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Par André Parizeau
Chef du PCQ
Avez-vous suivi les dernières nouvelles sur la Chine, à propos du récent congrès du Parti communiste chinois et de ce qui serait, là-bas, un tout nouveau virage vert ? La question de l'environnement semble en effet avoir monopolisé une partie importante des débats lors de ce congrès. Il reste à voir jusqu'à quel point ce nouveau discours, auquel on n'était pas vraiment habitué jusqu'ici, se traduira ou non dans la pratique, au niveau de la gestion du pays.
Quiconque se préoccupe de l'avenir de notre planète ne peut qu'espérer que cela se manifeste effectivement, et à la longue, dans des changements importants au niveau des habitudes, des mentalités, ainsi que dans la gestion au quotidien de ce qui pourrait assez rapidement, et dans pas trop longtemps, devenir la prochaine puissance économique No 1 dans le monde.
Déjà que la Chine est le pays le plus populeux au monde, il ne fait pas de doute que ce qui se passera là-bas, au cours des prochaines années, ne pourra faire autrement que d'influencer l'ensemble du combat, à travers la planète, pour mieux protéger notre environnement. Que se soit de manière plus positive. Ou au contraire de manière plus négative.
Le simple fait que cette question ait finalement pris beaucoup de place lors du récent congrès du Parti communiste chinois -- son 17e -- laisse entrevoir le fait que les choses, au moins à cet égard, serait peut-être en train d'évoluer. Après avoir, pendant des années, mis l'accent sur la croissance économique et les modèles de consommation, puis sur l'importance de la lutte à la corruption, voilà maintenant la protection de l'environnement qui s'ajoute à la liste des priorités.
On ne sait trop comment ce nouvel objectif pourra se marier aux autres objectifs, particulièrement en ce qui a trait à la poursuite d'une croissance économique rapide. Les défis risquent d'être énormes, d'autant que les problèmes de nature plus économique ou politique sont déjà nombreux. Les critiques par rapport à ce qui se passe dans ce pays sont également nombreuses. L'évolution des choses, sur le plan politique, au niveau des grands débats qui animent déjà le pays sur une foule d'autres questions, auront tout autant et forcément une grande influence.
Est-ce que cela veut néanmoins dire que la Chine pourrait éventuellement se rapprocher des autres pays qui veulent un peu plus combattre le problème du réchauffement de la planète ? Et même, contribuer à renverser la vapeur ? C'est encore loin d'être clair. Pour le moment, la Chine continue toujours à faire partie de cette sorte de Front du refus, contre Kyoto, et qui regroupe les États-Unis, l'Australie, ainsi que ... le Canada. Pas exactement la meilleure référence.
À la lecture des compte rendus officiels publiés jusqu'ici, on parle entre autres choses, d'essayer de réduire la consommation de formes d'énergie plus polluantes et de tenter de mieux contrôler l'émission de gaz à effets de serre.
Lors du congrès du Parti communiste chinois, le ministre chargé de la Commission D'État pour le développement et la Réforme, Ma Kai, aurait d'autre part admis que les émissions de gaz à effets de serre continuent à être très importantes, notamment à cause du fait que l'économie chinoise exporte énormément de produits finis, dont la production nécessite toujours beaucoup d'énergie très polluantes.
Certains auraient pour leur part vanté le fait que la Chine serait déjà en train de faire de grandes avancées à cet égard. D'autres auraient fait des interventions plus modérés à ce sujet.
Le problème, c'est que le gouvernement chinois continue toujours à parler en termes de réduction du niveau d'intensité des émissions de gaz à effets de serre, plutôt que de baisses absolues, comme le prévoit d'ailleurs l'Accord de Kyoto. Le gouvernement chinois continue toujours à agir de la même façon que le gouvernement Harper ou l'administration Bush. La différence est majeure. Quand vous parlez de diminuer l'intensité des émissions, vous parlez en fait de réduire le rapport entre la quantité de tonnes de gaz à effets de serres et le niveau de production atteint. Vous ne parlez pas forcément de réduire la quantité de gaz que vous générez.
Ainsi, et si vous êtes capables d'augmenter de manière très importante le niveau de production, alors vous pourrez même augmenter le nombre de tonnes de gaz à effets de serre que vous laissez échapper dans l'atmosphère tout en pouvant dire que vous avez réduit votre niveau d'intensité. Sauf que du point de vue de la protection de l'environnement, vous empirerez encore plus les choses, au lieu de chercher à les corriger.
En Chine, l'organisation Greenpeace possèderait actuellement, et pour sa part, près de 25 000 membres; cela représente une autre signe de l'importance que la question de l'environnement commence à prendre là-bas. Ce chiffre de 25 000 demeure en même temps assez faible quand on le compare à la grosseur de la population chinoise. Là encore, tout cela sera à suivre attentivement.
Note: pour avoir plus d'informations sur ce que nous pensons à propos de ce qui se passe en Chine, consultez SVP notre dossier portant sur le sujet.
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