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www.pcq.qc.ca - Parti communiste du Québec (PCQ) Dernière mise à jour : |
Le bras de fer entre les syndicats et l'aile plus à gauche de l'ANC, d'une part, et l'aile plus conservatrice de ce parti au pouvoir et le monde des affaires, en Afrique du Sud, s'accentue. Il y a quelques jours, c'étaient les ouvriers de la construction qui débrayaient pour exiger une hausse substantielle de leurs salaires (ce qu'ils ont finalement obtenu). Aujourd'hui, c'est maintenant au tour des employéEs municipaux de faire de même et d'entamer leur 3e journée de grève.
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Dernière nouvelle : les travailleurs municipaux ont finalement obtenus des augmentations de salaires correspondant au double de l'actuel taux d'inflation. Entre temps, le mouvement de grève se poursuit ailleurs... |
La grève n'aura finalement duré qu'une semaine et s'est finalement terminé,
comme pour les ouvriers de la construction, par une victoire.
Dès le 27 juillet, ils
étaient 150 000 à avoir faire la grève, au niveau des services municipaux. Leurs demandes ? 15% d'augmentation et
des subsides additionnels pour le logement. Avant eux, les ouvriers de
la construction avaient obtenu 12%.
Ces grèves se produisent alors que les tensions sont également palpables dans les townships où les problèmes de logement et de misère sont toujours criants.
Il
pourrait paraître surprenant, aux yeux de certains, que les syndicats se
mobilisent ainsi alors qu'il y a quelques mois à peine, ces mêmes syndicats
ainsi que l'aile plus à gauche, au sein de l'ANC, dont le Parti communiste
sud-africain, donnait justement son appui au nouveau président Zuma, en
remplacement de celui qui avait dirigé avant lui le pays et imposé une
orientation plutôt à droite. Jusqu'à récemment, ces forces étaient
plutôt considérées comme pro-Zuma.
Pour les syndicats, comme pour le Parti communiste, qui sont autant de composantes officiellement reconnues et actives au sein de l'ANC, il s'agit d'abord et avant de s'assurer que les promesses du président Zuma, en faveur d'un réalignement plus à gauche, seront effectivement tenues.
Autant les syndicats, regroupés au sein de la COSATU, que le Parti communiste, ont une longue expérience à travailler ensemble avec d'autres forces, au sein de l'ANC, pour faire avancer les dossiers qui vont dans le sens des intérêts des travailleurs, des travailleuses et de tous les déshérités, tout en haussant le ton quand c'est nécessaire, y compris contre "leur" gouvernement de l'ANC, que les choses ne vont pas assez bien ou assez vite, comme cela semble être le cas actuellement.
Cela nous rappelle en même temps à quel point la présence, au sein du gouvernement, d'un parti plus favorable aux travailleurs, ne veut pas dire pour autant que tous les problèmes disparaissent du même coup, ni qu'il n'y aura pas de problèmes.
Le système d'autobus, les cliniques, la gestion des parcs, ainsi que la gestion du trafic dans les grandes artères des villes furent tous perturbés par cette grève.
À Johannesburg, dès le premier jour de la grève, près de 10 000 grévistes avaient marché dans les rues de la ville. Même chose dans plusieurs autres villes, dont Cape Town et Port Elizabeth. Le président Zuma avait aussitôt réagi en appelant les syndiquéEs à retourner au travail et à être plus patient mais, et de toute évidence, la patience est quelque chose dont les syndiquéEs semblent avoir de moins en moins.
En certains endroits, la police était aussi intervenue et aurait même tiré des balles de caoutchouc contre les grévistes. Ironiquement, une partie du corps policier, chargé d'assurer le trafic dans les rues participaient en même temps à la grève.
La puissante centrale syndicale COSATU s'était déclarée dès le départ à 100% derrière les grévistes. Monseigneur Desmond Tutu, prix Noel de la paix, et une des grandes figures du mouvement anti-apartheid avait lui aussi commencé à monter le ton et avait pour sa part mis en garde le nouveau président Zuma en déclarant ce qui suit, à l'occasion d'une cérémonie tenue pour commémorer le 20e anniversaire de mort de deux militants de l'ancienne branche militaire de l'ANC : "Vous souvenez-vous du prix payé pour obtenir notre liberté" ? "Nous avions de fantastiques jeunes gens; ils ont payé le gros prix; nous avons tous payé le gros prix; mais était-ce seulement pour que certains parmi nous puissent avoir jusqu'à trois voitures" ?
"Il y a quelque chose qui ne marche vraiment pas dans notre pays; ceci n'est pas ce pourquoi nous nous sommes battus; il y a des niveaux de pauvreté dans ce pays qui sont carrément inacceptable", devait-il ensuite dire.
Selon les plus récentes statistiques, le pouvoir d'achat des gens en Afrique du Sud seraient en chute, tandis que le chômage est aussi en hausse.
Les dirigeants de la COSATU, de même que du Parti communiste, notamment son secrétaire général, Blade Nzimande, avaient en même temps mis en garde les grévistes contre la présence d'éléments provocateurs qui seraient déjà en train d'utiliser ces grèves pour essayer de les détourner de leurs objectifs initiaux. Il faut en effet savoir que pendant que se se tenaient ces grèves, il y avait aussi une recrudescence des gestes de violence contre des travailleurs immigrants ainsi que différents autres gestes de violence gratuites, choses que ces dirigeants ouvriers condamnent avec force. Tous ces dirigeants rappellent aussi le fait que l'objectif des mouvements de grève n'est pas tant de remettre en cause la légitimité du gouvernement de l'ANC, mais bien plutôt de faire valoir l'importance d'une plus grande justice sociale dans le pays.
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Cliquez ici pour lire un document très intéressant et publié en mai
dernier par la direction du Parti communiste sud-africain : il trace un bilan de la situation actuelle, aussi bien dans le pays qu'à
l'échelle internationale et présente en même temps la stratégie que ce
parti entend suivre pour la prochaine période (en anglais seulement,
malheureusement)
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