www.pcq.qc.ca - Parti communiste du Québec (PCQ)
Dernière mise à jour :


Par André Parizeau,
Porte-parole du PCQ
 

Il est parfois utile de se comparer à ce qui se passe ailleurs.  Prenez le dossier des multiples privilèges acquis par des cadres supérieurs de grandes sociétés, tout cela à cause de la tendance assez générale chez nos politiciens de fermer les yeux quand il s'agit de leurs "amis".

Aux États-Unis, Obama n'a pas hésité à monter le ton et à menacer d'imposer une loi spéciale pour taxer ces fameuses primes de départ, quand tout le scandale a éclaté à propos des millions gaspillés dans le cadre du départ de certains hauts dirigeants au sein de la firme AIG.  Ici, ce n'est pas Jean Charest qui ferait cela et des gens comme Henri-Paul Rousseau en profitent...

Nancy Pelosi ...Mais il y a plus. Récemment, la leader démocrate à la Chambre des Représentants, à Washington, Nancy Pelosi, se rendait en compagnie de la nouvelle ministre du Travail dans le cabinet Obama, Hilda Solis, à une grande rencontre organisée par la section des syndicats de la construction, affiliée à la centrale syndicale AFL-CIO.  Sur place, il y avait 3 000 syndicalistes !  Devinez maintenant ce que madame Pelosi a dit lors de son discours ?  En voici un extrait:

"Notre travail au sein du Congrès s'appuient sur deux vérités.  La première réside dans le fait que l'Amérique sera forte dans la mesure où la classe moyenne le sera aussi.  La 2e vérité, c'est que la classe moyenne sera forte à condition que les syndicats le soient aussi..." (Our work in Congress is based on two truths : America's economy is only as strong as America's middle classe; America's middle calss is only as strong as America's unions...)

Une fois encore, ce ne serait pas Jean Charest, c'est sûr, qui dirait cela.  Je ne suis même pas sûr que le PQ oserait même, de son côté, aller dans le même sens.  Eux qui disaient, il n'y a pas si longtemps encore, que le "préjugé favorable aux travailleurs" n'était plus vraiment dans leurs cordes.  Même chose pour le fait d'être vu comme étant trop proche des syndicats ...  Inutile de dire que tous les déléguéEs syndicaux se sont immédiatement levés pour applaudir pareil discours.

Hilda Solis ...Il paraît que l'accueil réservé à la nouvelle ministre du Travail fut tout aussi enthousiaste.  Voici ce que Hilda Solis avait, de son côté, à dire quand ce fut ensuite à son tour de prendre la parole :

"L'administration Obama travaillera étroitement avec les travailleurs et leurs syndicats pour s'assurer que les lois sur la sécurité au travail, les protections au niveau du salaire, et les droits des travailleurs et des travailleuses en général, soit renforcés.  Vous pouvez en être sûr, car il y a maintenant un nouveau sheriff en place"...

Madame Solis est elle-même issue d'une famille d'immigrants et de syndicalistes ; son père fut longtemps un délégué syndical au sein du syndicat des Teamsters, tandis que sa mère était membre du Syndicat des ouvriers du caoutchouc, lequel fut ultimement fusionné avec le syndicat des Métallos.

Le gouvernement Obama a très certainement ses propres limitations. Ce n'est même pas un gouvernement qu'on pourrait considéré réalistement comme étant de gauche !  Reste qu'à côté de cela, on fait quand même dur ...  Très dur.

À très court terme, la bataille fait actuellement rage au sein du Congrès américain pour faire passer un projet de loi qui, s'il devait être adopté par les deux chambres, ferait que le processus de syndicalisation des non-syndiquéEs en serait de beaucoup facilité.  Grosso modo, cela permettrait aux syndicats qui auraient recueilli suffisamment de cartes de membres, auprès des employéEs non syndiquéEs, de passer outre à l'obligation de tenir nécessairement un vote à la grandeur de tout le personnel.  Seul le Québec possède actuellement, au niveau de toute l'Amérique du Nord, une législation comparable, au niveau de son code du travail.

Selon Nancy Pilosi, et bien qu'il existe présentement un énorme lobby, en provenance des milieux patronaux, pour essayer de bloquer un tel projet de loi, considéré comme une menace majeure aux droits de gérance des compagnies, les chances de le faire adopter seraient toujours bonnes.  Elle ne pense pas non plus que les récentes campagnes, entreprises par les secteurs les plus réactionnaires de la classe politique, Dick Cheney en tête, pour essayer de faire ressortir l'épouvantail terroriste et faire peur à tout le monde, réussiront à vraiment faire dérailler les plans de l'administration Obama à cet égard, de même que sur plusieurs autres questions.

Les délégués syndicaux présents auraient profité de l'occasion, de leur côté, pour réaffirmer l'importance qu'ils accordent à un autre dossier, tout aussi crucial à leurs yeux, soit celui de la réforme du système de santé.

Les informations ayant servies à faire ce commentaire sont issues du No du 30 mai du journal du Parti communiste des États-Unis, le Weekly's World.

 

 



Sujets reliés et adresses utiles :