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Par André Parizeau
Chef du PCQ
Un an avant la tenue des Jeux Olympiques à Pékin, les actions d'éclat visant à pointer la Chine dans le dossier des droits humains se multiplient. Des appels au boycott des Jeux, tout comme en 1980, au temps de la guerre froide, commencent à se faire entendre. Tout cela ne peut faire que nous interpeller.
Soyons d'abord clairs sur quelques points.
Nous, du PCQ, savons pertinemment à quel point il est important pour tous les peuples de pouvoir décider, sans interférence aucune, de leur avenir. Ici même, au Québec, ce droit nous est nié, comme peuple. Et malheureusement, plus cela change et plus cela est pareil. Cette injustice se perpétue au fil des années, et des différentes tentatives effectuées au Québec pour trouver une solution à ce problème.
Le droit à l'autodétermination est un droit fondamental que nous (ainsi que bien d'autres forces politiques au Québec) revendiquons pour le peuple québécois. Aussi serions-nous bien mal placés pour ne pas reconnaître aux autres ce même droit. Nous ne prétendons pas vouloir dire aux autres quoi faire et comment le faire; de toutes manières, cela n'est pas notre rôle. Nous n'aimerions pas, nous mêmes, nous faire dire ce que nous pouvons ou ne pouvons pas faire; aussi nous n'essayerons pas de faire la même chose pour les autres. Mais nous serons toujours, et en même temps, solidaires de tous les peuples dans le monde qui luttent, comme nous, pour leur libération et pour le progrès social. Cet appui est inconditionnel et s'applique en particulier au peuple tibétain.
La question plus générale des droits humains et de la démocratie doit être vue dans une perspective similaire. Il en va de même pour la question de l'abolition de la peine de mort, une véritable aberration, alors que nous sommes maintenant au XXIe siècle.
Une fois cela dit, cela ne veut pas dire pour autant que nous cautionnons tout ce qui peut se faire et se dire actuellement vis-à-vis de la Chine. Les appels au boycott des Jeux, amorcés aux États-Unis par des membres du Parti Républicain et par la suite repris par Robert Ménard et son organisation Reporters Sans Frontières, ne font juste pas de sens. Cela pourrait nous ramener comme aux pires moments de la guerre froide. De toute évidence, ces appels ont un agenda caché.
De toute évidence également (et nous ne sommes pas les seuls à dire cela), cela ne servirait ni la cause des Chinois, ni celle du reste de la planète. Le fait qu'il y ait eu, en si peu de temps, autant de gestes d'éclats et d'actions chocs, largement repris dans les médias, contre la Chine, ne peut que nous laisser perplexes face aux réelles intentions d'un certain nombre de ceux et de celles qui organisent de telles actions et posent de tels gestes.
Cela s'applique entre autres à l'organisation Reporters Sans frontières et son leader Robert Ménard. Ceux-ci ont fait l'objet de nombreuses enquêtes, portant entre autres choses sur les sources de financement de cette organisation ainsi que sur les liens que lui et son organisation entretiendraient. Les conclusions de ces enquêtes laissent planer de nombreux et sérieux doutes quant aux buts réels que viserait un tel groupe.
Dans un tel dossier, comme dans bien d'autres, nous devrions, certes, garder un regard critique sur ce qui peut se passer. Mais pas juste par rapport à ce que les grands médias dénoncent. Cela implique aussi de garder itou un regard critique sur ce que ces mêmes médias peuvent nous dire.
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Sujets reliés et adresses utiles :
Pour consulter le reste de notre dossier sur la Chine
Qui est Robert Ménard et qui se cache derrière Reporters Sans frontière ? Ce que les médias ne nous disent pas