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Selon
plusieurs estimations, ces moines bouddhistes serait près de 800 000.
Jusqu'à récemment, les militaires au pouvoir, dans ce pays, évitaient de
les confronter et avaient plutôt tendance à les choyer. Le fait
que ces moines, se soient finalement rangés avec le reste du
mouvement laïc local, lequel mouvement luttait depuis déjà des années pour
la fin du régime militaire, démontre l'ampleur de l'actuel mouvement de
contestation qui sévit au Myanmar.
Il faut dire en même temps que ces moines sont beaucoup plus proches de la population là-bas que ce à quoi on est ici habitué de la part des membres du clergé. Notamment en ce qui concerne le clergé catholique. Le clergé bouddhiste et ses bonzes sont, au Myanmar, la deuxième institution d'importance dans ce pays, tout de suite après l’armée, et exercent donc une influence considérable, même si, individuellement parlant, la plupart de ces moines demeurent très pauvres.
Dès l’indépendance de la Birmanie en 1948, alors colonie britannique, le bouddhisme était déjà un moyen d’unification de toute une mosaïque d’ethnies qui compose ce pays. En 1961, le bouddhisme devenait même religion d’État et les membres de sa hiérarchie devenaient également un groupe assez choyé par les nouveaux dirigeants.
Quarante-cinq ans plus tard, et après quelques coup d'État et prises en contrôle par l'armée, l’intégration des religieux semblait profondément acquise auprès de ceux qui dirigent ce pays. Mais des groupes de bonzes sont désormais à l’avant-garde des manifestations qui se poursuivent depuis plus d’un mois et cela fait d'autant ressortir l'ampleur de l'isolement de ces mêmes militaires. Au départ, ce sont des membres de l’opposition laïque qui avaient pris la tête des premiers défilés contestataires, après l’augmentation massive des prix. Par la suite, et suite à des dizaines d’arrestations dans les rangs de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), c'était cependant autour des moines de prendre la relève.
Comme c'est généralement le cas en pareille situation, ce n'est pas tout le clergé bouddhiste qui a pour autant pris position contre l'armée. Le "Conseil religieux bouddhiste", qui regroupe un certain nombre de représentants de ce clergé, auraient ainsi demandé aux moines, qui descendent dans les rues, de modérer leur action.
Le fait que ces moines aient finalement décidé, il y a quelques jours, non seulement de poursuivre leurs manifestations, mais aussi de passer directement devant la maison de Aung San Suu Kyi, une figure de proue du mouvement laïc de contestation, assignée depuis déjà des années à résidence, mais qui est malgré tout connue à travers le monde après avoir reçu le prix Nobel de la paix, est hautement symbolique. Cela symbolise l'union de la lutte des démocrates civils et d'une bonne partie des religieux.
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