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L’Union Générale des Etudiants de Tunisie (UGET) est confrontée depuis plusieurs années à une politique de persécution systématique de la part du pouvoir tunisien. Ses responsables, ses militants et ses élus au sein des instances universitaires sont victimes des agissements de la police politique. Les jeunes syndicalistes de l’UGET sont régulièrement harcelés, tabassés, terrorisés et torturés au cours de gardes à vue en dehors de toute légalité. La police a recours à toutes sortes de violences pour obliger les responsables syndicaux à démissionner de leurs fonctions, à trahir leurs camarades et à abandonner toute action militante.
Le pouvoir politique tunisien organise régulièrement des procès montés de toutes pièces à l’encontre des militants de l’UGET visant à les persuader de se désengager des causes estudiantines. Les libertés syndicales et d’expression sont systématiquement bafouées dans l’enceinte de l’université. Des policiers armés gardent les entrées et arpentent les couloirs des universités depuis de nombreuses années (plus précisément depuis que Ben Ali a été désigné premier ministre du temps de Bourguiba). Voila maintenant plus de 23 ans que ces policiers, corps étranger à tout savoir et à tout enseignement, persécutent les étudiants tunisiens pour les empêcher de coller des affiches, tenir des rassemblements ou des meetings exprimant leurs revendications.
Pourtant une telle violence n’a nullement de justification. Les jeunes syndicalistes de l’UGET ne s’engagent que dans des actions pacifiques non violentes. Ils organisent souvent ces actions pour réclamer l’amélioration de leurs conditions d’études et de vie, le développement de la qualité de leur enseignement ou l’ouverture de nouvelles perspectives post-universitaires d’embauche et de recrutement. L’UGET s’engage aussi régulièrement, à côté du reste des forces démocratiques, dans la défense des libertés politiques. Il se réclame de ceux qui soutiennent les luttes sociales justes des tunisiens. Ses militants n’épargnent jamais leurs efforts quand il s’agit de solidarité avec les causes des peuples arabes et notamment celle du peuple Palestinien. Ce sont ceux là, les torts des militants de l’UGET, aux yeux d’un pouvoir dirigé par l’arbitraire et le non respect des libertés syndicales.
Organiser des conseils de discipline aux ordres est une autre variante de la politique de répression exercée à l’encontre de l’organisation estudiantine pour entraver son action et décourager ses militants. Ces conseils, plus fréquents ces dernières années, se soldent souvent par l’exclusion de responsables syndicaux. Anéantir l’espoir de nos jeunes étudiants dans un avenir meilleur, sans aucun recours possible, est le résultat de ces conseils. Jamais une action judiciaire n’a pu être entamée ou conclue à l’encontre de leurs verdicts.
Le 11 février 2009, quatre militants et responsables syndicaux de l’UGET ont entamé, dans le seul et minuscule local de l’organisation 19 Rue Naplouse à Tunis, une grève de la faim illimitée. Ils exigent le droit de poursuivre leurs études supérieures et réintégrer leur faculté après avoir été injustement exclus, suite à des conseils de discipline à cause de leur engagement et de leur activité syndicale.
Ces étudiants sont :
- Mohamed Bouallague, 3ème année droit, exclu de la faculté de droit de Tunis au cours de l’année universitaire 2007-2008 ;
- Mohamed Essoudani, 1ère année économie, exclu de la faculté de Mahdia (2006-2007);
- Aymen Ejaâbiri, 1ère année économie, exclu de la faculté de Mahdia (2006-2007) ;
- Taoufik Ellouati, 2ème année mathématique et informatique, exclu de la faculté des sciences de Tunis (2007-2008).
L’étudiant Ali Bouzouzia participe à la même grève par solidarité.
Par ailleurs, trois autres syndicalistes de l’UGET, incarcérés depuis environ 7 mois, ont entamé eux aussi la même action. Ils réclament leur libération.
D’autre part, le secrétaire général de l’UGET, Azzeddine Zaâtour, lui-même poursuivi et faisant appel le 14 février d’une condamnation de 7 mois de prison ferme, a publié dans un communiqué du 6 février la liste de 21 militants de l’UGET renvoyés de l’Université ou emprisonnés. Cette liste n’est pas exhaustive. Un étudiant de 18 ans a été exclu après seulement trois mois d’études.
Les grévistes de la faim rue Naplouse à Tunis ont intégré aussi dans leurs revendications le droit de l’UGET d’organiser son 25ème congrès. Il faut rappeler que les autorités empêchent l’UGET de tenir son congrès bien que les élections des délégués soient terminées depuis plus d’une année. En effet, les autorités refusent de donner l’accord à la tenue de ce congrès et cherchent par tous les moyens, pressions et chantages, à extorquer quelques compromis. Pour le régime, 2009 doit être l’année d’un nouveau plébiscite pour Ben Ali à l’occasion des « élections » présidentielles. Les compromis tardent à venir, le congrès de l’UGET est suspendu!
Mais les militants de l’UGET ont décidé ces deniers jours que leur quotidien fait d’harcèlement, d’injustice et d’arbitraire ne sera pas synonyme de banalité. Ils appellent tous les démocrates dans le pays et par le monde à soutenir leur lutte. Ils adressent leur appel notamment aux organisations frères, organisations syndicales et de jeunesse.
Nous nous adressons à vous, en tant qu’anciens militants et responsables de l’UGET, pour solliciter votre participation à une campagne de solidarité pour exiger :
1- le droit des grévistes et de tous les étudiants exclus de réintégrer leur université,
2- l’arrêt des poursuites judiciaires contre les étudiants poursuivis et la libération de ceux qui sont incarcérés.
3- le droit de l’UGET d’organiser son congrès en toute indépendance.
4- l’arrêt de la politique d’harcèlement, de violence et d’oppression menée par le pouvoir tunisien à l’encontre des étudiants et de leurs représentants syndicaux.