti de gauche, au sein de ce qui s'appelle maintenant le Front de gauche.  Et compte tenu des résultats plutôt maigres de la NPA, lors de ces fameuses élections, nombreux sont ceux et celles, y compris au sein de la NPA, qui insisteraient maintenant, s'il faut en croire les informations qui nous sont parvenues, pour dire que les choses doivent changer et que l'unité devrait désormais prévaloir.

Il faut en même temps souligner le fait que cette formation, la NPA, qui est seulement vieille de moins d'un an (et qui est en fait issue de l'ancienne LCR, d'obédience trotskyste) a déjà eu à faire face à une première scission, portant précisément sur cette question de l'unité, une partie de ses membres d'origine ayant déjà rejoints, pour leur part, les rangs du Front de gauche.

Toujours est-il que les critiques étaient une fois encore très nombreuses, lors de cette université d'été organisée par la NPA, selon un reportage qui vient juste d'être publié dans les pages du journal communiste français, l'Humanité.

"La direction du Nouveau Parti anticapitaliste ne peut plus faire la sourde oreille sur la contestation interne post-scrutin européenne", peut-on notamment lire dans ce reportage. À Port-Leucate, où ce tient cette université d'été, certains des militants et militantes associées au NPA n'auraient, de leur côté, carrément pas hésité à faire connaître leur déception face aux 4,98 % de voix obtenus par leur parti aux européennes, souligne en même temps le journal l'Humanité :

« J’ai eu comme un choc. Ça m’a énervé d’entendre parler d’un score “plutôt satisfaisant” alors qu’il n’est pas bon au regard de l’ambition affichée lors de notre création », se désole Leila Chaibi; elle serait en même temps membre du comité exécutif et fait partie de ceux qui furent interviewées par le journal l'Humanité. Leila Chaibi avait pourtant été de ceux et de celles qui avait appuyé au départ la position majoritaire, consistant à vouloir faire cavalier seul. « Je pensais qu’avec la crise capitaliste, on allait faire un bond. Je regrette maintenant l’éparpillement de la gauche radicale. Il faut en tirer les leçons pour les régionales », aurait-elle ajouté à cette journaliste.

Avant même que ces élections n'aient lieu, les sondages laissaient pourtant entendre que la gauche radicale (NPA, Parti de gauche, PCF, etc) pourraient aller jusqu'à 15% du vote, et plus, s'ils parvenaient juste à faire front commun.  Avec moins de 5% des voix, la NPA ne peut même pas compter, aujourd'hui, sur un seul candidat ou candidate d'élu(e).  De son côté, le Front de gauche, lui, peut maintenant compter sur 5 députés et a finalement fini autour de 7%. On peut supposer que les résultats finaux auraient été encore beaucoup mieux, si seulement il y avait plus d'unité.

Bien d'autres voix, parmi les adhérents de la NPA rassemblés pour l'occasion, rejoindraient en même temps, dans leurs propos, ceux de Leila Chaibi. Édouard, du comité Paris 10e arrondissement, se serait « volontairement abstenu de voter. [Je] ne voulais pas de listes séparées ». Pierre (de Hauts-de-Seine) aurait d'autre part confié être ici pour se « rassurer sur la position du NPA quant à la prochaine échéance ». Militant expérimenté du syndicat CGT, il estime que le NPA « joue son avenir dans cette affaire. Ça va être le moment de vérité. Ou il s’ouvre à d’autres, ou il redeviendra une LCR bis, un groupuscule regroupé sur lui-même ».

Si Leila Chaibi conteste enfin la « désertion », et « l’hémorragie » des militants et des militantes, après les européennes, mentionne l'Humanité, elle pense toutefois que « beaucoup risquent de se barrer si on ne change pas d’attitude. On ne comprend pas pourquoi ne pas s’unir aux élections alors qu’il y a plus de choses qui nous rassemblent que celles qui nous séparent. On ne peut être ensemble dans les luttes et devenir des concurrents dans les urnes ».

Quand on va consulter d'autre part les différents sites Internet gérés par la NPA et ses différentes organisations plus régionales, c'est comme si rien ne se passait et ont continue toujours à tirer à boulets rouge sur le PCF et le Parti de Gauche ...

Considérant l'attrait que la NPA avait eu à l'origine, y compris de ce côté-ci de l'océan, c'est très certainement un autre dossier à suivre.  Cela montre en même temps l'importance de ce que nous, ici, avons toujours dit à propos de l'importance de l'unité, en même temps qu'à propos des éternels dangers posés par le sectarisme.


Cliquez ici pour lire l'ensemble du reportage, accessible sur le site Internet de l'Humanité, et à partir duquel cet article est basé.

 



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