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L’ARRIVÉE au pouvoir de gouvernements populaires et progressistes en Amérique latine renforce, à chaque nouvelle victoire, les efforts visant à éliminer le vieux modèle néo-libéral de développement économique et avancer dans la voie du progrès social.

Tout cela ne peut que favoriser à la longue le développement durable, sur une base d’égal à égal entre les pays de la région, sans endettement ni soumission au pouvoir transnational impérialiste.  Tout récemment, on en avait encore un exemple patent; évidemment, aucun des grands médias n'a soufflé un mot mais fallait-il vraiment s'en surprendre ?

Pour le Venezuela et le Brésil, il s'agissait alors d'inaugurer la finalisation d'un très important projet de coopération, pour lequel plus d'un milliard de dollars avait été, de part et d'autres, investi.  Aussi bien le président vénézuélien, Hugo Chavez, que le président du Brésil, Lula, était alors sur place.  C'était il y a quelques semaines seulement, alors que nous étions encore en novembre.  Ils inauguraient ensemble la mise en service d'un gigantesque pont surplombant le fleuve Orinico.  Ce pont permettra de relier plus facilement trois provinces particulièrement peuplées du Venezuela et devrait en même temps faciliter les échanges avec les autres pays du MERCOSUR.

Pour le président Lula, du Brésil, il s’agissait en même temps de sa première sortie officielle depuis sa réélection; l'événement constituait une réaffirmation très claire de son  appui à son homologue vénézuélien.

Un exemple de la solidarité qui est en train de se mettre en place

Le Second Pont de Orinoquia — tel est son vrai nom — n’est qu’un des nombreux projets que les gouvernements du Venezuela et du Brésil mènent depuis déjà un certain temps dans la région et il s’inscrit aussi dans le cadre d'un plan d’alliance stratégique qui sera soumis aux chefs d’État de la région lors du prochain Sommet sud-américain, les 8 et 9 décembre prochains, à Cochabamba.

Lors de ce sommet, les pays participants, dont le Venezuela, la Bolivie, l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay, de même que Cuba, pourront alors mettre en commun leurs expériences de coopération bilatérale en matière d’économie, de santé, d’éducation et de formation professionnelle, et avancer encore plus dans le projet visant à combattre la domination des USA sur cette région et à favoriser en même temps le renforcement de leur économie respective.

Ces  pays sont en même temps en train de prouver qu’une autre Amérique est possible.

Deux autres réunions du même genre, tenues plus tôt à La Paz puis à Sinahota, en plein cœur de l’État bolivien du Chapare, avaient déjà permis de poser plusieurs autres pierres à l'édifice de la coopération entre le Venezuela et la Bolivie.

À cette occasion, la Bolivie et le Venezuela avaient alors ratifié 26 ententes de coopération, un Mémorandum d’entendement et une lettre d’intention qui donnaient, outre l’entente en matière de santé et d’éducation déjà signée avec Cuba, un coup fatal au Traité de libre commerce que met de l’avant avec l’énergie du désespoir l’administration républicaine de George W. Bush et qui nécessite la soumission et la colonisation des peuples concernés. Cette rencontre contribue sans aucun doute à rendre un peu plus irréversibles l’Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) et le Traité de commerce des peuples (TCP), deux mesures qui permettent une intégration et une coopération véritables sur des bases justes, équitables, qui non seulement tiennent compte du caractère asymétrique des économies qui la composent, mais aussi de la nécessité de jouer un rôle de complémentarité économique.

La Bolivie n'aura pas à emprunter au FMI : un autre exemple

Récemment, le Venezuela, comme il l’avait fait précédemment avec l’Argentine, avait aussi acheté des bons du Trésor du gouvernement bolivien pour une valeur de 100 millions de dollars. Avec cet argent, la Bolivie pourra éponger son déficit fiscal sans devoir emprunter au Fonds monétaire international qui applique des tarifs usuraires.

Il y a quelques semaines seulement, soit le 29 octobre, les présidents Nestor Kirchner, d’Argentine, et Evo Morales, de Bolivie, avaient eux-mêmes signé plusieurs nouvelles ententes de coopération. Au nom de son pays, l’Argentine, Kirchner avait alors accepté l’augmentation des prix du gaz qu’il importe de Bolivie. Avec l’argent provenant de cette hausse des prix, le gouvernement bolivien pourra maintenant plus facilement combler une partie plus grande des besoins du peuple bolivien.

Le second pont qui enjambe le fleuve Orinoco, les accords de Sinahota, ainsi que ceux signés il y a tout juste un an à La Havane dans le cadre de l’Alternative bolivarienne des peuples de notre Amérique, ne sont que la pointe de l’iceberg, un iceberg qui émerge, solide et solidaire.

C’est la concrétisation de l’intégration dont rêvaient Bolivar et José Marti et grâce à laquelle ces pays espèrent sauver leur Amérique. C'est en même temps un rappel pour nous autres, habitant plus au nord, comme quoi on peut changer les choses dans nos sociétés respectives.  Si on a bien sûr la volonté politique de le faire.

 

Adapté d'un article paru plus tôt dans le journal cubain Gramna.


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