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Les craintes et la réprobation montent au sein des syndicats américains, à mesure que les détails et les implications des nouvelles ententes signées dans l'industrie automobile commencent à être mieux connues. Selon un récent article publié dans le People's Weekly World, le journal du Parti communiste des États-Unis, cela brasserait jusque dans les hautes sphères du syndicat UAW.
Après GM, voici qu'une autre entente, à peu près similaire, vient en effet d'être conclue chez Chrysler sauf que le mécontentement chez les syndiquéEs devient en même temps plus palpable. Conclue après une courte grève (comme dans le cas avec GM), cette entente semble même créer encore plus de brasse camarades. Selon le People Weekly's World, les mécontents se retrouveraient à tous les échelons du syndicat, jusqu'à et y compris au sein de l'équipe dirigeante qui était chargée de négocier cette entente.
Une bonne partie des critiques découleraient de ce qu'on appelle en anglais "a two-tier wage structure", c'est à dire la présence de deux règles ou structures distinctes pour les employés : une pour les anciens employés possédant déjà une certaine ancienneté et la permanence et l'autre pour les nouveaux qui sont en même temps et en général plus jeunes et qui n'auraient pas de permanence. Cette deuxième catégorie d'employés n'auraient en même temps plus les mêmes protections en matière de sécurité d'emploi et d'avantages sociaux, et gagneraient également moins. Et même s'ils devaient ultimement passer dans l'autre catégorie, ils n'auraient toujours pas droit aux mêmes genres d'assurances , au moment de leur retraite, plus tard.
Il faut dire que les syndicalistes chez Chrysler, aux États-Unis, savent d'ores et déjà l'impact que de telles mesures pourraient avoir. Ce genre de politiques existent en effet depuis déjà deux ans, sur une base expérimentale, dans une des usines de Chrysler, aux États-Unis. C'était à Belvidere, dans l'Illinois. Certains n'hésitent pas à prédire que ce système pourrait assez facilement s'étendre, de manière massive, à travers toute l'industrie américaine de l'auto, des suites de la signature de ces nouvelles ententes.
On parle d'une situation, d'ici les quatre prochaines années, où cette nouvelle catégorie d'employés moins bien protégées pourraient assez facilement devenir la majorité au sein du personnel chez les Trois Grands.
Même ceux qui sont dans la première catégorie de ce "two-tier structure" et qui sont donc plus favorisés, risquent de se retrouver à la longue avec bien des problèmes. Tel est en tout cas ce qui s'est passé à cette fameuse usine de Belvidere, l'employeur préférant "slaquer" régulièrement les permanents, quitte à augmenter en même temps le nombre de nouveaux employés, parce que cela revient évidemment moins cher. A force de se faire tout le temps mettre à pied, les plus anciens finissent alors par ne plus avoir droit aux divers programmes de supplément aux revenus prévus à la convention collective ... Et tout le monde se retrouve alors dans la m...
Le syndicat UAW aurait également accepté que les compagnies soient éventuellement dégagées de leurs responsabilités de payer pour les assurances des employés retraités. Aussi bien GM que Chrysler auraient, dans ce cadre, accepté de verser de substantielles sommes d'argent dans deux fonds distincts (un pour GM et un pour Chrysler) et qui seront désormais gérés par le syndicat. Ceux-ci deviendront en même temps les nouvelles entités responsables d'assurer à l'avenir le paiement des prestations aux retraités, dans chaque compagnie.
GM vient d'autre part de confirmer, de manière officiellle, que le nouveau fond, chargé de s'occuper des retraités, anciennement à son emploi, et qui (répétons-le) sera géré par le syndicat, convertira une partie importante de ses nouveaux avoirs (lesquels viennent aussi de GM, il faut là encore le rappeler) en actions ... de GM, jusqu'à devenir le plus important détenteur de capital actions de cette compagnie. Il faut dire que ce capital action est très dilué. On parle ici d'un investissement qui pourrait aller jusqu'à 16% de toutes les actions de GM, actuellement en circulation.
On peut en même temps se demander si une telle opération, en plus d'alléger les responsabilités des compagnies, ne risque pas, à la longue, de s'avérer comme étant une lente mise à mort pour le syndicat. Imaginez en effet la scène. Plus jamais, le syndicat ne pourrait vraiment s'attaquer à la compagnie, de peur de mettre en péril ce fonds, leur propre fonds, et par voie de conséquence, de mettre en péril l'avenir d'une partie substantielle de ses propres membres. Il reste évidemment à voir quel part ces fameuses actions pourrait prendre au juste par rapport au total des actifs de ces mêmes fonds.
Bien des gens, au sein même du mouvement syndical américain, se disent très préoccupés, toujours selon le People's Weekly World, par toute cette situation, l'élargissement de ce système de double standard (two-tier structure), à cause de l'impact que de telles mesures pourraient avoir si elles devaient effectivement s'étendre encore plus ailleurs, mais aussi à cause des potentiels conflits d'intérêts que cette histoire de rachats d'actions pourrait créer.
Les syndicats américains sont beaucoup plus faibles que peuvent l'être les syndicats, ici, au Québec. Tandis que le taux de syndicalisation au Québec dépasse la barrière des 40%, aux États-Unis, cela se situe plus autour de 10%.
De ce côté-ci de la frontière, notamment au Canada anglais, et en particulier dans le domaine des chaînes d'alimentation, le principe du "two-tier structure" commence également à faire son apparition.
Et on nous dira ensuite que le système capitaliste est le meilleur de tous les systèmes ... C'est certainement un système très inventif.
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