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La recherche du profit maximum est une course effrénée et sans fin, au sein du monde des affaires. Voilà bien une des sources premières de bien des problèmes dans notre société.  Plus ils en ont, et plus ils en veulent.  Les compagnies pétrolières, ainsi que les compagnies pharmaceutiques et les banques nous montrent où tout cela peut nous mener, mais les compagnies de cellulaires ne sont pas loin derrière.


Deux exemples devraient illustrer notre propos: il s'agit d'abord de la récente décision de Bell Mobilité, ainsi que de Telus, de charger désormais le consommateur pour tous ses messages textes entrants; on pourrait également parler de la manière avec laquelle Rogers tente aussi de se servir de son monopole sur le nouveau iphone pour faire encore plus d'argent.  C'est comme si ces compagnies s'imaginaient que notre capacité de payer était aussi grande que leur propre soif de profits.

L'industrie du cellulaire est un secteur de l'économie qui est hautement monopolisé.  Tout comme c'est aussi le cas pour les compagnies pétrolières ou l'industrie pharmaceutique ou les banques.  Même si on peut à l'occasion voir apparaître de nouveaux joueurs, ce n'est en fait qu'illusions car il s'agit le plus souvent que de sous-marques.  Un exemple : Koodo appartient en fait à Telus.

Cette industrie, plus que bien d'autres, vit également à l'heure de la mondialisation.  Quatre ou cinq grandes marques de cellulaires raflent la quasi totalité de toutes les ventes de cellulaires dans le monde.  Sauf que ce ne sont pas les consommateurs canadiens ou québécois qui peuvent vraiment bénéficier d'une telle situation.  Non seulement payons-nous plus cher qu'à peu près partout ailleurs dans le monde, nos services de cellulaires, mais le prix des cellulaires eux-mêmes est aussi plus élevé et nous pouvons "bénéficier", en surprime, du fait que ceux-ci sont toujours en retard d'au moins six mois à un an par rapport à ce qui existe sur le marché ailleurs.  Tout un "bargain" !

Non seulement devons-nous aussi accepter que les contrats soient aussi plus longs qu'ailleurs, mais les pénalités (pour cassure de contrat avant la fin des termes) sont aussi plus élevés.  Et pour comble, il faut aussi se taper les fameux "frais d'accès au système", ainsi que les "frais de 911".  Bien des gens croient que ces frais d'accès sont en fait une obligation découlant des règles émises par le CRTC, mais c'est faux car le CRTC n'a plus aucune juridiction sur la manière dont les services de cellulaires sont facturées.  Ce secteur est en fait complètement déréglementé et seule l'attribution des fréquences continuent encore à être contrôlée par le gouvernement fédéral; mais c'est tout.  Quant au provincial, il n'a en fait aucun pouvoir sur tout ce secteur.

On ne peut non plus vraiment parler de "frais de 911" puisqu'il n'y a en fait pas un seul sou de reversé vers le service 911.  C'est l'émission de La Facture, sur les ondes de Radio-Canada, qui confirmaient la chose, il y a déjà plusieurs mois.  Tous ces frais additionnels ne sont en fait qu'une "gamick" de plus, au niveau du marketing, pour en fait faire encore plus d'argent sur le dos des consommateurs.

La plus récente décision de Telus et de Bell Mobilité de charger pour les messages textes entrants est tellement absurde qu'on peut se demander si elle sera en bout de ligne maintenue.  Telus et Bell disent que cela sera la responsabilité du consommateur de démontrer qu'ils ne sont pas responsable des messages non- sollicités.  On imagine le "bordel" que cela risque de créer au niveau des services à la clientèle.  Le gouvernement fédéral conservateur , d'habitude si pro-entreprise privée, s'est lui-même senti obligé d'annoncer qu'il allait demander à ces deux compagnies des explications.  Rogers, pour sa part, affirme -- tout au moins pour l'instant -- qu'elle n'a pas l'intention d'emboîter le pas.

Pour justifier leur geste, Telus et Bell prétextent qu'une telle procédure commencerait déjà à être mise en pratique aux États-Unis.  Comme tout le monde s'attend à ce que les compagnies américaines comme ATT ou d'autres fassent bientôt leur entrée sur le marché canadien, on n'aurait pas vraiment le choix, de dire Telus et Bell.  Quelle logique !

Après avoir pendant des années encouragé les gens à utiliser le service de messages texte, sur la base du fait que les messages entrants étaient toujours gratuits, voilà enfin qu'on change les règles du jeu.  Maintenant que les gens s'envoient, au Canada, jusqu'à 45 millions de messages texte par jour, sans doute quelqu'un au sein des services de marketing de ces compagnies a dû se dire que cela devait être le temps de charger pour ses mêmes messages.  Faites le calcul vous-mêmes et vous verrez que cette simple modification aux règles de facturation devraient permettre à ces deux seules compagnies de faire, par année,  des milliards de dollars de profits de plus.

Rogers et Fido (qui est en fait propriété de Rogers) ne sont pas vraiment mieux.  Puisqu'elles possèdent toutes deux l'exclusivité de la vente au Canada du iphone, elles en ont profité pour mettre en place une grille de prix qui fait en sorte que cela pourrait coûter, très facilement, au moins 100$ par mois, pendant trois ans minimum (puisque les contrats seraient uniquement de trois ans) pour opérer un iphone.  Devant le déluge de protestations que cela a généré un peu partout, Rogers et Fido ont finalement accepté d'alléger leurs règles, mais leurs prix restent malgré tout très élevés.

Cette soif sans fin pour plus de profits, doublée d'une stratégie très agressive au niveau du marketing, n'a pas seulement pour effet de nous coûter de plus en plus cher, comme consommateurs.  Cela a aussi d'autres effets, dont celui de rendre de plus en plus "accro" des franges sans cesse plus grande de gens pour des services dont l'utilité n'est pas toujours très claire.

Quelle utilité y a-t-il vraiment, pour monsieur et madame tout le monde, de pouvoir regarder la télévision directement à partir de leur tout petit écran de cellulaire ?  Avez-vous aussi pensé au temps que cela prend pour envoyer 10 000 messages  textes par mois ?  D'autant plus que la plupart des cellulaires n'incluent pas un clavier complet.  Pensez-y !  Pourtant, certains forfaits incluent maintenant ce genre d'options.

Le cellulaire est très certainement une des grandes inventions des vingt dernières années.  Près de 70 pour cent de toutes les communications dans le monde se feraient désormais via le cellulaire.  Cela pourra d'ailleurs en surprendre certains, mais c'est dans le tiers monde que la progression, au niveau de l'utilisation du cellulaire, se fait le plus vite.  Cela découle, entre autres choses, du fait que la téléphonie résidentielle plus traditionnelle n'est pas toujours encore très accessible dans ces partie du monde.

Cela dit, le cellulaire a aussi ses revers parce que ce petit outil peut aussi devenir assez facilement comme une prison pour bien des gens.  Sans parler que cela peut aussi devenir une source d'appauvrissement très rapide.  En lieu et place de favoriser une plus grande socialisation, le cellulaire peut au contraire contribuer à enfermer les gens encore plus dans leur bulle car ils ne font alors plus rien que cela, sinon que que de répondre à leur cellulaire.  Celui-ci devient alors aussi un des pires exemples de où peut nous amener la société de surconsommation dans laquelle nous vivons.

On n'arrête pas le progrès, diront ces compagnies.  Encore faudrait-il s'entendre sur la définition du mot "progrès".

Dans un Québec souverain, qui posséderait son propre CRTC, tout cela devrait très certainement être revu de fond en comble.