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Il
y a des hommes politiques qui continuent à
défrayer les manchettes, même quand cela fait
longtemps qu'ils ont quitté officiellement la vie
politique active. L'ex-premier ministre
Brian Mulroney en fait certainement partie ...
mais pas pour les bonnes raisons.
Après des mois et des mois d'attentes, de décisions reportées et aussi beaucoup de confusion, aujourd'hui commence les travaux de la fameuse commission chargée de faire la lumière sur ces histoires de pots de vin entre l'homme d'affaire Schreiber et Brian Mulroney.
On notera au passage que la date prévue pour la fin des travaux de cette commission et la publication de son rapport est présentement établie comme étant à la fin de 2009. Donc fort probablement après la tenue de nouvelles élections fédérales, advenant bien sûr qu'il y ait effectivement des élections fédérales à l'automne prochain (ce qui est quand même un scénario considéré comme fort probable par bien des observateurs de la scène politique fédérale). Cela éviterait ainsi à l'actuel gouvernement Harper d'avoir cette autre patate chaude entre les mains à un moment aussi critique (pour eux).
Mais là ne s'arrêtent les histoires de scandales entourant cet homme.
Il y a deux jours, soit samedi le 28 mars, on apprenait aussi que Brian Mulroney avait aussi autorisé, en tant que président du conseil d'administration de Quebecor World, que le PDG de cette entreprise reçoive un boni spécial au rendement de 1.4 million de dollars US (en surplus de son salaire de base de 1 millions de dollars US) alors que l'entreprise est carrément sur le bord de la faillite et que l'action ... ne vaut plus que 4 cents !!! Une situation qui n'est pas sans rappeler l'affaire d'AIG aux États-Unis.
Sauf si vous prenez la peine de lire attentivement les nouvelles relatives au monde des affaires, il est fort possible que vous n'ayez pas remarqué la nouvelle. Sauf que ...
Ce PDG de Quebecor World s'appelle Jacques Mallette. Quebecor World était auparavant un des joyau de l'empire Quebecor et de la famille Péladeau. C'était du temps de feu le père Pierre Péladeau. Avec le temps, l'empire Quebecor et Quebecor World sont devenues deux entités bien séparées. L'imprimeur est placé depuis un peu plus d'un an sous la protection des tribunaux.
Fait à noter, la Cour supérieure du Québec, qui est maintenant responsable de la supervision de toutes les procédures de restructuration de l'entreprise, au niveau du Canada, des suites du fait que Quebecor World est maintenant sous la protection des tribunaux, aurait également approuvé la bonification de la rémunération de monsieur Mallette. Monsieur Mallette n'est en même temps pas le seul à avoir ainsi pu bénéficier de telles largesses. Quatre vingt onze (91) autres hauts dirigeants de cette compagnie moribonde auraient également eu droit, durant l'année 2008, à une bonification de leurs rémunération, selon un article publié dans le journal La Presse.
Gageons en même temps qu'aucun des ouvriers, oeuvrant dans les multiples imprimeries encore ouverte et appartenant toujours à Quebecor World, n'a pu cependant bénéficier d'augmentations substantielles de son salaire.
C'est nul autre que Pierre Karl Péladeau qui avait au départ, en 2005, alors qu'il était encore Président directeur général de Quebecor World, nommé Jacques Mallette comme vice-président exécutif. Avant de prendre la direction de Quebecor World, Jacques Mallette avait auparavant oeuvré, entre autres endroits, au niveau de Quebecor Medias et de Donohue. Il était par la suite devenu PDG de ce conglomérat, spécialisé en imprimerie, en remplacement de Pierre Karl Péladeau (une fois qu'il était déjà clair que le bateau était en train de couler). Brian Mulroney est également connu pour ses liens étroits avec la famille Péladeau.
Brian Mulroney a de son côté recueilli 300 000$ US comme rémunération en tant que président du CA de Quebec World. On ne précise cependant pas combien d'heures de travail véritables Brian Mulroney a dû fournir pour obtenir un tel salaire.
En passant, l'autre personnalité connue, siégeant sur le CA de Quebecor World, n'est nul autre qu'André Caillé, l'ex PDG d'Hydro Québec et de Gaz Métro. Pour ce qui est d'André Caillé, sa rémunération en tant qu'autre officier du Conseil fut de 100 000$ US.
Un dernier détail qui donne en même temps une bonne appréciation du personnage de Brian Mulroney. Selon Stevie Cameron, qui a écrit en 1994 un livre très intéressant sur les années Mulroney, à Ottawa, et qui s'appelle "On the Take", le déménagement des affaires de la famille Mulroney, suite à la démission de Brian Mulroney comme premier ministre, s'échelonna sur une période de sept (7) mois, soit d'avril 1993 jusqu'à la fin octobre 1993. Cela prit 31 voyages, incluant dans bien des cas l'utilisation de camions remorques pleins, entre Ottawa et Montréal, pour tout transporter. Quatre vingt quinze (95) ouvriers furent au total employés pour ce travail. Personne ne sait exactement combien tout cela coûta au trésor public. Certains disent au moins 100 000$; d'autres beaucoup plus. Rappelons que nous ne parlons ici que de ce que cela coûta pour déménager la famille Mulroney de la maison officielle du premier ministre vers sa maison de Westmount, dans l'Ouest de Montréal.