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Hugo
Chavez
C'est par une large majorité et au grand
dam des États-Unis qu'Hugo Chavez a une fois de plus remporté les élections
présidentielles au Venezuela. Cette victoire confirme en même temps la
force du vent de gauche qui souffle sur l'Amérique Latine.
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Temos Olivas est catégorique : avec l’élection présidentielle de ce 3
décembre « ce n’est pas seulement le futur du Venezuela qui est en jeu, mais
de toute l’Amérique latine ». Selon l’ex-guérillero du Mouvement urbain de
libération, qui milite aujourd’hui au MVR, le parti électoral du président
Hugo Chavez, la politique régionale de Caracas est un camouflet pour « les
Yankees qui ont toujours cru que ce continent était leur arrière-cour ».
Renationalisation de l’entreprise pétrolière PDVSA, rapprochement
idéologique et partenariats avec Cuba, le chef de l’État vénézuélien a pris
en quelques années le flambeau de l’alternative à la mondialisation
capitaliste et à l’impérialisme. Pour ce faire, Hugo Chavez
s’est fait le chantre de l’intégration régionale. Edgardo Ramirez, directeur
de l’Institut de hautes études diplomatiques Pedro-Gual (IAED), en précise
les objectifs : « L’utilisation souveraine des ressources stratégiques et la
promotion de programme d’intégration sociale pour lutter contre la
pauvreté. » Depuis 1823, la doctrine de
Monroe, à partir de laquelle les États-Unis ont instauré leur hégémonie sur
le continent, s’est traduite par une spoliation en règle des ressources
naturelles du continent. Et l’Amérique latine a servi plus récemment de
laboratoire au néolibéralisme... Avec des conséquences toujours prégnantes
dans le pays : « La dette externe, explique Edgardo Ramirez, atteint environ
700 000 millions de dollars et la pauvreté atteint des niveaux critiques. »
Mais, aujourd’hui, le vent tourne. Après le Venezuela, le Brésil,
l’Argentine, l’Uruguay, le Chili, la Bolivie, le Nicaragua et, depuis
dimanche, l’Équateur, ont porté au pouvoir des présidents de gauche ou de
centre gauche. « Ces changements matérialisent la lutte historique des
secteurs opprimés de la société », souligne Edgardo Ramirez. Caracas devient ainsi une
pièce maîtresse de la nouvelle configuration latino-américaine, en
bouleversant la nature des partenariats régionaux : l’équité remplace la
concurrence. En 2004, le Venezuela et Cuba ont lancé l’ALBA (Alternative
bolivarienne pour les peuples de notre Amérique), rejoints depuis par la
Bolivie d’Evo Morales, fondée sur la mise à disposition des ressources et
des services de chacun de ses pays. Parallèlement à l’ALBA, le Venezuela a
rejoint cette année le Mercosur en avançant, au sein de cet organisme qui
reste dominé par l’idéologie libérale, quatre principes : la solidarité, la
coopération, la complémentarité productive et la défense de la souveraineté. La récupération de
l’entreprise exploitant l’or noir a constitué un levier de pouvoir
indéniable pour le Venezuela, alors qu’hier encore « la rente pétrolière se
partageait entre une élite et les multinationales étrangères », rappelle
Temos Olivas. Le développement des politiques sociales mais surtout le
concept de « pluripolarité », avancé par Caracas, comme « instrument pour
affronter les hégémonismes » rencontrent une adhésion dans la région, estime
le directeur de l’IEAD pour expliquer les raisons du leadership vénézuélien.
En témoigne la mise en échec du projet de Zone de libre-échange pour les
Amériques (ZLEA) des États-Unis, contraints de réviser à la baisse leurs
ambitions en créant des traités bilatéraux de libre commerce (TLC). Si à l’heure actuelle le Pérou
et la Colombie ont cédé aux sirènes de Washington en signant des TLC, la
victoire de Rafael Correa en Équateur pourrait bouleverser la donne au sein
de la Communauté andine des nations (CAN). L’Équateur avec la Bolivie et le
Venezuela, qui a claqué la porte de l’organisme estimant que la signature
des TLC par Lima et Bogota rompait avec les fondements de la CAN, pourraient
constituer un nouveau sous-bloc majoritaire dans la région. Mais dans la
dynamique vénézuélienne face aux ingérences américaines, souligne encore
Edgardo Ramirez, c’est « le rôle des mouvements sociaux qui est fondamental.
Car c’est sur lui que repose la continuité du projet historique
d’intégration ». Les faits et les citations
utilisées dans ce document proviennent d'un article publié dans le journal
communiste français L'Humanité, au cours des derniers jours
de la campagne électorale au Venezuela et signé par Cathy Ceïbe. Pour télécharger et/ou imprimer ce document
Les raisons qui poussent la population du Venezuela
à appuyer Chavez yeux (un reportage sur place par l'envoyée spécial du journal français L'Humanité)
Une
gifle de plus à la figure
de George W. Bush :
l'emporte haut la main
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